Lutte

Dino Bravo, 25 ans plus tard: vu par sa femme et sa fille

Dino Bravo, 25 ans plus tard: vu par sa femme et sa fille

Patric Laprade

Publié 10 mars
Mis à jour 10 mars

Dino Bravo a été un lutteur et un champion adulé des amateurs de lutte du Québec et d’ailleurs. Il a connu gloire, popularité et succès pendant vingt ans. Mais Dino Bravo, c’était aussi Adolfo Bresciano – Adolphe comme sa famille l’appelait – un fils, un mari et un père. En ce triste 25e anniversaire de son décès, et pour la toute première fois, sa femme et sa fille nous parlent de l’homme qu’ils ont connu, de la personne derrière le lutteur, de cet être mortel dans ce monde de superhéros.

Adolfo Bresciano luttait depuis une dizaine d’années quand la jeune Diane Rivest fait sa connaissance, alors qu’elle était serveuse et barmaid au Régis Lévesque Steak House du boulevard Viau près de l’autoroute Métropolitaine, un des rendez-vous préférés des lutteurs et des boxeurs.

Bresciano s’est intéressé à la lutte rapidement et avait les bons contacts. Né le 6 août 1948, ses parents, Mario et Ausilia (Cécile) Bresciano, demeuraient au 7745 Bordeaux dans le quartier Centre-Sud de Montréal. Trois ans plus tard ont déménagé la famille Acocella, dont deux membres deviendront mieux connus sous les noms de Jack Britton et son fils Gino Brito. C’est donc vers Brito que Bresciano se tourne pour devenir lutteur, lui qui pratiquait la lutte amateur depuis l’âge de 12 ou 13 ans.

Empruntant le nom d’un ancien lutteur qui avait fait équipe avec Dominic Denucci, un bon ami de Britton, il commence donc sa carrière professionnelle le 22 novembre 1970, sous le nom de Dino Bravo, pour les As de la Lutte, propriété de Johnny Rougeau. Cependant, il y a peu de place pour un jeune Québécois autre que le neveu de Johnny, Raymond. Faisant équipe avec Brito, ce dernier lui conseille de s’en aller avec la nouvelle promotion, Lutte Grand Prix, et qu’il allait le rejoindre éventuellement. Les Italiens comme on les appelait ont fait partie des équipes les plus populaires et encore aujourd’hui les fans n’ont pas oublié ce duo.

Après avoir vu Lutte Grand Prix fermer ses portes en 1975 et après avoir été forcé de s’exiler afin de continuer à gagner sa vie, il revient au Québec en 1980 lorsque son mentor Brito reprend la promotion de son père et remet ni plus ni moins la lutte locale sur la mappe. Rendu en 1983, la lutte est redevenue populaire autant au petit écran que dans les arénas à travers la province.

C’est à ce moment que Bravo fait une rencontre qui allait changer sa vie.

«C’est Régis qui m’a présenté à Adolphe, raconte Diane dans cette entrevue exclusive. Je ne connaissais rien de la lutte, je n’écoutais pas beaucoup la télévision, mais je servais souvent les lutteurs qui venaient au resto-bar. C’est donc lui qui a fait les premiers pas.»

Tous deux célibataires, âgés respectivement de 34 et de 19 ans, Bravo commence à avoir le béguin pour Diane.

«À force de venir, il a bien vu que j’étais quelqu’un de bien, indépendante et neutre. Pour moi il était quelqu’un comme un autre. Je ne voyais pas la vedette, je n’étais pas impressionnée par lui. Parfois, quand il était sur la route, il se dépêchait pour revenir à Montréal avant la fermeture du bar. De temps en temps, il venait me reconduire chez moi, mais rien ne se passait. Il m’a courtisé comme ça pendant un an», se souvient Diane.

Puis, finalement, les tourtereaux tombent en amour. Mais Diane apporte un bémol.

«Je suis aussi tombé en amour avec sa famille, explique-t-elle. Sa mère surtout. Elle était une sainte! Elle était hyper attachante et ce fut comme une deuxième mère pour moi.»

Pendant ce temps, Bravo fait la pluie et le beau temps à Montréal, devenant la plus grande vedette de la compagnie. Il était aussi devenu actionnaire de Lutte Internationale avec Brito et Frank Valois à la fin de 1982 lors du départ du Géant Ferré. Afin de rapatrier à temps plein celui qui était son pain et son beurre, Brito, à qui le Géant avait vendu ses parts, avait offert à Bravo de devenir actionnaire, lui qui partageait son temps entre Montréal, l’AWA et les tournées au Japon.

