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Séries 2018

Deux rivaux, deux légendes

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Sidney Crosby a gravé trois fois son nom sur la coupe Stanley. Alex Ovechkin n’a pas encore connu ce moment de gloire. Pour l’instant, cette distinction sépare les prodiges de Cole Harbour et de Moscou.

Crosby venait de poser ses vieilles épaulettes, ses protège-coudes et sa coquille, des pièces d’équipement qui tiennent par seulement quelques fils et qui datent de ses années avec l’Océanic de Rimouski. Il avait terminé de répondre aux questions des journalistes de Pittsburgh.

Mais fidèle à ses habitudes, le numéro 87 a pris quelques minutes de plus de son temps pour discuter une énième fois de sa rivalité avec Ovechkin.

«Ce n’est rien de nouveau, c’est la même histoire depuis nos débuts dans la LNH, a rappelé Crosby en entrevue avec Le Journal de Montréal. Les gens ont toujours aimé faire des comparaisons entre nous. »

«C’est vrai qu’il y a toujours eu une grande rivalité entre les Caps et les Penguins, mais aussi entre Ovi et moi, a-t-il continué. Je veux gagner, il veut gagner. Nous sommes deux athlètes fiers. C’est dans notre ADN. Je ne cherche pas à devenir meilleur quand je joue contre lui, mais il y a toujours une petite flamme qui brûle encore plus à l’intérieur de moi. Je ne peux pas le cacher, je suis compétitif.»

Constance remarquable

En 2016 et en 2017, les Penguins ont éliminé les Capitals au deuxième tour des séries pour ensuite voguer jusqu’à la conquête de la coupe Stanley. Il y avait un capitaine heureux en Crosby et un capitaine malheureux en Ovechkin.

À égalité 2-2 dans la présente classique entre les deux équipes, Crosby espère encore se retrouver dans le bon camp à la fin de la série. Une fois les hostilités terminées, il regardera encore le Russe dans les yeux et il lui glissera quelques mots lors de la traditionnelle poignée de main.

Ennemis sur la glace, les deux hommes n’entretiennent toutefois pas de mauvais sentiments mutuels. Les yeux de Crosby s’illuminent quand on lui demande de décrire le niveau de respect qu’il a pour son rival.

«J’ai un immense respect pour Ovi, a répliqué le centre de 30 ans. Il est un joueur incroyable et d’une constance formidable. Il a plusieurs saisons de 50 buts à sa fiche (7 saisons), il a déjà plus de 600 buts (607) et plus de 1100 points (1122). Ça prend un talent exceptionnel pour atteindre de tels chiffres.»

Souhait impossible

Pour ajouter à sa légende, Ovechkin aura besoin de conduire un jour les Capitals à la terre promise.

D’ici la fin de leur carrière respective, Crosby pourrait-il souhaiter à Ovechkin une première coupe Stanley ? On lui a posé la question. Il a réfléchi un peu avant d’y répondre.

«Je ne peux pas dire ça, a lancé Sid the Kid avec le sourire. Et pour une bonne raison : ça signifierait qu’il aurait probablement réussi à nous éliminer en séries. Je l’aime bien, je le respecte énormément, je lui souhaite du bonheur, mais pas jusqu’à une victoire contre nous. C’est difficile de gagner la coupe Stanley. Même s’il n’a toujours pas de bague, ça ne fait pas de lui un moins bon joueur. Il a une carrière exceptionnelle.»

Beau geste

Crosby restera toujours dans une classe à part. En raison de son talent fou, de son dévouement, mais aussi de sa gentillesse. Il est l’ambassadeur idéal pour la LNH. Il l’a prouvé encore une fois.

À sa sortie d’un entraînement optionnel, où il était sur la glace, le capitaine des Penguins a rencontré Mike Tauch et son fils, Bennett. Lundi dernier, la maison de la famille Tauch a été emportée par les flammes. Dans le brasier, le jeune garçon de sept ans a perdu son équipement de hockey. C’est ce qui le rendait le plus triste. Quand les Penguins ont appris cette histoire, ils ont choisi de l’aider.

Crosby lui a payé un nouvel équipement et l’a invité à venir le rencontrer pour un entraînement. Il lui a aussi signé un chandail des Penguins avec le numéro 87 dans le dos.