Lutte

Sur la route de WrestleMania: un WrestleMania à saveur québécoise!

Sur la route de WrestleMania: un WrestleMania à saveur québécoise!

Patric Laprade

Publié 06 avril
Mis à jour 06 avril

La route vers WrestleMania est officiellement commencée. J’aurai donc une chronique par jour d’ici à mardi prochain. Hier, je vous ai fait un résumé télévisuel de la semaine dans l’univers de la WWE avec en bonus cartes complètes de NXT TakeOver et WrestleMania 34. Aujourd’hui, je vous parle des forts liens entre le Québec, La Nouvelle-Orléans et WrestleMania. De samedi à mardi, je vous parlerai en direct de La Nouvelle-Orléans afin de vous résumer et de vous entretenir sur toute l’action qui s’y trouve.

Tout comme WrestleMania, La Nouvelle-Orléans et la Louisiane ont un historique très intéressant pour un Québécois.

La ville fut fondée par les Français en 1718, soit dans la foulée d’autres villes comme Québec, Trois-Rivières, Montréal et Detroit. Suite à la guerre entre les Français et les Anglais et la fameuse bataille des plaines d’Abraham, La Nouvelle-Orléans est cédée à l’Espagne, avant de revenir aux Français. Mais Napoléon vendit finalement la Louisiane au grand complet aux Américains en 1803. Dernier bastion français en Amérique du Nord, la langue française y est encore très présente, grâce aussi à deux importants exodes créoles au début du 19e siècle, même si un très faible pourcentage de la population la parle encore. Fortement influencée par leur origine française, canadienne-française, acadienne et créole, c’est une ville intéressante à visiter pour un Québécois. On peut marcher sur la rue Iberville ou la rue St-Denis par exemple et la fleur de lys y est omniprésente.

Le Québec a aussi une histoire avec WrestleMania.

En 1986, les jeux étaient faits pour Lutte Internationale, dernière promotion locale d’importance au Québec. En février, les frères Rougeau étaient partis pour la puissante WWF de Vince McMahon et par l’automne, c’était au tour des Dino Bravo, Rick Martel, Tom Zenk, Frenchy Martin et King Tonga, tous des joueurs importants au sein de l’écurie de Gino Brito, de quitter pour un pâturage plus vert.

Lorsque WrestleMania III arrive, à la fin mars 1987, plusieurs Québécois et lutteurs ayant marqué le Québec s’y trouvent.

Rick Martel et Tom Zenk, la Can-Am Connection, remportent le match d’ouverture. Dino Bravo remplace Brutus Beefcake dans le «Dream Team» avec Greg Valentine. Beefcake et Valentine avaient battu les frères Rougeau. Little Beaver, Lionel Giroux de son vrai nom, l’un des meilleurs lutteurs nains de tous les temps, participe à un match 3 contre 3 avec entre autres King Kong Bundy et Hillbilly Jim. Édouard Carpentier, Guy Hauray et Frenchy Martin s’occupaient de la description en français alors que bien évidemment, le Géant Ferré (André the Giant) affrontait Hulk Hogan en grande finale de l’événement.

C’est ironique de voir à quels points tous ces lutteurs avaient un fort lien avec les amateurs québécois, quand on sait que trois mois plus tard, Lutte Internationale fermait définitivement ses portes.

(Une des nombreuses bannières faisant la promotion des lutteurs de la WWE à Axxess)

Et tout comme le français à La Nouvelle-Orléans et en Louisiane, la présence québécoise à WrestleMania a diminué par la suite. Certes, le début des années 90 a vu Jacques Rougeau dans son personnage de police montée et ensuite en Québécois avec Pierre-Carl Ouellet, mais un grand vide s’est créé par la suite. Bien que les années 2000 aient vu Chris Benoit (jamais considéré comme un Québécois par les amateurs), Sylvain Grenier et Maryse Ouellet, le vide ne s’est jamais rempli jusqu’à l’arrivée de Kevin Owens et Sami Zayn.

Presque 30 ans après WrestleMania III, Owens et Zayn ont participé à leur premier WrestleMania à Dallas en 2016, alors qu'ils ont ouvert l’événement dans un match d’échelles qui fut l’un des meilleurs combats de la soirée. L’an dernier, Owens affrontait Chris Jericho et dans un clin d’œil au passé, Zayn faisait partie la bataille royale en l’honneur du Géant Ferré. Cette année, ils font partie d’un des deux matchs les plus en vus de la carte officielle.