«La lutte c’était sa vie, mentionne Diane. J’étais assez mature, trop mature même. Je réalisais ce que j’avais pris comme engagement. Mais j’avais ma mère qui n’était pas loin. Ma belle-mère habitait aussi tout près de chez nous. Je ne dormais pas souvent chez nous toute seule.»

Trop populaire pour Hogan!

Bravo est tellement populaire que quelques mois après que la WWF ait commencé à produire des événements à Montréal, Vince McMahon et sa bande ont l’idée d’organiser un combat entre Hulk Hogan et Bravo au Forum de Montréal. Cependant, la popularité de Bravo était un couteau à deux tranchants, car cette même popularité fut la cause de l’annulation du combat. En effet, la WWF craignait que Bravo soit plus applaudi à Montréal, ou encore pire, qu’Hogan soit hué, et a décidé de faire lutter les deux gladiateurs contre d’autres adversaires. Bravo, qui devait signer une entente avec la WWF, était tellement choqué qu’il a décidé de rester ici à la place. Mais l’argent a fini par avoir raison de Bravo et à l’automne 1986, il vend finalement ses parts dans Lutte Internationale et quitte le Québec pour joindre la WWF à temps plein.

«C’était un peu comme une délivrance pour lui, de quitter Lutte Internationale, nous apprend Diane. Il avait ainsi moins de pression, puisqu’il n’était plus un boss, mais juste un employé.»

L’année 1986 en fut toute une pour Bravo, non pas juste au niveau professionnel, mais sur le plan personnel également. Le 3 octobre, il se mariait avec Diane et le 12 décembre naissait leur petite fille Claudia.

«C’était important pour moi de ne plus avoir de chum, mais bien un mari, raconte Diane, ajoutant qu’elle était et est encore croyante. Ce fut assez simple comme cérémonie, environ 30 personnes y ont assisté, car avec l’horaire d’Adolphe, ce n’était pas évident de planifier le tout. Il était bien à l’aise avec tout ça. Il ne jouait pas du tout à la vedette internationale, pas de ‘je, me, moi’, rien de tout ça.»

Dès l’âge de quatre mois, la petite Claudia a commencé à suivre sa mère lorsque celle-ci suivait son mari à l’étranger. Claudia en a d’ailleurs gardé des souvenirs.

«Je me souviens que mon père m’amenait dans les vestiaires de lutte quand j’étais petite, raconte-t-elle. J’ai un vif souvenir du serpent de Jake Roberts. Je voyais mon père à la télévision, mais je n’aimais pas ça le voir se faire donner des coups. Je me cachais les yeux et je pleurais. Mais sinon, le voir à la télé, c’était normal, ça faisait partie de ma vie. C’est vraiment juste plus tard que j’ai réalisé à quel point mon père était connu, après sa mort, parce qu’on me disait ‘t’es la fille de Dino’.»

De son côté, Diane comprenait que Dino voulait tout faire pour devenir le meilleur et si ça incluait voyager avec sa fille, ce n’était pas un problème.

«Lorsqu’il a signé avec Vince, il s’était donné comme mandat de faire les finales et les demi-finales et de faire ce qu’il devait faire pour que Vince lui donne du travail. Il voulait la reconnaissance du milieu, il voulait être le mieux rémunéré possible, car il savait qu’à 38 ans il ne lui restait pas tant de bonnes années devant lui. Il voulait monter rapidement afin de pouvoir prendre sa retraite rapidement», explique-t-elle

Malheureusement, ce ne fut pas toujours le cas.

Premièrement, Bravo deviendra rapidement un heel, un méchant. Il viendra remplacer Brutus Beefcake dans le duo « Dream Team » avec Greg Valentine et Johnny V. comme gérant. Pour assurer une transition sans ambiguïté pour les fans de Montréal, malgré qu’il débute directement comme vilain à la télévision, on le fera sauvagement attaquer les Rougeau au Forum. Les plus jeunes se souviendront de sa performance d’homme fort sur le « bench press » levant ce qui fut rapporté à 710 livres lors du tout premier Royal Rumble de la WWF en 1988. Il avait établi ce record avec l’aide du futur gouverneur du Minnesota, Jesse Ventura. Si de soulever 710 livres relevait de la fiction, la force brute de Bravo ne l’était pas, alors qu’il était considéré comme un des lutteurs les plus forts physiquement. À partir de 1988, il reprend une carrière en simple, mais n’aura jamais le même succès qu’au Québec. Il obtient des rivalités contre Ronnie Garvin, Jim Duggan, Hercules et Kerry Von Erich. L’un de ses plus hauts faits d’armes est sa participation au tournoi pour le titre mondial vacant de la WWF à Wrestlemania IV. Il perd cependant en première ronde

face à Don Muraco. Pour faciliter sa transition en simple, on lui assigne même Frenchy Martin comme gérant, qui pour sa part termine sa carrière de lutteur.

