Crédit : Dario Ayala / Agence QMI

Impact

Le cœur du problème de l’Impact

Le cœur du problème de l’Impact

Vincent Destouches

Publié 14 mai
Mis à jour 14 mai

Le problème de l’Impact de Montréal n’est pas l’argent... Mais plutôt comment il est dépensé!

Selon la liste des salaires des joueurs publiée la semaine passée – à prendre quand même avec un grain de sel –, l’Impact aurait la 7e masse salariale la plus importante de la ligue.

Prenons maintenant le classement du Supporters’ Shield : l’Impact figure au 18e rang.

Avouez que si vous étiez Joey Saputo, vous aussi, vous iriez faire un petit tour dans le vestiaire pour faire part de votre mécontentement...

Maintenant, si j’étais le président, c’est surtout dans les bureaux que j’irais pousser une gueulante.

Car les chiffres viennent faire mentir la perception que l’Impact n’investit pas assez dans son recrutement. Clairement, le problème qui mine le Bleu-Blanc-Noir, année après année, se situe davantage au niveau de la science du recrutement.

Rendez-vous compte : l’Impact paye davantage en salaire au trio composé de Rudy Camacho, Alejandro Silva et Matteo Mancosu que le club d’Atlanta United pour les pointures Greg Garza, Darlington Nagbe et Josef Martinez!

Et ce n’est pas qu’une histoire de grosses dépenses....

Hier encore, je regardais le match entre LAFC et NYCFC, et je voyais aller Latif Blessing, ce joueur ghanéen de 21 ans qui avait fait si mal à l’Impact lorsqu’il était entré en jeu voilà quelques semaines.

Savez-vous combien perçoit Blessing? Un salaire de 84 375 US$.

Quand je vois ça, je dis bravo au LAFC de l’avoir sélectionné au repêchage d’expansion, car il complète parfaitement les achats plus dispendieux réalisés par le club.

Et je dis surtout bravo au Sporting Kansas City, qui était allé le chercher au Ghana, où il avait terminé meilleur buteur et meilleur joueur du championnat avant de faire le saut en MLS.

Cela montre bien que certaines cellules de recrutement excellent à trouver des joueurs, plus ou moins onéreux, sur le marché mondial du soccer. Et d’autres ont une moyenne au bâton plus discutable.

Ménage d’été

Au fil des saisons, l’Impact a réalisé quelques coups de génie, mais a aussi accumulé de nombreuses erreurs. La saison 2018 en est un exemple parfait, puisqu’un montant d’argent colossal dort sur le banc ou à l’infirmerie.

Tout ceci nous mène à une situation où « l’entraîneur désigné » Rémi Garde, que le président est personnellement allé chercher, dénonce plus ou moins subtilement depuis des semaines la qualité de l’effectif à sa disposition.

Quelque peu entêté, il s’en résout même à surutiliser la poignée de joueurs qui lui offrent des certitudes. Et même s’ils sont complètement cuits au cours d’un match, Garde semble considérer qu’ils sont toujours meilleurs que les joueurs frais qui font banquette.

De toute évidence, on se dirige vers un grand ménage; c’est donc que la direction sportive donnée à cette saison est un échec.

Or, si les joueurs sont responsables de leurs performances, et si l’entraîneur est responsable des résultats, alors qui est responsable de la direction sportive?

Vu l’insatisfaction actuelle de Garde, j’ai tendance à penser que cette même question doit causer un peu de friture sur la ligne entre les différents décideurs montréalais...