Lutte

Destination Los Angeles: le documentaire sur André The Giant, 2e partie

Destination Los Angeles: le documentaire sur André The Giant, 2e partie

Patric Laprade

Publié 30 mars
Mis à jour 30 mars

Une soirée inoubliable.

C'est la meilleure façon de décrire la première mondiale du documentaire sur le Géant Ferré.

Une soirée réussie à tous les niveaux. Une salle remplie. Des invités de marque tels que le grand manitou de l'UFC Dana White, l'acteur Vince Vaughn, l'un des meilleurs boxeurs de la planète en Gennady Golovkin, l'entraîneur Freddy Roach, l'ancien joueur de la NBA Roy Hibbert, la journaliste d'ESPN Rachel Nichols et bien sûr les lutteurs ou anciens lutteurs Hulk Hogan, Big Show, Mark Henry, Rey Mysterio, Triple H et Stéphanie McMahon.

Mais surtout, un documentaire d'une très grande qualité.

Selon mon collègue Kevin Raphael, c'est non seulement le meilleur documentaire sur la lutte qu'il ait vu, c'est l'un des meilleurs documentaires sur le sport point.

Et c'était l'opinion générale d'ailleurs.

La première personne que je suis allé voir après la présentation a été le neveu d'André, Boris Roussimoff. Curieusement, il habite dans le grand Montréal depuis plus de 25 ans et était l'un des deux seuls membres de la famille présents hier.

J'avais déjà ma réponse avant même qu'un mot sorte de sa bouche. Son visage, son non-verbal disaient tout. Un mélange de joie et d'émotion. Quand il a pu trouver les mots, il était fier. Fier d'être un Roussimoff. Fier de ses parents interviewés pour la première fois dans un documentaire. Fier de représenter sa famille. La fille d'André, Robin, a également aimé ce qu'elle a vu.

Le documentaire survole la carrière du Géant, mais plus particulièrement l'homme derrière la légende. On joue beaucoup avec nos émotions. On rit, on vient les yeux plein d'eau, c'est drôle et touchant à la fois, en plus d'être factuel et vrai.

Hulk Hogan y est excellent. Le MVP du documentaire. Vince McMahon le suit de près. Pour le réalisateur Jason Hehir, l'important était de raconter la vraie histoire et non pas les légendes urbaines racontées sur le Géant depuis des décennies. Il a donc assemblé une équipe capable de lui donner ce résultat. Deux de ses frères et sa fille pour le côté personnel, Pat Patterson et Mean Gene Okerlund pour la lutte, un dosé Ric Flair qui vient "puncher" comme un humoriste l'aurait fait, Robin Wright (House of Cards) et Billy Crystal pour le film Princess Bride (Princesse Bouton d'Or), Jackie McAuley pour les années où André a vécu sur son ranch, Dave Meltzer et David Shoemaker pour l'aspect historique et journalistique ainsi que Gino Brito et moi-même pour les débuts d'André et son arrivée à Montréal.

Le documentaire sera diffusé le 10 avril prochain à 22h sur les ondes de HBO Canada. 

 

(Mark Henry, Big Show et Rey Mysterio étaient parmi les invités à la première mondiale)

Montréal, plus importante qu’on le pense

Montréal a vraiment été une plaque tournante pour le Géant. Plus qu'on le laisse croire dans n'importe quel ouvrage fait sur lui, incluant celui-ci. J'apporte un bémol cependant. Il est plus difficile d'aller en profondeur sur chaque aspect de la vie et de la carrière d'un homme comme André dans un documentaire de 90 minutes. Ceci dit, pour la première fois par contre, les choses sont au moins racontées de la bonne façon.

C'est à Montréal qu'on lui a attribué la grandeur de 7 pieds 4 pour la première fois. Pas à New York comme c'est souvent mentionné. C'est à Montréal qu'on l'a fait naître à Grenoble dans les Alpes françaises, pas ailleurs. Pourquoi? Parce qu'à son arrivée en Amérique du Nord, Montréal a été le premier territoire qu'il a travaillé. Et en juin 1971, on était trois ans seulement après les Jeux Olympiques de Grenoble de 1968, alors Grenoble était une ville française connue du public.

De plus, quoi de mieux que de dire qu'un géant vient des Alpes? Ça rend le tout encore plus grand. Aussi, pour la première fois à l'écran, on raconte comment le Géant est devenu André The Giant et non, ce n'est pas Vince McMahon le père qui en a eu l'idée, mais bien un promoteur de Chicago, Dick The Bruiser.

En anglais, Giant Ferré peut sonner comme Giant Fairy, qui veut dire fée géante : un peu moins vendeur, mettons! Alors, puisque son prénom était André, on a fait ça simple: André The Giant. Malgré que la WWE soit coproductrice du documentaire et que celle-ci soit reconnue pour revisiter l'histoire à l’occasion, ce n'est pas le cas ici.

Toutefois, on n'a pu y inclure que le Géant a habité Montréal pendant toute la décennie 70 avant de s'établir à Ellerbe, en Caroline du Nord. Ou qu'il a été co-promoteur de Promotions Varoussac (Lutte Internationale) au début des années 80. Tout comme on n'a pas mentionné qu'André et Hogan en février 1988 ont enregistré les plus fortes cotes d'écoute de l'histoire de la WWE.

Le documentaire aurait pu durer trois heures. Il en fallait 90 minutes et surtout, il fallait raconter une histoire dans cette heure et demie là. Le travail de Hehir a été colossal à ce niveau et comme n'importe qui ayant travaillé sur un projet similaire le sait, c'est toujours une tâche ingrate de décider ce qu'on garde et ce qu'on rejette.

Somme toute, c'est un documentaire qui devrait plaire à tous. Autant à l'amateur de lutte qu'à celui qui a connu André que de nom. HBO, la WWE et Bill Simmons ont pleinement réussi leur pari.

Beaucoup de respect pour André

Une chose qui m’a frappé c’est le respect qu’on porte à André, 25 ans après son décès. Vous voulez savoir à quel point ? Lors de la soirée suivant le visionnement, on y servait que de la nourriture française. On avait même placé une vieille voiture française dans le coin du club.

WrestleMania III : 31 ans déjà

Bien qu’une simple coïncidence, la première d’hier était présentée 31 ans jour pour jour après le combat historique entre Hulk Hogan et André, à WrestleMania III à Pontiac au Michigan. C’est d’ailleurs le point culminant du documentaire.

On ne fait pas les choses à moitié

 

Comme vous pouvez le constater sur cette photo, on ne fait pas les choses à moitié avec ce documentaire. Voici une affiche géante, juste à côté de mon hôtel, à quelques minutes de marche de Sunset Boulevard à Hollywood. J’en ai eu des frissons !