SPO-MONTREAL IMPACT VS NEW ENGLAND REVOLUTION

Crédit : GREG M. COOPER/AGENCE QMI

Impact

Silva et le syndrome Venegas

Silva et le syndrome Venegas

Vincent Destouches

Publié 17 avril
Mis à jour 17 avril

Certains joueurs, à leur arrivée en Amérique du Nord, ont besoin de temps pour s’adapter avant de montrer leur vrai visage. Ça n’a pas été le cas pour Ignacio Piatti, Didier Drogba ou encore Rod Fanni.

Mais le nouveau venu Alejandro Silva, lui, n’est visiblement pas encore dans le rythme de la ligue. C’est correct, me direz-vous, il n’a que 190 minutes de MLS dans les jambes. Il n’y a pas de quoi réveiller un mort.

Seul bémol : l’Impact de Montréal n’est pas dans la position d’un Toronto FC, qui peut se permettre de tâtonner quelque peu, autant avec les résultats qu’avec certains renforts – Ager Aketxe, lui aussi acquis avec de l’argent d’allocation ciblé, n’a pas non plus trouvé son erre d’aller.

Non, Montréal va se battre durant tout le marathon de la saison régulière avec d’autres clubs comme Orlando, Columbus, la Nouvelle-Angleterre, Chicago et j’en passe. Chaque point compte, et mieux vaut les réunir le plus tôt possible. Plus facile à dire qu’à faire, pour un club dont le vécu collectif est encore embryonnaire.

L’attitude MLS

Dans cet esprit, il faut que les joueurs trouvent rapidement leur place pour pouvoir apporter leur pierre à l’édifice. Jeisson Vargas a par exemple trouvé le moyen d’inscrire trois buts. C’est bien, mais il semble encore trop tendre pour faire une vraie différence dans un XI partant.

En fait, je réduirais la colonne vertébrale de l’équipe, présentement, à cinq noms : Evan Bush, Rod Fanni, Samuel Piette, Saphir Taïder et Nacho Piatti. Toujours en quête de certitudes, l’équipe de Rémi Garde aurait bien besoin que Rudy Camacho et Alejandro Silva se lèvent rapidement et deviennent eux aussi les joueurs clés qu’ils sont appelés à être.

À l’heure actuelle, je me fais moins de soucis pour le Français que pour l’Uruguayen. Comprenez-moi bien, je suis loin d’avoir savouré la performance de Camacho, mais j’ai le sentiment qu’il va vite comprendre comment s’ajuster.

Je me pose davantage de questions sur Silva, que je trouve insuffisamment tranchant, en match comme à l’entraînement. En MLS, il faut se battre constamment. C’est quasiment un état d’esprit, que des joueurs comme Piatti ou Diego Valeri ont naturellement. Rien que Silva ne puisse corriger, mais ça peut prendre du temps.

Il faut dire qu’il n’est pas aidé par les circonstances. Personne ne s’étant approprié le couloir droit du 3-5-2, Garde l’a essayé à cette position en Nouvelle-Angleterre, sans succès. Il n’a pas été plus convaincant en remplacement de Taïder, dans un milieu à trois, du côté du New Jersey.

Le précédent Venegas

Le nerf de la guerre est là : si Silva tarde à nous montrer quel joueur il est, c’est peut-être qu’il n’est littéralement pas en position de le faire. Car, comme on l’a répété ad nauseam depuis qu’il a débarqué en ville, Silva est polyvalent. Peut-être trop.

Il ne faudrait pas finir, comme avec Johan Venegas, par ne plus savoir quelle est sa force et qu’est-ce qui le différencie vraiment dans cet effectif.

De ce point de vue, je l’ai trouvé plus à l’aise lorsqu’il était excentré sur l’aile droite, en fin de partie face aux Red Bulls. Silva n’est pas un tueur comme Piatti, il a un profil plus joueur. Il cherche les combinaisons, et a donc aussi besoin de temps pour comprendre les mouvements de ses coéquipiers.

Du temps, du temps, du temps... On y revient constamment.

Le but n’est pas de faire un procès absurde à Silva. Simplement, je veux souligner que, lorsqu’on a un effectif moins profond et un recrutement moins flamboyant que d’autres, la marge d’erreur est aussi plus étroite. Pour Silva comme pour l’Impact, le temps est le luxe ultime.

Parlant de temps, j’espère qu’il sera clément samedi à Montréal, pour le match d’ouverture au Stade Saputo. Ce retour à la maison va aider l’Impact à aller de l’avant. Comme le ferait un retour au 4-3-3...