«Il était déçu de faire des préliminaires, se souvient Diane. C’était une fierté pour lui de travailler pour la WWF. Il disait souvent qu’ils auraient pu lui en donner plus, que si Vince avait ouvert la machine, il l’aurait ouvert aussi.»

La fin avec la WWF

Sa situation s’améliore à peine avec la venue de la nouvelle décennie. Maintenant accompagné de Jimmy Hart suite à la retraite de Frenchy, il obtiendra quelques combats contre Hulk Hogan, à un moment où les deux ne jouissent plus de la même réputation, dans un programme servant à mousser l’arrivée du lutteur canadien Earthquake, dans les derniers moments de gloires de Bravo avec la WWF. Par la suite, on se servira de lui pour mettre la table à d’autres et il commencera même à faire la navette entre la WWF et Porto Rico pour la WWC du promoteur Carlos Colon, une décision qui ne ment pas. Durant l’année 1992, la WWF prépare un scénario localement qui permettrait à Dino de tirer sa révérence au Forum dans un combat d’adieu en décembre, à nouveau dans le rôle du héros. Bien que son dernier combat au Forum ait eu lieu le 20 janvier 1992 avec une victoire contre le Barbarian, pour des raisons qui restent encore mystérieuses aujourd’hui, la soirée d’adieu comme telle n’aura jamais lieu. Son dernier match aura lieu en Angleterre au mois d’avril 1992, à l’aube de ses 44 ans.

«Il se pensait encore capable. Alors il est allé droit au but. Il est allé voir Vince et lui a demandé s’il avait encore besoin de lui ou pas. Il voulait connaître son statut. Il avait tout essayé dans les dernières années. Il avait eu plusieurs frustrations, mais il avait fini par prendre sa pilule. Il était moins frustré à la toute fin que lors de la dernière année.»

Mais alors que tout le monde a toujours rapporté que Vince l’avait congédié, Diane apporte un autre bémol.

«Il n’a pas été congédié. On ne lui a pas dit du jour au lendemain qu’il n’avait plus d’emploi. Il a parlé avec Vince et c’est d’un commun accord qu’ils se sont laissés. Vince le voyait comme un gars de préliminaires et lui n’était pas prêt à accepter de jouer ce rôle.»

Voyant sa relation avec la WWF tirer vers sa fin, Bravo avait déjà commencé son après-carrière dans les derniers mois de son association avec le clan McMahon. Mais ce n’était pas l’après-carrière qu’il aurait souhaité.

La lutte avait été toute sa vie. Depuis plus de 20 ans, il voyageait d’arénas en arénas, partout dans le monde, pour faire ce qu’il savait tellement bien faire : divertir le public. Si la vie familiale pouvait en prendre un coup, la reconnaissance du public et bien sûr un salaire bien plus haut que la moyenne en valaient la peine. Il était bien

connu que Dino n’avait pas peur des dépenses, un sujet de discussion d’ailleurs à la maison.

«Plus tu fais de l’argent, plus tu en veux et plus tu te créés des besoins, raconte Diane. J’ai toujours été une personne simple, qui n’a pas besoin de grand-chose dans la vie. Dès qu’il a signé avec la WWF, on a déménagé dans une maison de 7 500 pieds carrés à Vimont. Je lui disais qu’on n’en avait pas besoin, qu’on pourrait déménager et retourner à St-Léonard où habitaient sa mère et ma mère. Mais il ne voulait pas. Je pense qu’il aurait vu ça comme un deuxième échec après celui de la WWF. Il était un homme fier et n’était juste pas rendu là dans son cheminement. Ça aurait été un autre coup dur pour son égo.»

Quand tu as été lutteur toute ta vie, à gagner de gros salaires, peu de métiers aussi payant s’offrent à toi. Il a donc pris une décision, un chemin, qui allait ultimement mener à sa perte.

