Lutte

Envers et contre tous, l’histoire de Daniel Bryan

Envers et contre tous, l’histoire de Daniel Bryan

Patric Laprade

Publié 22 mars
Mis à jour 22 mars

L'histoire de Daniel Bryan en est une pas comme les autres. Il est l'éternel négligé, l'éternel «underdog». Oubliez Rocky Balboa contre Apollo Creed. Il est le cheval coté à 100 contre 1 dans une course perdue d'avance.

Après tout, Bryan, de son vrai nom Bryan Danielson, n'a jamais été évalué par la WWE à sa juste valeur. Trop petit en 2001. Congédié injustement en 2010. Une défaite en 18 secondes face à Sheamus à WrestleMania 28. Puis à WrestleMania 30, il était à peine dans les plans avant que les partisans et le destin fassent tourner le vent de bord.

Et chaque fois, il a donné tort à ses détracteurs.

Alors est-ce vraiment surprenant qu'il ait annoncé mardi son retour dans l’arène après avoir pris une retraite forcée en février 2016 suite à de multiples commotions cérébrales?

Daniel Bryan et son discours de retraite en février 2016

J'avoue que je faisais partie de ceux qui n'y croyaient pas. Pour plusieurs raisons. Le Dr. Joseph Maroon, sur qui la WWE a une entière confiance, ne lui avait pas donné le feu vert. Et avec les différentes poursuites que la WWE a reçues de la part d'anciens lutteurs alléguant qu'ils avaient subi des commotions cérébrales sans avoir été avisés des méfaits sur la santé, je me disais qu'il serait surprenant que Dr. Maroon change d'idée.

C'était mal connaître Bryan.

Il a pourtant tenté de quitter le monde de la lutte, mais avec une femme lutteuse, une belle-sœur lutteuse et un beau-frère qui est la plus grande star de la compagnie, c’était peine perdue. Après avoir vécu plusieurs mois de frustrations et de découragements, l’athlète de 36 ans a redoublé d’ardeur afin que son dossier soit accepté. Le seul signe encourageant? Certains médecins à l’extérieur de la WWE lui avaient dit qu’il pouvait continuer sa carrière. Mais l’homme à convaincre était Maroon.

Il a d’abord suivi plusieurs traitements dans une chambre hyperbare, faisant pénétrer de l’oxygène en profondeur dans l’ensemble de son corps afin de réparer les cellules endommagées. Puis, il y a deux mois, il est retourné voir Maroon, qui ne lui a toujours pas donné le feu vert. C’est alors que Bryan lui a demandé de le référer à ceux qu’il considérait comme les plus grands experts en la matière, ceux en qui il avait le plus confiance. Un à un, il les a rencontrés et un à un, ils ont conclu que Bryan était apte à retourner dans le ring. C’est à ce moment que ses chances ont augmenté.

Mais la décision finale revenait quand même à Maroon.

Parallèlement, à l’interne, on planifiait un match entre Kevin Owens et Sami Zayn contre Shane McMahon et un partenaire pour WrestleMania, une rivalité qui tient depuis plusieurs mois entre les Québécois et le fils du patron. Le partenaire idéal serait Daniel Bryan bien évidemment, lui qui est le directeur général de l’émission, sous les ordres du commissaire McMahon. Mais il fallait attendre. Entre temps, le développement de l’histoire pouvait tout de même suivre son cours avec Shane-O-Mac et on avait un plan B si jamais le retour de l’ancien champion ne se concrétisait pas.

Après avoir reçu les diagnostics de ses estimés collègues, Maroon a rencontré et a testé Bryan lundi soir dernier dans ses bureaux à Pittsburgh. Mardi matin, il rendait finalement le sien, celui tant attendu, avec le résultat qu’on connait. Il devenait le dernier d’une longue liste de médecins à lui donner le feu vert dans les 23 derniers mois, mais sans aucun doute le seul qui comptait aux yeux de la WWE.

