Crédit : AFP

TBL-BOS

Patrice Bergeron victime de son succès?

Publié | Mis à jour

Comme c’est le cas tous les printemps, la façon dont les matchs sont arbitrés est loin de faire l’unanimité. Toutefois, s’il y a un aspect où on ne peut reprocher aux hommes zébrés de manquer de constance, c’est dans le cercle des mises au jeu.

Parlez-en à Patrice Bergeron. Une recherche exhaustive effectuée par le collègue Fluto Shinzawa, pour la branche bostonienne du site The Athletic, a démontré que le Québécois avait été expulsé de ces duels à 23 reprises lors des huit premiers matchs (avant celui de mercredi) auxquels il a pris part depuis le début des séries éliminatoires.

Que lui reproche-t-on exactement?

«On ne sait pas trop. On a demandé des explications à la Ligue nationale, a souligné l’entraîneur-chef des Bruins de Boston, Bruce Cassidy. C’est certainement très frustrant pour Patrice. En tout cas, je serais frustré si j’étais à sa place.»

Et comment! Lorsqu’on sait à quel point Bergeron est efficace dans le cercle des mises au jeu, l’expulser aussi fréquemment revient pratiquement à lui enlever son pain et son beurre.

Au cours des neuf dernières saisons, le taux de succès de Bergeron dans le cercle des mises au jeu ne s’est jamais situé en deçà de 56,6 %. Trois fois, il a atteint le seuil des 60 %.

Questions sans réponse

L’athlète de L’Ancienne-Lorette serait-il victime de son succès?

«Je me suis posé des questions. Je me suis demandé ce que je pouvais modifier et ajuster. C’est à moi de trouver le moyen d’être meilleur. On sait que la possession de la rondelle, ça part des mises au jeu. Alors, c’est un aspect du jeu qui est très important.»

Autre hypothèse : on dit souvent que les meilleurs joueurs de centre sont ceux qui parviennent à franchir la limite de ce qui est permis sans se faire prendre.

Est-ce que l’attaquant de 32 ans est parvenu à faire au cours de toutes ses années? Par conséquent, les juges de ligne l’auraient-ils plus à l’oeil?

«Il est clairement ciblé», a soutenu Cassidy.

La loi du plus fort

Puisque Bergeron ne sait plus trop à quoi s’en tenir, il a, lors de certains matchs, vu son efficacité être affectée.

Quatre fois en neuf rencontres, donc près d’un affrontement sur deux, il a gagné moins de 50 % de ses mises en jeu.

Des difficultés qu’il n’avait rencontrées qu’à 15 occasions aucours de ses 64 joutes de saison régulière (23,4 % des parties).

D’ailleurs, Bergeron n’hésite pas à prêcher pour un peu plus de liberté. Il est d’avis que dans ce domaine, la loi du plus fort devrait dominer.

«Les mises au jeu, c’est une compétition, un aspect du jeu que tu veux gagner. On est dans les séries éliminatoires, tu veux commencer avec la rondelle. C’est un élément que j’ai l’impression qu’on oublie parfois. Ça reste une bataille à un contre un et ça devrait demeurer comme ça», a-t-il dit.

Reste maintenant à voir si les juges de ligne continueront à maintenir la ligne dure.