Un destin tragique

Durant toute la carrière de Bravo, des rumeurs ont circulé sur ses véritables relations avec les membres du crime organisé. Dans les faits, la sœur de son père était mariée avec Vic Cotroni, faisant de Vic son oncle par alliance. Cotroni avait lui-même été lutteur dans les années 50 sous le nom de Vic Vincent. Pourtant, il ne fréquente pas la famille pour autant, famille qui avait de toute façon perdu beaucoup de son lustre au profit des Rizzuto par le temps que Dino prenne sa retraite.

C’est donc dans le trafic de cigarettes de contrebande que Bravo se dirige.

«J’essayais de le raisonner. Sa mère et moi on était sur son cas, avoue Diane. Je lui demandais où il s’en allait avec ça. Ça créait des discussions assez intenses avec la famille.»

Bravo lui-même se rendait compte de ce qui était en train de se passer. Il avait même confié à son ami Rick Martel, tout juste avant de terminer sa carrière, qu’il n’aimait pas dans quoi il s’embarquait. Martel avait essayé de convaincre McMahon de le garder et de le mettre en équipe avec lui, mais c’était peine perdue.

«Il trouvait ça illogique d’aller dans des traverses comme celles-là. Il disait qu’il avait toujours gagné son argent légalement, mais que là il devait le gagner illégalement. Il le savait. Il le réalisait », ajoute Diane.

N’ayant jamais fréquenté ce milieu, Bravo n’était pas bien outillé pour y faire face.

«Il faisait confiance trop rapidement à plein de monde. Tout d’un coup, on avait des amis que je n’avais jamais vus», se rappelle-t-elle.

Bravo était aussi reconnu pour avoir un tempérament bouillant. En 1986, il avait été impliqué dans une escarmouche avec un chauffeur d’autobus qui l’avait forcé à aller en cour. L’année précédente, Bravo, qui était un grand amateur de hockey et du Canadien, se fait escorter avec un ami par la sécurité du Forum alors qu’ils avaient un peu trop abusé verbalement Michel Bergeron, l’entraîneur des Nordiques, et son assistant Simon Nolet, alors que la rivalité entre Montréal et Québec était à son paroxysme. Malgré une bousculade, le tout s’était terminé sans l’intervention des tribunaux. Ce genre de personnalité n’est pas nécessairement suggéré dans le milieu interlope.

«Il n’avait peur de rien, précise Diane. Il n’avait même pas peur pour sa vie. La chose qu’il avait peur c’était de ne pas savoir où sa vie s’en allait.»

À travers tout ça, Dino continue d’être un père.

«Je me souviens d’un voyage qu’on avait fait à Disney, j’avais 5 ans et demi, raconte Claudia. Il était tellement content de m’y amener. On faisait pleins d’activités, surtout des sensations fortes, hors normes pour un enfant de mon âge. On allait dans des montagnes russes, même si je n’avais pas la grandeur. Il m’amenait partout avec lui. J’étais contente quand il était là parce qu’il n’était pas très, très là non plus.»

Puis, la soirée fatidique du 10 mars 1993 arrive.

Diane donnait des cours de ballet et avait amené sa fille avec elle, car cette dernière trouvait la maison trop grande quand son père s’endormait devant la télé et préférait donc suivre sa mère. À leur retour, alors que la petite dormait, Diane était passée prendre son frère et sa belle-sœur qui s’en venait à la maison poser de la tapisserie. À leur arrivée, Diane a ouvert la porte et son mari gisait sur le fauteuil. Il avait été atteint par sept balles. Elle s’est elle-même écroulée. L’ancien promoteur Tony Mulé, qui avait lui aussi été partenaire avec Bravo, Brito et compagnie dans la Lutte Internationale, qui était le meilleur ami de Bravo, le parrain de Claudia et qui incidemment habitait tout juste à côté, a été le premier appelé.

«J’avais des doutes depuis quelques mois, relate Diane. La porte n’était jamais barrée chez nous. Il y a des choses qu’il faisait et pour lesquelles je lui disais souvent qu’il n’avait pas le droit de nous mettre en danger, de nous mettre dans cette situation-là.»

Après quelques mois, l’enquête n’a abouti à rien et le mystère plane encore aujourd’hui sur ce meurtre.

«Je me suis posé beaucoup de questions, avoue Diane. J’avais les mêmes sensations que ma belle-mère. Si elle allait bien, j’allais bien. Si elle n’allait pas, je n’allais pas non plus. On pleurait nos frustrations. Ça a été deux ans de ma vie. Mais je devais guérir pour aller de l’avant avec ma fille.»

