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Eugenie Bouchard : une confiance ébranlée

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Sylvain Bruneau confirme : la Montréalaise Eugenie Bouchard a largué son entraîneur Harold Solomon. Du moins «pour le moment».

Écoutez les commentaires de Sylvain Bruneau dans la vidéo, ci-dessus.

À moins d’un revirement dans ce dossier, la 111e raquette de la WTA sera donc à la recherche d’un troisième entraîneur en moins d’un an.

Après avoir été délaissée par Thomas Högstedt au mois de septembre, Bouchard a travaillé avec Solomon pendant l’hiver. Il était le cinquième joueur mondial en 1980 et finaliste de Roland-Garros en 1976. 

«Il n’était pas avec elle à Miami ou Charleston», a affirmé Bruneau, entraîneur chez Tennis Canada, sur les ondes de LCN, jeudi matin.

«Ils ont travaillé ensemble jusqu’au tournoi d’Indian Wells. Ils ont fait un bout de chemin ensemble. Après, il y a eu des complications et elle s’est éloignée.»

Sans critiquer la joueuse de Westmount, Bruneau ne se montre pas en faveur d’une valse d’entraîneurs pour une athlète qui doit faire preuve d’une plus grande stabilité sur le court.

«Je prône toujours la stabilité des entraîneurs. Ça c’est certain. De [souvent] changer les gens autour de soi, je ne crois pas que ce soit toujours bénéfique, a-t-il prévenu.

«Parfois, malgré les défaites et les moments difficiles, il faut passer à travers les tempêtes.»

À écouter Bruneau, Solomon n’était possiblement pas assez à l’écoute de Bouchard ou ne parvenait simplement pas à la motiver pendant la durée de leur association, ce dont elle recherche chez un entraîneur.

«Ce qui est important pour elle, c’est d’être avec un entraîneur qui la comprend, qui la soutient et qui sera capable de l’aider à retrouver cette étincelle, cette confiance qui est vraiment manquante.»

«Elle met les bouchées doubles»

Mardi, Bouchard a été vaincue en deux manches identiques de 6-4 contre l’Italienne Sara Errani dans un match de premier tour à Charleston, en Caroline du Sud, pliant bagage d’entrée de jeu lors d’un troisième tournoi cette année.

La joueuse de 24 ans avait été incapable de se qualifier au tableau principal du récent tournoi de Miami et semble chercher des réponses lorsqu’elle se trouve sur la surface de jeu.

«C’est difficile, a reconnu Bruneau. D’autant plus qu’elle travaille très fort et se prépare bien sur le terrain et dans les salles d’entraînement.

«Ce n’est pas facile, parce qu’elle accumule beaucoup de défaites au premier tour. Il y a un espace important entre les matchs et les tournois. Elle s’attend à jouer du bon tennis parce que la préparation est là.»

«Lorsqu’elle est dans le feu de l’action avec les attentes, elle n’y arrive pas.»

Pour Sylvain Bruneau, l’éthique de travail n’est pas à remettre en cause. Le problème se situe plutôt sur le plan psychologique.

«C’est en grande partie sa confiance. Je pense que c’est quelque chose d’important.»

«Le talent est là, on ne peut questionner ça. Lorsqu’on n’arrive pas à gagner des matchs et lorsque le doute s’installe, ça peut devenir une spirale assez difficile.»

Une personne scrutée

Depuis ses débuts professionnels sur le circuit de la WTA, Bouchard est sous les projecteurs et les commandites se sont enchaînées. Le fait d’être autant exposée engendre son lot d’attentes chez son public.

L’ancienne numéro cinq mondiale (2014) étouffe possiblement sous cette pression, comme elle l’a laissé entendre à la Coupe Rogers, l’été dernier, lorsqu’elle a déclaré ne plus vouloir être la porte-drapeau du tennis canadien.

«C’est une personne très scrutée, on s’attend à beaucoup d’elle et les gens se déplacent en grand nombre pour la voir jouer partout où elle va. Il y a une pression additionnelle du fait qu’elle a déjà très bien joué et pourquoi c’est si compliqué maintenant.»

«Tout ça ensemble, ça rend les choses difficiles.»