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Crédit : AFP

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Quand le rêve tourne au cauchemar

Publié | Mis à jour

Dominic Moore aurait bien souhaité que Mike Babcock lui offre un rôle plus important au cours de cette première ronde. Limité à seulement deux rencontres, le joueur de centre aurait aimé vivre pleinement la frénésie des séries dans la ville où il a grandi.

«C’est un moment excitant de l’année. Spécialement à Toronto. Il y a tellement d’excitation autour de l’équipe, l’ambiance des séries, c’est magique», a déclaré Moore à l’auteur de ces lignes plus tôt au cours de la série.

Au moment de l’entretien, le vestiaire des Leafs était pratiquement désert. Seuls Moore, Leo Komarov et Matt Martin, qui venaient tous trois de faire une vingtaine de minutes de temps supplémentaire, s’y trouvent.

«Je me souviens de 1993. J’étais un grand partisan de Doug Gilmour. C’était une période particulière. C’était plaisant de regarder ces joueurs évoluer en séries. C’est là que se forgent les rêves d’enfant de vivre ces situations», a raconté le vétéran, âgé de 12 ans à l’époque.

La faute à Gretzky

Ce printemps-là, les Leafs, alors dans la Conférence Clarence-Campbell (Association de l’Ouest), étaient passés à une victoire d’affronter le Canadien en finale de la Coupe Stanley.

«On était passés tellement proche. Tout le monde le souhaitait. Il a fallu que Wayne Gretzky vienne contrecarrer les plans.»

Pour la petite histoire, rappelons que Gretzky avait marqué le but gagnant en prolongation du sixième match et inscrit un tour du chapeau lors de la rencontre ultime.

Pas droit à l’erreur

Parlant de match ultime, Moore est le plus expérimenté en la matière du côté des Leafs. Huit fois en 12 saisons, il a participé à ce type de rencontre, se trouvant du côté des vainqueurs à six reprises. Néanmoins, Babcock n’a pas fait appel à ses services.

D’ailleurs, 32 fois cet hiver, Moore a été laissé de côté par son entraîneur. Du jamais-vu pour l’athlète de 37 ans.

«Même à ma saison recrue, j’ai joué 82 matchs, rappelle celui qui a porté les couleurs de dix formations. C’est assurément difficile. Je contrôle ce que je peux contrôler. Je me prépare du mieux que je peux et j’essaie d’être le meilleur coéquipier et la meilleure personne possible.»

«L’entraîneur n’a pas l’air de l’aimer beaucoup. Il a causé un revirement lors d’un match au mois de décembre et il a passé les sept matchs suivants sur la passerelle, a indiqué un collègue affecté à la couverture quotidienne des Leafs. Pourtant, c’est un très bon vétéran qui travaille fort.»

Son propre agent

Incluant la fin de la saison régulière, Moore n’a participé qu’à six des 23 derniers matchs des Leafs. Une situation difficile pour quelqu’un dont le contrat arrive à échéance le 30 juin.

«Je ne sais pas ce qui m’attend. Je n’ai pas encore pris le temps d’y penser. J’ai 37 ans, mais je me sens très bien physiquement et je suis en santé», a indiqué Moore, qui négocie lui-même ses contrats depuis cinq ans.

Et comment est-ce d’être son propre agent ?

«C’est à la fois plus facile et plus difficile. Il n’y a pas d’intermédiaire, donc la communication se fait plus facilement. Cependant, les négociations, ce n’est pas toujours facile. Tu dois avoir une bonne carapace...»

Il lui en faudra une solide s’il souhaite atteindre le plateau des 1000 matchs. Avec 897 rencontres au compteur, il lui faudra au moins deux autres saisons pour y parvenir. Deux autres saisons, donc deux autres directeurs généraux à convaincre.