Crédit : Photo Courtoisie / Red Bull

Sports d'été

Moi, Lysanne Richard, créatrice de vent

Publié | Mis à jour

On a tous quelque chose à créer. Moi, ma spécialité c’est le vent. Je cherche constamment quel endroit me permettra de trouver mon meilleur vent; quel pays, quel pont, quelle plate-forme, quelle échelle, quelle passerelle mais surtout ce que je préfère, quelle falaise...

Mon vent je l’ai rencontré en France il y a 18 ans. Je l’ai ensuite cherché partout où je pouvais : au Canada, aux États-Unis, aux Bermudes, en Russie, en Angleterre, au Japon, au Mexique, en République Dominicaine, en Espagne, en Écosse, en Irlande, en Allemagne, aux Azores, en Italie, aux Émirats-Arabes Unis, en Autriche et en Bosnie...

En ce moment, je me prépare pour créer mon meilleur vent à vie, dans quelques jours, au Texas.

 

 

Il y a tellement d’étapes avant de sauter dans son vent. À tous les jours je l’entends m’appeler, il souffle dans ma tête. Sa brise me donne l’énergie de m’entrainer. De faire mes squats, mes airplanes, mes prones, mes getups, mes suitcase cary. Sa brise, elle me parle même en anglais. C’est surprenant qu’elle s’adresse ainsi à moi, une fille du Saguenay! But I understand, l’envie de dépassement de soi, ça n’a pas de langue.

Pour me préparer à voler, il n’y a pas que le conditionnement physique. Il y a les exercices de proprioception, de vision, de réflexes; il y a le essentrics, le spinning, le yoga, la méditation, le trampoline, l’acrobatie, le plongeon, mais surtout il y a la visualisation.

 

 

C’est essentiel de faire et refaire mes mouvements dans ma tête. Je dois les garder en vie, même quand je ne peux pas les pratiquer. Étant donné que je n’ai pas accès à une zone de départ en hauteur fréquemment, il s’espace souvent plusieurs mois entre mes vols réels.

- C’est pourquoi je fly dans ma tête... en continue. -

 

 

Mes entrainements préparatoires représentent, une vingtaine d’heure par semaine, plus de 1200 heures par année. 4 320 000 secondes annuellement sont utilisées pour préparer la vingtaine de plongeons de trois secondes chacun que je ferai sur mon circuit de compétition en une année.

Souvent je me rends jusqu’à l’autre bout du monde, 86 000 secondes de transport pour 12 secondes de compétition.

Ok, le ratio peut sembler fou, mais ces trois secondes que je prépare avec mes 4 320 000, ces trois secondes là sont inexplicables. Durant ces secondes, le temps perd ses repères. Il n’a plus d’importance.

Quand je crée mon vent, je mets le temps en suspension.

 

 

Pendant ma chute ma vitesse s’accélère, armée seulement d’un maillot de bain, j’atteins environ 80 km/h. Le vent qui frôle ma peau dans les airs, ne vient pas d’ailleurs, il n’existait pas avant mon départ, le vent dans lequel je vole, c’est celui que je viens de créer.

C’est celui-là mon vent.

Je me nomme Lysanne Richard, je suis une spécialiste en création de vent, mais on peut aussi dire que je suis plongeuse de haut-vol.


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