Crédit : Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE

Boxe

Francis Lafrenière, le boxeur venu de loin

Francis Lafrenière, le boxeur venu de loin

Bernard Barré

Publié 12 mars
Mis à jour 12 mars

21 septembre 2013, au Forum de Halifax, Francis Lafrenière est sur le ring, attendant le verdict de son combat contre Stuart McLellan, le favori local, se doutant bien que ce serait une cinquième défaite à sa fiche, lui qui n’a que trois victoires en 10 combats à ce moment là. Un scénario qui le dirige quasi assurément dans un rôle de «Journeyman» de la boxe professionnelle.

Plusieurs auraient accroché leurs gants sur le mur du garage. Continuer dans un rôle de faire-valoir, avec tous les dangers que ça implique, est assurément dangereux. Mais c’est mal connaître «The People’s Champ».

Moins de deux mois plus tard, bien préparé par les frères Grant, il remportait une victoire dans sa cour à Pointe-Claire, la première d’une longue série de 13, qui l’ont propulsé dans le prestigieux top 10 mondial. Un véritable conte de fée dans un monde impitoyable.

Le 15 mars, dans quelques jours, ce revenant des catacombes (16-5-2, 9 K.-O.), défendra son titre de champion NABO des poids moyens, contre un vétéran rusé, Albert Onolunose (22-1-1, 7 K.-O.) de Calgary et il sera le favori. Quel revirement de situation!

La recette en est une de travail de chien enragé. Conscient que son talent naturel moyen n’est pas gage de succès, il s’est investi dans des préparations spartiates. Son acharnement à briser l’adversaire nous rappelle un Gaétan Hart des années 1970 et 1980. Jouer à la main chaude avec lui, c’est se préparer à passer la nuit debout et à pleurer sa vie.

Sa victoire sur le dur cogneur Renan St-Juste, dans le combat de l’année sur la scène locale en 2016, n’est pas près d’être oubliée. Son courage et sa solidité face aux coups de marteau du gaucher de Repentigny ont émerveillé la foule et conquis le cœur de milliers de nouveaux partisans.

Où s'arrêtera-t-il? Aura-t-il une chance, un jour, en combat de championnat du monde? Une chose est certaine, personne n’aurait pu prédire un tel revirement de situation.

Après avoir parcouru tout ce chemin, il ne peut quitter le ring du Casino de Montréal avec une défaite dans quelques jours. Les conséquences seraient terribles. Quand on a les deux mains sur le coffre au trésor, on ne veut pas qu’il disparaisse par magie. On veut l’ouvrir.

Francis Lafrenière, aspirant mondial! Je n’en reviens pas encore. Quel phénomène. Coteau-du-Lac est «sur la mappe». Souhaitons que ce soit pour longtemps. Le gars le mérite tellement.