Crédit : Rich Freeda

Lutte

Un autre rendez-vous historique pour Becky Lynch

Un autre rendez-vous historique pour Becky Lynch

Patric Laprade

Publié 30 avril
Mis à jour 30 avril

En marge de Raw et de SmackDown Live qui seront présentés aujourd’hui et demain au Centre Bell, j’ai eu la chance de m’entretenir avec la toute première championne féminine de SmackDown Live, Becky Lynch.

Âgée de 31 ans, l’athlète d’Irlande est une des plus charismatiques et fait partie du quatuor de lutteuses qui ont changé la donne à la WWE. Lorsqu’elle, Charlotte Flair, Sasha Banks et Bayley, autant à NXT que sur l’alignement principal, ont fait leurs débuts, elles ont certes amélioré le sort de la division féminine.

Ceci dit, peut-être le plus important début dans la division féminine depuis le leur, est l’arrivée de Ronda Rousey, la femme la plus redoutable de la planète et ancienne championne de l’UFC.

«Je pense que c’est formidable, explique Lynch. Elle est une très grosse vedette et non seulement dans le monde des arts martiaux mixtes, mais de façon générale. Elle va amener beaucoup de lumières sur la WWE et de plus, elle est une athlète naturelle qui devrait avoir un excellent futur à la WWE.»

Les débuts de Rousey sont survenus à la fin d’une première pour la division féminine alors qu’il s’agissait du tout premier Royal Rumble féminin de l’histoire de la WWE, un souvenir impérissable pour Lynch.

«Je sentais qu’on créait quelque chose de spécial, a-t-elle indiqué. Je disais depuis quelques années qu’on devrait avoir notre propre Royal Rumble et de le voir se matérialiser comme ça, c’était extraordinaire. Surtout avec la participation des lutteuses du passé qui ont pavé la voie pour nous.»

Ce sont Lynch et Sasha Banks qui ont été les deux premières lutteuses de ce combat. Si Banks a mérité le titre de femme de fer en y demeurant 54 minutes, Lynch est arrivée deuxième avec un peu plus de 30 minutes.

«D’avoir été l’une des deux premières participantes et d’y être demeuré aussi longtemps ont rendu l’expérience encore plus spéciale pour moi, c’est sûr.»

Quelques mois plus tard, elle faisait les frais d’une autre première, en l’occurrence la bataille royale féminine de WrestleMania. Pour celle qui a avait fait partie de deux matchs de championnat à ses deux premiers WrestleMania, particulièrement celui en 2016 alors que le match triple menace qui l’opposait à Charlotte Flair et à Sasha Banks avait été l’un des meilleurs sur la carte, se retrouver dans la première bataille royale féminine à WrestleMania à défaut d’avoir un autre match de championnat était en quelque sorte un baume.

«On veut toujours être dans un match de championnat, on veut toujours avoir les projecteurs davantage braqués sur nous, a continué Lynch. Mais j’apprécie que la WWE ait la division féminine à cœur et organise des combats permettant à plus d’une femme de se faire valoir sur une plate-forme aussi importante que WrestleMania. Alors à défaut d’avoir un match pour un titre ou un match en simple, de faire partie de cette autre première était quelque chose de spécial.»

L’Arabie Saoudite: prendre exemple sur Abou Dhabi

Toujours dans la catégorie des premières, vendredi dernier, la WWE a organisé un événement à Djeddah en Arabie Saoudite, sur lequel aucune femme n’avait le droit d’y participer, que ce soit comme lutteuse ou même intervieweuse. Bien que ce soit une politique décevante du gouvernement local, Lynch croit qu’il faut prendre Abou Dhabi dans les Émirats Arabes Unis comme exemple.

«Il faut respecter la culture, j’imagine, a affirmé Lynch. Et si ce n’est pas cette année, ce sera l’année prochaine ou dans deux ans. Regarde ce qui est arrivé avec Alexa Bliss et Sasha Banks à Abou Dhabi. La scène féminine de lutte a beaucoup changé dans les 10 dernières années. Alors on doit continuer à changer et à évoluer et espérer que le monde va évoluer également.»

Becky Lynch sera présente mardi lors des enregistrements de SmackDown Live. Pour ceux et celles qui la connaissent peu, Lynch a un style de lutte plus physique, avec beaucoup de souplesses et de prises de soumission dans son répertoire. Un style bien connu au Royaume-Uni.

Et l’ancienne championne nous explique son style de manière assez particulière et franche.

