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La WBA, le nœud du problème?

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Le brouillard commence à se dissiper dans l’interminable saga du combat de championnat du monde entre Adonis Stevenson et Badou Jack.

Selon les informations obtenues par «Le Journal de Montréal» au cours des derniers jours, il reste encore plusieurs obstacles sur la route avant la confirmation de ce duel qui doit avoir lieu le 19 mai au Centre Bell.

Comme on le rapportait dans notre édition du 3 novembre dernier, le duel Stevenson-Jack devait être une unification WBC-WBA afin que le champion puisse éviter à nouveau un choc contre son aspirant obligatoire, Eleider Alvarez (23-0, 11 K.-O.).

Il y a cependant un hic. Stevenson (29-1, 24 K.-O.) est encore le monarque WBC, mais Jack (22-1-2, 13 K.-O.) a abandonné sa ceinture WBA seulement quelques semaines après l’avoir remportée. Elle est maintenant la propriété de Dmitry Bivol.

Selon nos informations, afin de contourner Bivol, le promoteur Al Haymon aurait tenté de convaincre le président du WBA, Gilberto Mendoza, de mettre le titre de super champion des mi-lourds de son organisation à l’enjeu lors du duel Stevenson-Jack. Comment légitimer ce combat d’unification alors que Jack n’est plus champion? C’est un mystère qui n’a pas encore été éclairci, mais les règlements ne le permettraient pas.

Au moment de mettre sous presse, Haymon n’avait toujours pas conclu d’entente avec Mendoza et le clan d’Alvarez lui avait fixé un ultimatum qui prenait fin à 20 h lundi. S’il n’y a pas de pacte, il ne serait pas surprenant que les conseillers d’Alvarez enclenchent des poursuites judiciaires pour faire respecter les droits de leur boxeur.

C’est assez simple. Si l’unification tombait à l’eau, Stevenson serait obligé de défendre sa ceinture contre Alvarez à son prochain combat. Cela signifie qu’on aurait droit à un appel d’offres entre les deux boxeurs, dont les droits promotionnels appartiennent à Yvon Michel, dès la semaine prochaine.

Du même coup, l’entente d’Alvarez, dans laquelle il devait empocher 1 million $ pour ses deux prochains combats, serait jetée à la poubelle. Si Haymon parvenait à convaincre la WBA et que le duel Stevenson-Jack se produisait, elle serait toujours en vigueur.

Sulaiman en a assez

Si un duel Stevenson-Alvarez revient dans l’actualité, il faut penser qu’il y a eu un changement dans les rapports de force entre le président du WBC, Mauricio Sulaiman, et les acteurs dans ce dossier, en particulier l’homme d’affaires Al Haymon.

Le Mexicain, qui a toujours eu la réputation d’être très permissif envers les champions de son organisation, a décidé de mettre son pied à terre avec Stevenson, mais surtout avec Haymon. Selon nos informations, il serait maintenant déterminé à faire respecter les droits d’Alvarez.

D’une manière ou d’une autre, ce dernier est dans une position enviable. Et ça, c’est un gros pas en avant pour l’aspirant obligatoire et il peut dire merci à son gérant Stéphane Lépine, qui a fait du bon boulot.

Un champion trop gourmand?

Pour revenir à Stevenson, sa relation avec Haymon ne serait plus au beau fixe et il y aurait eu quelques frictions au cours des dernières semaines.

L’un des sujets chauds entre eux concernerait la bourse du prochain duel du champion québécois. Haymon ne souhaiterait plus lui verser le même montant qu’à ses derniers combats. On parle ici d’au moins 1 million $ chaque fois qu’il mettait le pied sur le ring depuis 2014.

Cependant, le marché actuel de la boxe n’est plus le même qu’à l’époque où il s’est joint à Premier Boxing Champions (PBC). Les millions ne coulent plus à flots et les dépenses ont été resserrées au sein de cette organisation.

Stevenson a toujours dit que les knock-out étaient un bon élément de vente pour les réseaux de télé, mais c’est lui qui pourrait être sonné lorsqu’il verra son prochain chèque de paye.