Crédit : KEVIN HILL - AGENCE QMI

Impact

Alors, que vaut ce nouvel Impact?

Alors, que vaut ce nouvel Impact?

Vincent Destouches

Publié 06 mars
Mis à jour 06 mars

Vous « swipez » à gauche ou à droite?

À l’heure actuelle, la meilleure des réponses, c’est l’absence de réponse. Car cet Impact m’a laissé sur ma faim. Et je ne dis pas ça de manière négative. J’ai hâte d’en découvrir plus, de voir de quel bois il se chauffe réellement.

Après la première mi-temps, je pensais réellement que le bloc ultra compact et défensif des Montréalais était ce qui avait été imaginé pour sortir de Colombie-Britannique avec au moins un point dans les poches, quitte à sacrifier le jeu et le spectacle. En somme, un plan conçu pour partir cette saison du bon pied et souder les troupes autour de principes défensifs.

Au retour des vestiaires, Rémi Garde a confié à mon confrère Nicolas A. Martineau qu’il pensait plutôt que la performance de son équipe était due à la nervosité, et qu’il l’attendait meilleure en possession pour la suite de la rencontre. Dans l’esprit du jeu, on ne pouvait qu’être d’accord. Mais je ne m’attendais pas à voir l’Impact prendre cette deuxième mi-temps à bras le corps et à avoir autant l’initiative.

Certes, ironiquement, cela a coûté le match aux Montréalais. À trop vouloir défendre, ils ne pouvaient gagner. Et à trop vouloir pousser, ils ont perdu. C’est dommage, mais tout de même encourageant dans les intentions, car IMFC a montré sa capacité à monter en gammes dans un match et à mettre la pression sur la défense adverse.

Manque de vécu

Des voix s’élèvent pour pointer du doigt le déficit de talent dans cet effectif. Ce déficit existe, même si Jeisson Vargas semble en mesure d’apporter de la technique et de la créativité. Toutefois, l’Impact n’a pas perdu ce match à cause d’un manque de talent, mais plutôt à cause d’un manque de vécu collectif.

Avec le recul, on peut se demander si les joueurs de l’Impact n’ont pas simplement agi en trop bons élèves. Garde leur a demandé un bloc bas et dense en première mi-temps ? Ils l’ont fait, à l’excès. Garde leur a demandé de sortir de leur coquille en deuxième? Ils l’ont fait, naïvement.

En somme, on a vu Dr Impact et Mr Montréal, deux visages d’une même équipe. Le juste milieu existe, mais avant de le voir, il faudra travailler et accepter de laisser du temps à ce club pour se roder.

Calum Krolicki

Si je reste agréablement surpris par les possibilités qu’offre ce nouvel Impact, certaines choses m’ont déplu. À commencer par le flanc droit. Michael Petrasso a pris l’eau dans son duel avec Alphonso Davies, et il n’a pas particulièrement brillé lorsqu’il a pris son couloir pour appuyer l’attaque. Quant à Raheem Edwards, il a disputé toute la rencontre deux tons en dessous de tout le monde au niveau physique, ce qui l’a fait déjouer.

En même temps, Ignacio Piatti ou encore Samuel Piette n’ont pas été auteurs d’une belle partie non plus. Tout le monde a le droit de faire un mauvais match, donc je vais me garder de juger trop rapidement les uns et les autres.

D’un point de vue plus tactique, je me pose quand même de grandes questions sur Ken Krolicki. J’ai bien vu tous les compliments qu’il a reçus de la part de son entraîneur de même que les partisans. Pour une première, sur une base individuelle, c’est vrai qu’il mérite une bonne tape dans le dos. Le « kid » n’a peur de rien, se montre volontaire, généreux dans l’effort, mais... pour moi, c’est insuffisant.

J’ai trouvé que Saphir Taïder s’est retrouvé bien seul par moments, sans partenaire au milieu sur lequel s’appuyer pour créer des décalages. Le manque de prise d’initiative de Krolicki a coûté collectivement à ce 4-3-3, et je ne suis pas sûr qu’il soit entièrement dû à son inexpérience.

Un proche de l’équipe me le comparait récemment à Calum Mallace. Il y a effectivement une filiation dans le fait que Krolicki semble amener à se donner pour le collectif, tout en traversant les rencontres sans réellement se signaler.

En fait, j’ai trouvé Krolicki à son meilleur lorsque Piette a reculé en défense, et qu’il lui fallait assumer plus de responsabilités défensives. Il a alors bien couvert le terrain ainsi que les montées de ses coéquipiers.

Fanni? Gagnant-gagnant!

L’Impact vient de combler son besoin le plus criant en recrutant le défenseur central Rod Fanni. Si le club ne compte toujours que deux arrières centraux de métier, il vient cependant d’acquérir le genre de joueur-cadre qui manquait au club.

Fanni a 36 ans, donc on ne parle pas ici d’un projet à long terme. Pas grave, ce groupe a besoin d’être mené par l’exemple, et l’ancien de l’OM a ce vécu et cette éthique de travail qui vont faire du bien au vestiaire. Le fait qu’il n’ait pas joué depuis plusieurs mois pose quelques questions sur son rythme, mais garantit aussi une faim de jouer et un esprit revanchard qui n’est pas pour me déplaire.

Dans tous les cas, le contrat jusqu’au 30 juin (et plus si affinités) de Fanni à l’Impact, c’est gagnant-gagnant. Le club recrute un ancien international français qui était encore titulaire l’an dernier au sein d’une formation marseillaise qui a terminé cinquième de Ligue 1, sans pour autant s’engager dans un contrat qui l’aurait plombé si jamais la greffe ne prend pas. Et le joueur se voit donner l’opportunité de se relancer pour peut-être tester le mercato européen cet été... ou rester pour compléter la saison. C’est bien pensé.