Diane, qui n’écoutait déjà pas beaucoup la télévision, n’a pas écouté de nombreux reportages suite au meurtre de son mari. Mais elle s’en souvient d’un en particulier.

«Je me souviens qu’un journaliste avait dit qu’Adolphe faisait confiance à n’importe qui et ça m’avait fâché. Nous on avait le droit de le dire. Lui aussi dans le fond, mais c’était juste très frustrant de l’entendre dire des médias.»

Pour Claudia aussi, le choc a été terrible.

«Ma mère avait consulté un psychologue pour savoir si elle devait me le dire et comment me l’annoncer, raconte-t-elle. La tradition italienne veut que le cercueil soit ouvert, mais il était méconnaissable. Pour que je puisse bien vivre mon deuil, on avait conseillé à ma mère que j’y sois. Mais je ne le reconnaissais pas. J’ai juste reconnu ses mains. C’est là que j’ai su que c’était bien mon père.»

Diane a rapidement mis la maison en vente, mais n’y a jamais plus remis les pieds seule. Après un an et demi, la maison fut finalement vendue. Diane et Claudia sont parties habiter chez la sœur de Diane pendant quelques années avant de déménager à Terrebonne. Le sujet n’a par contre jamais été tabou chez les Bresciano, même si Claudia n’en parlait pas vraiment à sa mère.

«J’en parlais à ma tante, la sœur de ma mère. Ma mère s’était ramassée à 29 ans veuve, monoparentale, avec un choc traumatique. Je ne voulais pas en ajouter. Je lui en ai vraiment parlé qu’il y a quatre ans, où je me suis assise avec elle et on en a discuté.»

Sa fille Claudia : fière de le représenter

Quelques 25 ans plus tard, malgré la tristesse, le tout est derrière les deux femmes.

En 2012, la promotion de lutte TOW rendait hommage à Bravo lors d’un événement au centre Pierre-Charbonneau de Montréal. Claudia avait été invitée à recevoir la plaque. Puis l’année suivante, elle assistait au lancement d’un livre sur l’histoire de la lutte au Québec.

«J’étais contente d’aller au lancement et lorsque la TOW a honoré mon père. Ça m’a fait de quoi de revoir d’anciens lutteurs qui ont connu mon père et de voir tout l’amour que les fans lui portaient. J’étais heureuse de pouvoir le représenter. J’ai de bons souvenirs de lui, j’étais contente et honorée.»

Diane, maintenant âgée de 53 ans et travaillant dans la présentation visuelle et la mise en marché d’ouverture de magasins, a finalement refait sa vie et est avec le même conjoint depuis 12 ans.

«Ça a été long me refaire une vie. C’est la danse qui m’a guéri. J’enseignais depuis six ans quand c’est arrivé et c’est la seule chose que je pouvais faire. J’étais tellement bien quand je dansais.»

Claudia, 31 ans, est pour sa part mère de deux enfants âgés de deux et quatre ans.

«Je suis fière de ce que ma fille a accompli, affirme Diane. Depuis qu’elle est devenue mère, je me rends compte qu’elle a toutes les valeurs que je me suis forcé à lui transmettre. Mais ça demeure tout de même une Bresciano tout craché! Adolphe serait fier. Il aurait été bon avec ses petits-enfants comme son père l’avait été avec Claudia.»

On ne saura peut-être jamais comment Dino Bravo a réellement vécu intérieurement la dernière année de sa vie, ni qui a décidé pour lui d’y mettre fin. Mais s’il y a une chose qui est sûre, c’est qu’Adolphe pour Diane et Papa pour la petite Claudia, restera toujours gravé dans leur cœur.

«J’espère qu’il repose en paix et qu’il est fier de ce qu’il a accompli. Il nous manque», conclut Diane, avec le trémolo dans la voix.

«J’aurais tellement d’affaires à lui dire, exprime Claudia. Je lui demanderais s’il est fier de ce que je suis devenue. Je lui dirais qu’il me manque. Mon gars est une copie de mon père. J’aurais aimé qu’il les connaisse, ce sont mes plus grandes fiertés. J’aimerais vraiment que tu sois là. Tu me manques papa.»

Je tiens à remercier Diane Rivest et Claudia Bresciano pour leur extrême générosité et pour s’être livrée si ouvertement, pour la toute première fois, en marge de ce triste anniversaire.

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(Crédits photos: Collection Claudia Bresciano, Collection Tony Mulé, Collection de Gino Brito et Linda Boucher)