Séries 2018

Un gain historique des Golden Knights

Publié | Mis à jour

Les Golden Knights de Las Vegas continuent de se spécialiser dans l’art de réussir leurs soirées de premières. À leur baptême des séries, un seul but a suffi pour leur permettre de signer la première victoire de leur jeune histoire au grand tournoi printanier, aux dépens des Kings de Los Angeles, grâce à une performance étincelante du gardien Marc-André Fleury.

Avant la rencontre, une fière partisane a été montrée à l’écran géant avec une affiche de circonstance. On pouvait y lire: «Jésus sauve, mais il n’est pas Fleury». Ce dernier a cimenté son statut de divinité à Vegas en repoussant les 30 rondelles dirigées vers lui même s’il a dû négocier à maintes reprises avec la présence des rivaux dans son visage. Les cris saluant «Flouuuuuuury» ont démontré une nouvelle fois à quel point sa nouvelle ville d’adoption chérit l’ancien des Penguins.

«Après les trois ou quatre premiers tirs des Kings, j’ai commencé à me sentir plus à l’aise, plus relaxe. Mon focus est maintenant ici, avec cette équipe dont je suis fier de faire partie. C’est plaisant de jouer derrière des gars qui travaillent aussi fort. On a bien répondu du début à la fin aujourd’hui. J’ai mangé une couple de coups à la tête et dans les jambières, mais c’est ce qui rend le hockey des séries aussi le fun», a souligné le numéro 29.

Pour Fleury, il s’agissait d’une 63e victoire en carrière en séries, un sommet chez les gardiens actifs. Il a aussi signé son 11e jeu blanc en cette période surnommée la «vraie saison».

«C’était important de gagner le premier match contre une équipe qui a connu autant de succès dans les séries. Marc-André a été dominant. Tu sais qu’à chaque soir que Flower est dans les buts, il va donner son 100%. Il a vraiment notre confiance et tu veux jouer pour un gars de même», a louangé Jonathan Marchessaut.

Theodore marque

Les Golden Knights avaient mis le paquet lors de longues cérémonies d’avant-match. Dans un montage vidéo qui a soulevé les spectateurs, plusieurs citations d’animateurs soulignant dans les dernières années que l’aventure du hockey dans le désert était vouée à l’échec ont été diffusées pour réchauffer les esprits.

Le slogan «Bienvenue dans l’impossible» a confirmé que les Golden Knights étaient bel et bien en séries et le hockey a enfin pris la place centrale après une mise en scène à la Game of Thrones au centre de la glace.

Loin d’avoir les jambes lourdes à la suite de ce long préambule, les Golden Knights ont entamé le match comme ils l’ont souvent fait cette saison: en écrasant l’accélérateur. À force de bourdonner autour du filet de Jonathan Quick, ils ont fait sauter le toit du T-Mobile Arena quand Shea Theodore a mérité l’honneur de marquer le premier but de l’histoire de la franchise en séries, après seulement 3 min 23 s, sur un long tir de la pointe qui a dévié sur quelques joueurs des Kings.

«Les séries, c’est souvent une histoire de matchs chaudement disputés comme celui-là. Il faut s’avoir s’accrocher à de minces avances. Notre style physique et intense nous a permis de s’en sortir», a souligné l’auteur de l’unique but du match.

Carrier impliqué

Sur la séquence, une percutante mise en échec de William Carrier a permis au quatrième trio de poursuivre sa charge en territoire offensif. L’attaquant québécois a d’ailleurs donné les coups d’épaule à un rythme plus effréné que les charlatans distribuent les offres louches sur la Strip. Carrier n’a toutefois pas terminé la rencontre, lui qui semble avoir subi une coupure sous l’œil en troisième période.

«On joue un match solide tous les trois. On se supporte et on s’aide. William n’a pas arrêté de donner des charges de la soirée et ça nous rend le travail plus facile. On l’a vu sur le premier but, qui est parti de rien. Il a donné sa mise en échec et tout d’un coup on a senti que c’était le chaos. Un défenseur qui prend une mise en échec comme celle-là se relève et il n’est plus à 100% concentré à sortir la rondelle, mais plutôt à ne pas se faire frapper encore. Ça a créé une petite tornade de choses positives sur nous», a noté son compagnon de trio, Pierre-Édouard Bellemare.

Duel physique, foule endiablée

Si elle n’existait pas déjà, la rivalité avec les Kings a bel et bien pris son envol avec plusieurs escarmouches et pas moins de 127 mises en échec de part et d’autre. Voilà qui a surchauffé un public déjà gonflé à bloc.

Tout au long de la rencontre, une salle comble déguisée, déjantée et bruyante a définitivement souligné son appui aux Golden Knights. Si certains s’imaginaient que les partisans des Kings, à quatre heures de route, viendraient envahir les lieux, ils ont erré. Les nombreuses animations de foule à la sauce unique de Las Vegas ont encore une fois fait de ce match une fiesta sans pareille.

«C’est une autre première pour notre organisation avec une importante victoire en séries. Nous avons joué un match intense et c’était important de partir du bon pied», a conclu l’entraîneur-chef Gerard Gallant.

Les hostilités reprendront vendredi soir et les Golden Knights pourraient alors miser sur le retour au jeu de David Perron, sur la touche lors du premier match en raison d’une blessure à l’épaule et réévalué quotidiennement.