Plus que WrestleMania

Ce qui a été vu pendant des années comme étant l’événement à ne pas manquer à la WWE a pris des proportions complètement folles dans les dernières années. Du côté de la WWE, ce n’est plus juste WrestleMania. C’est aussi Axxess, le Comic-Con de la WWE, où on peut avoir photos et autographes des lutteurs, voir la collection impressionnante de souvenirs reliée à l’organisation, prendre une photo dans la fameuse cage à requins, commenter un match et même voir des combats, alors que les lutteurs de NXT et des promotions avec lesquelles la WWE ont des ententes, comme Progress et Evolve, y luttent chaque jour entre le jeudi et le dimanche.

(Sasha Banks rencontrait ses fans hier à Axxess)

WrestleMania c’est aussi maintenant le Temple de la Renommée le vendredi soir, l’événement de NXT le samedi, ainsi que Raw et SmackDown Live après Mania, qui sont devenus, principalement Raw, des phénomènes en soi.

Mais avec 100 000 amateurs de lutte réunis au même endroit, WrestleMania c’est bien plus que ça encore.

L’an dernier, il y avait plus de 70 événements liés à la lutte professionnelle, que ce soit des spectacles de lutte, des sessions de questions et réponses (Q&A) ou des one-man show.

Toutes les promotions du circuit indépendant ou presque y présentent un événement, souvent devant une bien plus grosse foule qu’à l’habitude. Progress, Evolve, Revolution Pro, Lucha Underground, Impact, Ring of Honor, SHIMMER, CZW, Beyond Wrestling ont tous des événements dans le coin ce weekend. Hier soir, Paul Heyman faisait un one-man show. Jim Ross en fait un également. Le rapper Wale organise WaleMania depuis quatre ans, le seul endroit où Mark Henry, Eddie

Edwards, le journaliste Dave Meltzer et Mickie James peuvent se retrouver dans la même section VIP. C’est l’équivalent pour l’amateur de lutte qu’un enfant à Disney!

D’autres Québécois à part Owens et Zayn

Si Owens et Zayn vont retenir toute l’attention à compter de dimanche soir, d’autres Québécois profitent de ce genre de fin de semaine.

Celle qui terminera sa carrière avec le titre de meilleure lutteuse de l’histoire de la province, LuFisto (Geneviève Goulet), lutte trois fois cette fin de semaine. Elle faisait Beyond Wrestling hier soir, un événement qui commençait à minuit hier, oui minuit, parce que vous comprendrez que tous les shows ne peuvent être présentés de 20h à 22h! Elle sera au gros événement de la WWN ce soir à 20h et samedi, elle sera à SHIMMER, la promotion de lutte féminine par excellence en Amérique du Nord, à 16h. Trois combats en trois jours, ce qui n’est pas rare ici. Certains lutteurs vont lutter huit ou même neuf fois.

L’ancien champion par équipe de la WWE, Pierre-Carl Ouellet, aussi connu sous le nom de PCO, sera aussi de la partie. Le vétéran a fait un retour récemment et il n’arrête pas d’avoir des éloges par la nouvelle génération. Motivé comme jamais, il veut prouver qu’il est encore capable et affrontera l’Autrichien Walter ce soir. Ce dernier fait partie des sensations sur la scène indépendante et un gars qui intéresse la WWE d’ailleurs.

L’expérience WrestleMania est maintenant presque aussi grosse que celle liée au SuperBowl. Certains diront plus, mais la différence se trouve au niveau des cotes d’écoutes pour l’événement principal du weekend. Néanmoins, pour l’amateur de lutte, c’est SON weekend, sa semaine même, car quand on y pense, les festivités débutent le jeudi et se terminent le mardi.

En Nouvelle-Orléans, si les événements ont une heure de début et de fin, entre le casino, les boutiques sur la rue Canal et la fameuse et incontournable rue Bourbon, les heures de sommeil se font aussi rares que les victoires de Curt Hawkins.

Si je me suis fait à l’idée que ce spectacle ne se déroulera jamais à Montréal, je me console en voyant la WWE et WrestleMania vibrer au cœur d’une ville qui a les mêmes origines, les mêmes noms de rues et la même fleur de lys!

Les festivités de WrestleMania sont officiellement commencées et comme on dit ici, laissons le bon temps rouler!