Crédit : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Impact

Rémi Garde fait avec ce qu’il a

Publié | Mis à jour

Depuis quelques matchs, on reproche beaucoup à Rémi Garde d’attendre longtemps avant d’apporter des changements dans un match et c’était flagrant lors de la défaite de 2-0 contre l’Union de Philadelphie, samedi.

On se demandait quand l’entraîneur-chef allait apporter des forces fraîches d’autant plus que l’ensemble du XI partant avait joué contre Chicago le mercredi précédent et que la plupart d’entre eux avaient aussi joué le samedi précédent.

Rémi Garde a expliqué après le match que c’était sa décision et c’est son droit le plus légitime parce qu’il jugeait que ses partants pouvaient encore contribuer.

«Je pense que l’équipe que je fais débuter, c’est la meilleure équipe et je pensais que Raheem [Edwards] ou Alejandro [Silva] pouvaient encore apporter [quelque chose au match].»

Manque de confiance

La vérité, et Garde l’a déjà dit, c’est qu’il n’a pas encore vu un de ses substituts entrer dans un match pour en changer l’issue.

L’entraîneur-chef de l’Impact a raison de douter et d’avoir des problèmes de confiance puisqu’il doit gérer un manque de profondeur incroyable qui est décuplé par les blessures.

Voyons plutôt ce qu’il avait sous la main pour influencer ce qu’il restait d’un match moribond, samedi.

En défense, il comptait sur Chris Duvall, qui ne connaît pas un début de saison bien convaincant. En milieu de terrain, il disposait de Louis Béland-Goyette, Shamit Shome et Ken Krolicki, trois jeunes joueurs, tous âgés de 22 ans ou moins, au profil défensif. Pas l’idéal quand ton équipe a besoin d’un but.

Puis en attaque, il pouvait choisir entre Dominic Oduro ou Matteo Mancosu. Le premier, on le sait, ne fait plus partie des plans alors que le second n’a jamais été en mesure de répliquer ses succès de la fin de saison 2016.

Les bons coups

  • Patrice Bernier
  • Marco Di Vaio
  • Alessandro Nesta
  • Ignacio Piatti
  • Laurent Ciman
  • Didier Drogba
  • Blerim Dzemaili

Les moins bons coups

  • Nelson Rivas
  • Hernan Bernardello
  • Adrian Lopez Rodriguez
  • Andrea Pisanu
  • Daniele Paponi
  • Krzysztof Król
  • Johan Venegas
  • Lucas Ontivero
  • Matteo Mancosu
  • Deian Boldor
  • Problème de gestion

La situation actuelle met en lumière les problèmes de recrutement et d’évaluation de personnel qu’éprouve l’Impact depuis longtemps. On a embauché un jockey de premier plan sans lui donner un cheval qui lui permettra de gagner.

D’abord, on doit remettre en évidence les trop gros salaires consentis à Mancosu (719 541 $), Oduro (330 000 $) et Marco Donadel (305 328 $), c’est plus de 1,3 million de dollars investis sur trois joueurs qui sont sur le banc ou blessé. Ça fait beaucoup d’argent qui dort.

Parmi les nouvelles acquisitions, Rudy Camacho a signé un contrat de quatre ans qui lui rapporte 699 152 $ cette saison alors qu’Alejandro Silva va empocher 800 040 $. Quant à Saphir Taïder, qui a un contrat de joueur désigné, son salaire affiché par l’Association des joueurs est de 800 000 $. Il est cependant trop tôt pour juger de leur apport, ils méritent qu’on leur laisse le temps de s’acclimater à leur nouvel environnement.

On a souvent entendu dire que l’Impact évoluait dans un «petit marché» et qu’il n’avait pas nécessairement les moyens de suivre les équipes les plus dépensières de la MLS, mais avec une masse salariale de 11 888 540 $, l’Impact vient au 7e rang de la MLS. Ça devrait suffire pour avoir une équipe qui se bat pour une place en séries et qui n’a pas accordé 26 buts en seulement 11 matchs, le pire résultat de la ligue à ce chapitre.

Recrutement

La situation met en lumière les problèmes de recrutement de l’équipe depuis son accession à la MLS.

Oui il y a eu Patrice Bernier, Marco Di Vaio, Didier Drogba, Ignacio Piatti, Laurent Ciman, Samuel Piette et dans une moindre mesure, Blerim Dzemaili.

Mais combien y a-t-il eu de fausses balles et de retraits au bâton pour chacun de ces coups de circuit ?

De cette liste, il ne reste que Piatti et Piette. Di Vaio a pris sa retraite, Drogba est parti en beau fusil et continue de marquer sur coup franc dans l’USL à Phoenix malgré ses 40 ans, Dzemaili est retourné en Europe pour des raisons personnelles et on a chassé Ciman de Montréal pour des raisons qui demeurent encore nébuleuses même si l’équipe présente aujourd’hui le pire bilan défensif de la MLS.

Tout ça soulève certaines questions sur la structure de recrutement du Bleu-blanc-noir qui n’est pas ajustée à la MLS 2.0.