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Impact

Rudy Camacho n’a jamais douté

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L’histoire de Rudy Camacho en est une de résilience et de confiance en soi qui a quelque chose d’inspirant. L’arrière central de 27 ans a en effet dû s’armer de patience afin d’atteindre son rêve de devenir footballeur professionnel.

Camacho est attablé dans la cafétéria du Centre Nutrilait et mange une crêpe avec du sirop d’érable quand le représentant du «Journal de Montréal» arrive. Pas de doute, il a vite adopté les bonnes habitudes locales.

Si Camacho dégage une confiance sereine, c’est qu’il a rapidement compris qu’il fallait s’accrocher pour parvenir à ses fins, d’autant qu’il n’est officiellement professionnel que depuis deux ans.

Pendant les quatre premières années de sa carrière, il a évolué en quatrième et troisième division française, des championnats qui sont semi-professionnels.

Une blessure

C’est une blessure subie à un bien mauvais moment qui a un peu fait dérailler son projet, lui qui avait grandi dans le système de Nancy.

«À 20 ans, je n’ai pas signé pro à Nancy parce que je n’étais pas dans les plans d’un "coach" et j’ai fait un essai pour trouver une équipe en Ligue 2 et je me suis blessé au bout de cinq minutes.»

«Je me suis fait un décollement du quadriceps et j’ai été en arrêt total pendant trois mois au pire moment parce qu’il fallait que je trouve un club.»

À partir de ce moment, tout a été à recommencer pour lui même s’il s’agit de sa seule blessure sérieuse en carrière.

Repartir à zéro

«Aucun club ne me voulait blessé, je sortais du centre de formation et je n’avais pas trop d’expérience.

«C’était compliqué, donc je suis retourné dans ma famille à Lyon et je n’ai pas eu le choix de repartir de zéro alors que j’avais fait deux saisons complètes avec les pros à m’entraîner et à faire des bancs en Ligue 1.»

Il a fait preuve de confiance et a gravi les échelons en passant deux ans avec Lyon-Duchère en Nationale 2, la quatrième division, puis deux autres années à Sedan, où le club a été promu en Nationale 1 à sa seconde saison.

«Même si ç’a été compliqué, au final, je savais très bien que j’allais finir pro. Je ne suis pas bête non plus, j’ai su me juger par rapport aux autres quand j’étais à Nancy et je savais très bien que j’avais le niveau.»

«Sans être arrogant ou quoi que ce soit, je connais mes qualités et mes défauts et je savais me juger.»

Au niveau

Comme Sedan est située près de la frontière belge, le club Waasland-Beveren était tout près pour l’épier et l’a recruté pour la saison 2016. Il y a rapidement fait sa place pour devenir titulaire.

«La marche est peut-être au niveau du statut, mais je savais très bien que j’avais la possibilité de jouer en D1 belge sans problème, dans un club moyen. Après on progresse pas à pas, ça ne m’a pas fait peur.»

Capitaine à Sedan, il a aussi porté le brassard en Belgique avant de prendre la direction de Montréal. Il se décrit comme un leader tranquille.

«Je suis un leader technique sur le terrain, j’aime bien diriger mes partenaires. Mais en dehors, je ne suis pas le mec qui va faire de longs discours, je suis plutôt discret.»

Dépaysement

Son passage dans les Flandres, au cœur de la Belgique flamande, aurait pu le préparer au dépaysement qu’il allait vivre quand il est arrivé dans la métropole, il y a un mois.

«La Belgique, ça reste à une heure de la France, c’est l’Europe alors qu’ici c’est une autre culture. Même si ça parle français, c’est complètement différent. C’est un dépaysement total.»

En attendant que son épouse et son fils de deux ans et demi viennent le rejoindre, Camacho continue de s’acclimater à sa nouvelle vie et explique sa décision de franchir l’Atlantique par plusieurs raisons.

«Le fait que ce soit Montréal et que ça parle français, ça joue, le fait que ce soit la Major League Soccer (MLS), qui est un championnat qui est en train de se développer et il y a un grand "staff". Travailler avec un "staff" comme ça, c’est intéressant.»

«C’est une évolution de carrière, je viens de loin et je ne compte pas m’arrêter là.»

Et même s’il s’est contenté de rester sur le banc lors de ses deux premiers matchs, il sait que son tour viendra.

«Je suis un joueur, je veux jouer. Je comprends totalement les choix du "coach" et je les accepte, l’équipe était sur deux victoires.»