Séries 2018

Le phénomène Guentzel

Agence QMI / Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

Jake Guentzel a une expérience de 35 matchs éliminatoires dans la LNH. S’il n’a pas encore joué une tonne de rencontres, l’Américain de 23 ans frappe l’imaginaire depuis ses débuts en séries l’an dernier.

Il y a toujours moyen de faire parler les chiffres. Mais il y a parfois des résultats qui piquent un peu plus la curiosité. Dans la catégorie des points par match, avec une expérience de 35 matchs au minimum, il y a seulement cinq joueurs dans l’histoire qui ont de meilleures statistiques que Guentzel à 1,20 point par rencontre en moyenne.

Wayne Gretzky (1,84), Mario Lemieux (1,61), Mark Messier (1,25), Bobby Orr (1,24) et Mike Bossy (1,24) sont les cinq joueurs devant l’ailier des Penguins. On peut donc dire sans trop se tromper qu’il se retrouve en assez bonne compagnie.

Sidney Crosby, quant à lui, vient au huitième rang à 1,16 point par match. Jari Kurri (1,17) est entre les deux attaquants des Penguins en septième position.

«J’ai le sentiment que je profite de plusieurs bonds favorables, a dit sur un ton assez robotique Guentzel, quelques minutes après un doublé dans une victoire de 3-1 contre les Capitals lors du quatrième match, jeudi. Je suis assez chanceux avec des jeux qui se passent près du filet adverse. On dirait que la rondelle me trouve tout le temps.»

10 en 10

En 10 matchs depuis le début des séries, Guentzel a marqué 10 buts et obtenu 21 points. Avec les séries de l’an dernier, l’Américain de 23 ans compte donc 42 points (23 buts, 19 passes) en seulement 35 rencontres.

Si Guentzel utilise un paquet de clichés en parlant de la chance, Patric Hornqvist et Crosby ont mieux décrit leur coéquipier.

«Jake est très impressionnant, a affirmé Hornqvist. L’an dernier, il sortait un peu de nulle part, il représentait une belle surprise. Mais cette année, il y avait des attentes et de la pression sur ses épaules. C’est fou de voir qu’il a trouvé une façon de contribuer offensivement à un rythme aussi élevé. Il mène la LNH pour les buts et les passes. Il est au sommet des marqueurs par un kilomètre ! Il a un don pour élever son jeu quand ça devient plus important. Il carbure à cette pression.»

«Il a du caractère et il est très compétitif, a renchéri Crosby. À cette période de l’année, il faut trouver une façon d’élever notre jeu. Il le fait très bien, il a compris ce principe. Il joue très bien depuis le début des séries et dans les deux sens de la patinoire. Jake a un bon instinct offensif et un bon sens du jeu. Il sait où se placer pour marquer des buts et il n’a pas peur de se mettre le nez dans le trafic. Même s’il n’est pas gros, il gagne ses batailles devant le filet.»

Crosby et Guentzel sont tellement dominants depuis le début des séries que Mike Sullivan peut placer pratiquement n’importe quel joueur sur le flanc droit. Dominik Simon, un Tchèque de 23 ans qui a fait la navette entre Wilkes-Barre et Pittsburgh cette année, a présentement ce rôle. C’est comme si Nikita Scherbak jouait à la droite du 87 et du 59.