Le discours de retour de Daniel Bryan, deux ans plus tard

Alors pour ceux qui croient que c’est une façon pour la WWE de faire un coup d’argent à la veille de WrestleMania, détrompez-vous. Ce n’est pas la WWE qui a harcelé Bryan pour qu’il revienne. À la limite, c’est plutôt l’inverse. Au nombre de fois qu’il s’est fait dire non, il faut lui donner tout le crédit pour son retour. Il a probablement passé plus de tests que n’importe quel athlète et c’est loin d’être terminé. En effet, après chaque match, Bryan devra subir des tests d’impact et des examens neuropsychologiques, afin d’être sûr que les dommages ne reviennent pas, un protocole que même les hockeyeurs ou footballeurs n’ont pas à suivre à leur retour d’une commotion. Encore là, rien d’abusif du côté de la WWE alors que cela faisait partie de la proposition de Bryan lorsque celui-ci a tenté le tout pour le tout auprès de Maroon.

Qu’est-ce qui attend D-Bry après WrestleMania 34?

Alors pour ceux qui se le demandent encore, oui, Daniel Bryan sera à WrestleMania! Si vous n’êtes pas convaincus, regardez le segment final de SmackDown Live cette semaine.

Owens et Zayn attaquent Daniel Bryan

Shane McMahon et Daniel Bryan affronteront Kevin Owens et Sami Zayn, un match d’envergure pour nos Québécois. Lutter contre un McMahon l’est toujours, mais de plus, le retour de Bryan sera, avec les débuts de Ronda Rousey, ce qui attirera davantage l’attention des amateurs à La Nouvelle-Orléans. Bryan a toujours continué de s’entraîner, pas dans un ring bien évidemment, mais il faisait entre autres du jujitsu. Pour ce qui est du reste, on parle d’un gars qui n’a pas lutté depuis près de trois ans et qui va tout de même être meilleur que 75%, sinon plus, de l’alignement actuel de la WWE. Par la force des choses, il n’a su que mardi après-midi ce qu’il allait faire à SmackDown Live et n’a pas eu l’air d’un gars qui avait perdu quoi que ce soit.

L’horaire de Bryan après WrestleMania n’est cependant pas encore connu. Il serait surprenant de le voir lutter chaque semaine, mais avec ses qualités d’orateurs, il peut tout de même faire avancer une histoire. Il pourrait aussi avoir un horaire plus léger sur les événements non-télévisés. Pas sûr qu’on lui donnerait un titre non plus, parce que c’est toujours plus problématique d’enlever quelqu’un des scénarios quand il est champion. Bien honnêtement, il n’en a pas besoin. Il y a tellement de matchs de rêves dans lesquels Bryan peut être impliqué, qu’on peut le tenir loin d’un championnat. Je pense notamment à Shinsuke Nakamura, AJ Styles, Owens, Zayn, Samoa Joe, Finn Balor, Le Miz, Cedric Alexander, Adam Cole, Pete Dunne et j’en passe.

Daniel Bryan vient d’écrire un nouveau chapitre de sa rocambolesque histoire. Encore une fois, contre toute attente, envers et contre tous, il a déjoué les pronostics. Un bel exemple de persévérance, de combativité et de volonté.

Et il n’a qu’une seule personne à remercier : lui-même.

Raw et SmackDown Live à Montréal : mise à jour sur la vente de billets

La vente de billets pour les deux événements télévisés de Montréal se porte bien. Pour Raw le 30 avril, le meilleur billet disponible se trouve dans les sections 300. Le parterre ainsi que les sections 100 et 200 sont complets. Ce qui veut dire qu’on est assuré d’avoir au moins 10 000 personnes à Raw. Pour SmackDown Live, les choses vont un peu plus lentement. Bien que les meilleurs billets soient vendus, on peut encore acheter huit billets dans les dernières rangées du parterre ou dans certaines sections 100. Une publicité qui vient tout juste de débuter à TVA Sports, jumelé au retour de Daniel Bryan pourrait faire avancer davantage la vente. Mais plusieurs attendent aussi un possible «shake-up», la fois dans l’année où certaines vedettes changent d’émission, habituellement peu de temps après WrestleMania, afin d’être sûr de voir leurs lutteurs préférés. De plus, Montréal a toujours été une ville de «walk-up», c’est-à-dire des amateurs qui décident d’acheter des billets la journée même. J’ai prédit depuis l’annonce que les deux événements attireraient plus de 10 000 spectateurs chacun et je crois encore qu’il est possible d’atteindre cet objectif, ce qui serait digne des plus gros marchés de la WWE.