«Je ne suis pas la fille la plus agile au monde, a avoué Lynch avant de pouffer de rire. Je ne suis vraiment pas Naomi, ça c’est sûr! Puisque je suis faite plus forte physiquement, ça allait de soi d’utiliser un style plus physique et plus technique.»

D’ailleurs, quelques anciennes vedettes de la WWE, parmi les meilleurs techniciens de l’histoire, ont été de bonnes inspirations pour Becky.

«J’ai grandi en regardant des gars comme Dynamite Kid et Dean Malenko, alors l’inspiration derrière mon style de lutte vient beaucoup d’eux également.»

SmackDown Live a certes bénéficié du récent Superstar Shakeup, qui a entre autres vu les Samoa Joe, Le Miz, Jeff Hardy et Asuka quitter Raw pour SmackDown Live. Avec en plus une nouvelle directrice générale en Paige et le retour à temps plein de Daniel Bryan, l’avenir n’a jamais été aussi rose pour l’équipe bleue.

Pour les fans du Québec déçus de ne pas y voir Kevin Owens et Sami Zayn après avoir acheté des billets uniquement pour l’événement du mardi, Becky est d’avis que vous allez manquer un bon show.

«Je pense que le présent alignement de SmackDown est le plus solide que nous ayons eu depuis longtemps. Je suis vraiment excitée comme lutteuse de voir tout le talent qui s’y trouve. C’est vraiment motivant.»

Un peu d’histoire et des premières

D’ailleurs, ce ne seront pas les premiers Raw et SmackDown présentés à Montréal, loin de là.

SmackDown a même devancé Raw alors que la première émission enregistrée à Montréal a eu lieu le 16 octobre 2001. L’actuel directeur général de Raw Kurt Angle avait affronté Rob Van Dam dans la finale devant 14 068 fans. Quelques mois plus tard, c’était au tour de Raw de faire ses débuts dans la métropole, le lendemain de WrestleMania 18, alors que Kevin Nash et Scott Hall avaient affronté l’équipe composée de The Rock et Hulk Hogan.

Depuis, plusieurs autres enregistrements télés ont eu lieu au Centre Bell. Ce soir, il s’agira de la 10e présentation de Raw à Montréal. Le dernier remonte au mois de mai 2015 alors qu’on se souviendra que le Québécois Sami Zayn s’était blessé à l’épaule avant son match qui l’opposait à John Cena. Du côté de SmackDown Live, il s’agira mardi de la cinquième fois que l’émission sera enregistrée ici. La dernière fois remonte déjà en 2006, alors que Raw et SmackDown avaient été enregistrés le même soir, à l’époque où SmackDown n’était pas en direct et où les deux émissions étaient parfois enregistrées le même soir. Demain sera donc la toute première fois que l’émission sera présentée en direct de Montréal, une autre première qui s’ajoute au fait que la WWE présente deux événements en deux soirs pour la toute première fois à Montréal, quelque chose qui est habituellement réservé à ce que la WWE considère comme des marchés plus importants tels que Chicago, Los Angeles, Toronto ou New York.

Le TVASports.ca a d’ailleurs quelques articles intéressants en marge de cette première. Tout d’abord, un portrait des plus grands événements de lutte professionnelle présentés à Montréal.

Aussi, un article sur les noms à surveiller ce soir et demain.

Et sans oublier l’excellente entrevue que le Québécois Kevin Owens a donnée au collègue Réjean Tremblay. J’aurais d’ailleurs une entrevue avec Kevin qui sera publiée la semaine prochaine.

Si vous n’êtes pas encore convaincus de vous joindre aux milliers d’amateurs qui seront au Centre Bell ce soir et demain, Becky Lynch a de bons arguments à vous donner.

«Voir l’événement en direct contrairement à l’écouter à la télé est une expérience totalement différente, a souligné Lynch. Il y a les feux d’artifice et les vidéos et l’ambiance. C’est quelque chose que tu ne peux vraiment pas décrire à moins de l’avoir vécu et qu’il faut vivre au moins une fois. Particulièrement à SmackDown Live, il y a plusieurs matchs que les gens n’auront jamais vus. La division féminine vient aussi de prendre une autre tournure avec les IIconics et Asuka. Pour ma part, je peux vous garantir que je serai en feu et que j’ai bien hâte de participer à mon premier enregistrement télé pour SmackDown Live à Montréal.»

Bien qu’écrite en français, vous comprendrez que l’entrevue s’est déroulée en anglais. Ceci dit, Becky avait en terminant quelques mots en français à dire à ses fans francophones de la Belle Province.

 Mais oui! J’aime le catch et j’aime les fans de Montréal!»