Crédit : Dominick Gravel/Agence QMI

Boxe

Toronto veut sa place sur le ring international

Toronto veut sa place sur le ring international

Bernard Barré

Publié 14 mai
Mis à jour 14 mai

À la surprise de plusieurs, la ville sportive par excellence au Canada avec ses Blue Jays au baseball, ses Raptors au basketball, ses Maple Leafs au hockey, son FC au soccer et autres a obtenu le combat de championnat du monde des mi-lourds de boxe professionnelle, entre le détenteur de la ceinture WBC Adonis «Superman» Stevenson (29-1-0, 24 K.-O.) et l’ex-double champion mondial Badou Jack (22-1-2,13 K.-O.).

Effectivement, quel est l’intérêt de présenter un combat où la saveur locale de la finale est inexistante? Certes, le champion Stevenson avait brillamment et rapidement défendu sa ceinture dans cette ville en 2015 contre l’Américain Tommy Karpency, mais ce combat n’avait pas suscité les passions au Ricoh Center, domicile du club-école des Maple Leafs, dans la Ligue américaine de hockey.

Les Torontois sont toujours à la recherche d’un champion local de boxe depuis que Steve Molitor (34-3-0, 12 K.-O.) a perdu son titre mondial des super-coqs en 2008. Mais les boxeurs de 122 lb au Canada n’ont jamais, malheureusement pour eux, attiré les projecteurs. Molitor n’a pu, malgré ses succès, transmettre sa passion à l’ensemble de la population.

Historiquement, le successeur du champion canadien torontois et ex-aspirant mondial dans les années 1960, George Chuvalo (73-18-2, 64 K.-O.), était dans leur cour en 1988. Lennox Lewis de Kitchener, Ontario, cinq fois champion national senoir chez les amateurs, champion du monde junior 1983, champion des Jeux du Commonwealth 1986 et surtout champion olympique à Séoul pour le Canada en 1988, a brusquement débuté sa carrière professionnelle en Angleterre, empruntant un pont d’or et les Torontois se sont retrouvés «Gros-Jean comme devant» ou les culottes à terre.

Quand on prend connaissance de l’incroyable carrière de champion du monde professionnel qu’a connue Lewis, il est possible d’imaginer la place qu’aurait prise la Ville Reine dans l’échiquier mondial. Le recrutement de futures étoiles mondiales aurait été de beaucoup facilité. Occasion perdue, Désolant.

Se pourrait-il qu’on regarde maintenant vers l’avant et que mettre un pied dans le Air Canada Center est un premier pas, qui pourrait éventuellement ranimer la flamme, si longtemps éteinte?

Quelques boxeurs locaux feront parti de la sous-carte, mais celui qui portera un jour la grosse ceinture ne pointe pas à l’horizon. La puissante locomotive est en place en attente de sa méga star. Le Québec, lui, s’en tire très bien, depuis déjà deux décennies minimum. Un petit velours.