Patinage

Charles Hamelin repousse sa retraite

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Le clou sur lequel Charles Hamelin prévoyait accrocher ses patins au lendemain des Championnats mondiaux de Montréal va rouiller tout seul. À bientôt 34 ans, non seulement le patineur le plus prolifique de l’histoire canadienne de la courte piste repousse la retraite d’une année, mais il ne ferme même plus la porte aux Jeux olympiques en 2022.

«Je ne peux pas dire non. Je continue une année et je vais voir ensuite ce qui se passe. Ça se peut que je me rende dans l’année deux, puis l’année trois, puis l’année quatre, puis que je m’essaie encore pour les Jeux. Mais pour l’instant, j’y vais une année à la fois et j’y vais vraiment jusqu’à la fin de la saison 2019. Après les mondiaux de 2019, je ferai le point sur ce que je veux faire», a expliqué le quintuple médaille olympique dans ce qui devenait la nouvelle du jour, mercredi, lors du lancement des championnats mondiaux de patinage de vitesse de Montréal.

«J’ai pris des décisions»

Si les organisateurs de ces mondiaux souhaitaient du croustillant pour mousser leur événement à l’aréna Maurice-Richard, de demain à dimanche, le doyen barbu de l’équipe canadienne y a contribué mercredi.

«J’ai pris des décisions à mon retour des Jeux», a-t-il débuté lorsqu’il a été invité à prendre la parole devant l’audience. Le réflexe non avoué de la salle a été de remonter à l’annonce de sa séparation amoureuse de Marianne St-Gelais, qui a secoué la planète sociosportive il y a une semaine, mais c’était plutôt pour dévoiler que sa retraite, si souvent évoquée durant la dernière année, allait attendre.

«Quand je suis revenu à Montréal [après les Jeux] et que j’ai recommencé à patiner, je voyais comment les entraînements allaient bien, malgré le décalage horaire, la fatigue, les Jeux et toute la pression. Ça allait tellement bien que je ne me sentais pas prêt à arrêter après les Mondiaux», a-t-il expliqué plus tard.

«J’en ai parlé à plein de monde, à mon père, mon frère, mon entraîneur, mon préparateur mental, à des amis. Quand je leur disais ce que je pensais, ils m’ont tous répondu la même chose : on le savait que tu allais continuer, ça se voyait dans tes yeux et dans ton patinage.»

Un rôle de mentor

Les patineurs dans l’antichambre, qui croyaient qu’un poste allait devenir disponible au sein de l’équipe canadienne, devront revoir leurs ambitions. Multiple médaillé à des Championnats du monde depuis 2004, en plus d’avoir dépassé la centaine de podiums en Coupe du monde, Hamelin persiste. C’est justement pour la prochaine génération de patineurs qu’il dit le faire.

«C’est une satisfaction personnelle de dire que j’ai été dans le sport depuis tellement longtemps, que j’ai montré l’exemple, que j’ai inspiré des gens. Maintenant, je patine avec des gens pour qui j’ai été leur idole quand ils étaient jeunes. Je suis là pour leur montrer la façon de faire maintenant qu’ils sont rendus dans l’équipe nationale. Si je suis capable de les aider, de leur permettre d’arriver à une compétition moins stressé et de mieux performer, ce sera mission accomplie pour moi. Ensuite, le Canada va juste être meilleur. C’est quelque chose qui me satisfait personnellement...»

Apprendre à gérer ses émotions

Marianne St-Gelais a l’expérience de huit Championnats du monde, mais ceux de Montréal lui passent une commande qu’elle n’a jamais connue : comment patiner en sachant que c’est pour la dernière fois?

«Je ne pense pas qu’il y aura de problèmes avant dimanche. À ce moment, ce sera concret, ce sera vraiment ma dernière journée, mes dernières courses. Ça va se sentir dans l’air, ma famille et mes amis vont être là, le présentateur va le savoir aussi et il va sûrement le rappeler!», anticipe la patineuse de 28 ans, qui a inscrit comme meilleur résultat individuel aux Jeux de Pyeongchang sa 11e place au 1000 m.

«Marianne s’en va quand même»

Vice-championne du monde des deux dernières années, l’athlète originaire de Saint-Félicien aimerait quitter pour de bon avec un autre podium au classement cumulatif des mondiaux de Montréal.

«C’est ce que je souhaite, mais, en même temps, je n’ai pas l’impression que c’est cette compétition qui va définir ma carrière. Si je suis championne du monde, je vais quand même être sur mon départ. Les émotions et la fébrilité vont être là. Ça va rendre le tout plus féérique et “wopidou”, mais Marianne s’en va quand même. Il y a cette portion qu’on ne peut pas oublier...»