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Crédit : AFP

Golf

Patrick Reed : ​tous contre un

Publié | Mis à jour

Patrick Reed a impressionné durant deux jours au Tournoi des Maîtres. En ronde finale, alors que les experts l’avaient encensé, ils prédisaient une victoire de Rory McIlroy. Les amateurs se rangeaient aussi derrière l’Irlandais du Nord. L’Américain ne faisait pas l’unanimité, loin de là...

Pourtant, il menait un tournoi du Grand Chelem dans une région où il a grandi. C’est lui qui avait procuré deux championnats nationaux à Augusta State dans les rangs collégiaux. Les spectateurs se sont montrés polis, mais timides à son endroit. Avec ses nerfs d’acier, «Captain America» a gagné le tournoi, et non un concours de popularité.

Son passé trouble, ses excès de confiance dans ses déclarations de jeunesse pas si lointaines et ses liens familiaux brisés ont refroidi les partisans. Ça ne l’a pas empêché de garder le cap et de résister aux charges de Rickie Fowler et Jordan Spieth. Après la ronde finale, il a expliqué avoir ressenti la pression du meneur, non celle de la foule.

Dans un intéressant article de «Golf Magazine», l’auteur Alan Shipnuck a déterré l’histoire qui a ébranlé et divisé la famille Reed. Un récit qui permet d’en apprendre beaucoup sur le visage du golfeur.

En résumé, le golfeur a définitivement rompu ses liens avec les siens à son mariage en 2012. Depuis, sa nouvelle famille, c’est celle de sa conjointe, Justine Karain.

Dimanche, les Reed n’étaient pas à la sortie du 18e vert pour féliciter fiston et célébrer. Ils étaient dans une maison à Augusta à le regarder enfiler son veston vert et festoyer avec la belle-famille, témoigne le récit de Shipnuck. De quoi déchirer le cœur de n’importe quel parent.

En conférence de presse, le champion a dévié des questions à ce sujet en répondant qu’il est sur les parcours pour jouer au golf et gagner des tournois. Il a sans cesse répété qu’il n’a que faire de ce que les gens pensent à son sujet. Il a toujours été un loup solitaire.

Concentré sur sa tâche

En se présentant sur le premier tertre de départ, il s’en est donc remis aux encouragements de sa belle-famille et des espoirs qu’elle fondait en lui. Le reste n’était que futile. Il a cru en ses moyens plutôt que de s’écrouler devant ceux qui n’étaient pas derrière lui.

Vers la victoire, le golfeur de 27 ans a raconté être resté loyal à sa personnalité alors qu’il désirait savourer le moment, avoir du plaisir et jouer comme il en est capable.

«Je suis passé au travers mentalement et j’ai réussi à rassembler tous les morceaux pour jouer 71 (-1), a-t-il expliqué. C’était probablement la ronde la plus difficile que je pouvais vivre.»

Quand il a aligné son roulé d’une distance d’environ trois pieds sur le vert du 18e, il savait qu’il jouait le coup si longtemps tenté dans son imagination lorsqu’il était jeune.

À cette différence qu’il l’exécutait envers et contre tous. Et sans que ses parents héréditaires soient à ses côtés.