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Krolicki, l'explorateur identitaire

Krolicki, l'explorateur identitaire

Nicolas Martineau

Publié 19 avril
Mis à jour 19 avril

Ken Krolicki est en territoire inconnu au Canada. Pour lui, la culture est différente, la langue aussi, mais l’expérience n’est pas intimidante. Krolicki a déjà vécu un choc culturel bien plus important, quand à 15 ans, il a décidé de quitter le Japon pour s’installer aux États-Unis.

Fils d’un Américain et d’une mère japonaise, Krolicki est né à Tokyo et a vécu à Fukuoka, au Sud du Japon, toute son enfance. C’est là où il s’est amouraché du ballon rond.

«C’est très différent là-bas. C’est plus technique, ce n’est pas physique du tout en fait. Les joueurs sont rapides et habiles, c’est un style de soccer différent, mais c’est ce qui m’a permis de me développer tel que je le suis aujourd’hui.»

À l’adolescence, Krolicki a senti le besoin de s’expatrier. Il a vécu une crise identitaire, en quelque sorte.

«À 15 ans, comme je suis à moitié Japonais et à moitié Américain, je ne sentais pas que j’avais une identité à moi. Je voulais savoir ce qu’il me manquait. Je voulais devenir un joueur de soccer professionnel et je voulais apprendre l’anglais, alors c’est la principale raison pour laquelle je suis venu en Amérique.»

Après quelques années passées à l’Université Michigan State, Krolicki est désormais parfaitement bilingue et il est un joueur de soccer professionnel. Sauf que sa quête identitaire n’est toujours pas terminée.

«C’est difficile à exprimer. Grandir au Japon en étant à moitié Japonais n’est pas la même chose que grandir en tant que Japonais. Même si je parle parfaitement japonais, on ne m’a jamais traité comme un Japonais. C’est un peu bizarre. En venant ici, ça m’a ouvert l’esprit et je vois désormais la vie d’une autre façon.»

Le changement ne fait clairement pas peur au milieu de terrain de l’Impact. Sa mère vivant toujours au Japon et son père étant désormais à Singapour, le jeune homme de 22 ans fait preuve d’une maturité impressionnante. Il se lance donc dans le défi montréalais avec un calme olympien.

«En ce moment, j’en profite pleinement. Ici, c’est une culture différente, une langue différente et j’apprends présentement le français. Ça me rappelle ce que j’ai vécu à 15 ans lors de mon départ du Japon pour les États-Unis. Sauf qu’aujourd’hui, je suis plus vieux et je sais à quoi m’attendre alors je peux en profiter davantage.»

Écoutez l'entrevue avec Nicolas A. Martineau dans la vidéo, ci-dessus.