Golf

Patrick Reed résiste et remporte le Masters d'Augusta

Agence QMI / François-David Rouleau 

Publié | Mis à jour

On attendait un duel épique entre Patrick Reed et Rory McIlroy en ronde finale du Tournoi des Maîtres, dimanche. On a plutôt eu droit à une course effrénée entre trois golfeurs à partir du Amen Corner. Reed a finalement tenu le coup pour enfiler son veston vert et remporter un premier titre du Grand Chelem.

L’Américain de 27 ans a eu chaud, très chaud. Il a vu Jordan Spieth, affamé et reniflant l’odeur du sang, grimper les échelons du tableau principal à toute vitesse dans une puissante charge désespérée. Le champion de l’édition 2015 a affiché une retentissante ronde de 64 (-8). Rickie Fowler, lui, un score de 67 (-5).

En voyant fondre son avance, Reed a sauvé les meubles après des débuts plutôt laborieux. Il a collé à son plan de match. S’il avait remis une quatrième carte dans les 60, il aurait été le premier de l’histoire du tournoi à y parvenir. Il a plutôt signé un score de 71, suffisant pour garder la position de tête qu’il occupait depuis vendredi soir, terminant le championnat avec une fiche totale de -15.

«J’ai toujours voulu savoir où je me situe au classement. J’ai bien vu Jordan et Rickie en plein cœur de la tempête. Vers la fin, quand Jordan a fait son boguey, il restait Rickie dans la course si je n’implosais pas. Essayer de gagner son premier majeur, ce n’est vraiment pas évident, a relaté le champion. Je savais que ce serait une véritable bataille de chiens de rue. C’est comme si Dieu me disait “Voyons voir ce que tu as dans le ventre”. Physiquement, c’est correct. Mais mentalement, il faut être solide.»

Reed a su réussir les bons roulés aux moments opportuns, notamment celui pour l’oiselet sur la normale 3 du 12e fanion et celui au 14e.

«De la façon dont ces gars jouaient vers la fin, tirer une ronde sous la normale en ronde finale vers ton premier titre majeur, c’était très difficile. C’est satisfaisant et incroyable d’avoir réussi à tenir sur le retour après un aller difficile.»

Gaffes impardonnables

McIlroy a pourtant tôt fait de montrer les dents afin de compléter son Grand Chelem. Il a été incapable de faire preuve de constance. L’Irlandais du Nord a commis deux gaffes impardonnables alors qu’il avait son fer droit en main. Près des troisième et cinquième fanions, il a exécuté trois roulés.

«Rory» ne s’en est jamais véritablement remis. La confiance ébranlée, il a confié que le doute s’était installé, ce qui l’a souvent placé dans des positions précaires. Il a signé une dernière carte de 74 (+2) en dégringolant au cinquième échelon à -9, à égalité avec Cameron Smith, Bubba Watson et Henrik Stenson. Le dernier chaînon manquant à son Grand Chelem attendra donc une année de plus.

«C’est frustrant. C’est difficile de retenir du positif présentement. Au moins, j’ai pu me placer dans la course. C’est ce que je voulais faire. Depuis quatre ans, je termine dans le top 10, mais je n’ai jamais été assez près pour mener. Aujourd’hui, j’y étais. Je n’ai pas assez bien joué. Je serai de retour l’an prochain.»

Spieth en feu

Jamais un golfeur n’avait réalisé l’exploit d’effacer plus de huit coups de retard au Tournoi des Maîtres. Jusqu’au 18e fanion, Spieth était en voie de réécrire l’histoire afin d’embêter son compatriote texan. Un boguey au trou final a anéanti ses chances. Mais quelle ronde a-t-il joué ! Neuf oiselets, dont cinq à l’aller. Il était à neuf coups de Reed à l’aube de la finale.

«Avec huit golfeurs devant moi en début de journée, réussir une si bonne ronde était quasi impossible. J’ai quand même frôlé l’impossible. Je jure n’avoir jamais regardé le tableau. J’ai tout fait correctement. Les autres golfeurs ont écrit leurs histoires avec leurs exploits. Quand tu gagnes, c’est parce que tu profites de tes chances. Je le sais pour l’avoir vécu», a-t-il lancé, fier que son compagnon ait résisté à la pression.

Spieth a finalement vu Fowler le devancer à la ligne d’arrivée. Il a donc terminé au troisième rang avec une fiche cumulative de -13.

Une fois de plus

À force de récolter les secondes places, sa troisième dans les tournois majeurs, Fowler a vraiment la couenne dure. Il avait pourtant fait tout ce qu’il fallait afin de finalement savourer une première conquête majeure. Il a été dans la course jusqu’à la toute fin.

«Ça va faire mal. J’essaie de voir le verre à moitié plein, a souligné le populaire golfeur de 29 ans. Seul au deuxième rang, c’est mieux que de le partager. C’était une belle semaine pour se positionner dans la course. J’ai crocheté tous mes objectifs en préparation à ce tournoi. J’étais prêt à gagner. Malheureusement, je suis arrivé à court d’un seul coup.

«Par contre, nous avons pu garder Patrick modeste, a-t-il enchaîné. Nous avons fait en sorte qu’il mérite cette victoire.»

Fowler ne désespère pas ; il sait que son tour viendra. Il sait comment s’y prendre. Bien qu’il désirait enfiler le veston vert, il regarde vers l’Omnium américain, qui sera disputé à Shinnecock Hills, près de New York, en juin.