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Yanni Gourde n'a probablement pas fini de vous surprendre

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Bien malins seraient ceux qui auraient pu prédire qu’on dénombrerait 53 points à la fiche du petit Yanni Gourde cette saison dans la Ligue nationale de hockey (LNH) après 68 matchs avec le Lightning de Tampa Bay.

D’après Yanick Jean, ancien entraîneur-chef de Gourde chez les Tigres de Victoriaville dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) entre 2008 et 2012, de tels «experts» n’existent pas. L’attaquant de 5 pi 9 po a bâti lui-même son succès et gravi les échelons de la hiérarchie du Lightning, un club rempli de certaines de plus grandes vedettes telles que Steven Stamkos et Nikita Kucherov.

«Tu vois des gens des fois qui disent : "Ah! Oui, je me souviens, je l’avais vu là" ou "J’étais convaincu"... Ce n’est pas vrai, a déclaré Jean en entrevue à l’émission #LavoieDubé sur TVA Sports, vendredi. Le mérite revient à ces joueurs-là qui, envers et contre tous, affichent tant de détermination.»

Ignoré au repêchage de la LNH à son admissibilité, Gourde a mis toutes les chances de son côté pour intégrer quand même les rangs professionnels en Amérique du Nord en vertu d’une dernière saison junior de 124 points. Ce total l’avait placé au premier rang des meilleurs marqueurs de la LHJMQ.

«Yanni n’a jamais cessé d’impressionner, a noté Jean. Il était en mission cette année-là, comme il est en mission depuis qu’il est chez les professionnels. Il ne cesse pas de surprendre et de persévérer. C’est tout à son crédit.»

Les premiers coups de patin

Reste que Jean avait quand même vu quelque chose de tout à fait particulier en Gourde quand ce dernier s’était présenté sur invitation à son premier camp d’entraînement des Tigres à l’époque – car non, Gourde n’avait pas non plus fait l’objet d’une sélection au repêchage de la LHJMQ.

«Il était très frêle, petit et physiquement pas vraiment développé, s’est souvenu l’actuel entraîneur-chef des Saguenéens de Chicoutimi. Sauf que, quand il a mis ses patins et a sauté sur la glace, dès son premier camp d’entraînement, je me souviens, il avait marqué trois buts et ajouté trois aides dans un match intra-équipe, à 17 ans du haut de ses 5 pi 6 po.

«Quand le calibre a augmenté, ça devenait plus difficile. Par contre, tu pouvais voir qu’il avait vraiment quelque chose en lui. Il n’y a pas vraiment eu de moment qui m’a convaincu qu’il se rendrait loin. Il n’a pas vécu de point tournant. Ç’a été une série de choses qui se sont produites au fur et à mesure que sa carrière avançait. À 18 ans, il s’est fait une place chez nous, sur le quatrième trio.

«Aussitôt qu’il nous manquait un joueur sur les deux premiers trios à cause d’une blessure, même s’il était une recrue, il le remplaçait immédiatement. Il était capable de jouer avec des joueurs de talent. À 19 ans, il a été très, très bon pour nous et il a explosé à 20 ans.»

Calqué sur le modèle des petits au grand coeur

Chaque fois qu’un joueur du genre de Gourde se fraie un chemin jusqu’aux plus hautes sphères du hockey professionnel, le nom de l’ancienne gloire du Lightning Martin St-Louis vient en tête. Jean a aussi été l’entraîneur chef de David Desharnais au début des années 2000 lors de son premier séjour derrière le banc des Saguenéens. Des traits de caractères communs lient ces joueurs à travers le temps.

«Chaque fois que tu diriges des joueurs de petit gabarit à 19 ans, 20 ans, tu veux être certain qu’ils continuent de croire que c’est possible. Pour avoir dirigé David à Chicoutimi... Aujourd’hui, je dirige Kevin Klima et c’est encore le même phénomène.

«Ces gars ne sont pas choisis au repêchage, mais qui ont tellement de passion et de détermination, qui veulent le faire même si tout le monde croit que ce n’est pas possible et continuent de défoncer des portes pour avancer.»

À 26 ans, Gourde réalise déjà un exploit hors normes avec 90 parties au compteur dans la LNH après cinq saisons dans les ligues mineures à tenter de percer le «show». Maintenant, il ne reste plus qu’à souhaiter au patineur de Saint-Narcisse du succès collectif à Tampa Bay, la meilleure équipe du circuit, et peut-être même de la prospérité, s’il pouvait décrocher une substantielle augmentation de salaire en 2019, soit l’échéance de son actuel contrat de deux ans d’une valeur de 2 millions $.