Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Boxe

Adam Braidwood: dangereux et divertissant

Adam Braidwood: dangereux et divertissant

Bernard Barré

Publié 28 février
Mis à jour 28 février

Le monde de la boxe regorge d’athlètes qui se transforment en personnage intimidant et qu’on se plaît à voir évoluer. Comparativement à la lutte, il est plus difficile de cerner le vrai ou le faux.

Il y a plusieurs années, un poids lourd plus que spécial est venu faire carrière chez nous: Trevor Berbick (49-11-1, 33 K.-O.). Énorme Jamaïcain, il était demeuré au Canada après sa brève participation aux Jeux olympiques de Montréal en 1976. Négligé des parieurs, quelques années plus tard, il était venu au Stade olympique en sous-carte du méga combat Leonard-Duran, pour causer toute une commotion, en surprenant l’espoir américain «Big» John Tate. Sans appel, knockout au neuvième round.

Berbick est devenu champion du monde en 1986 par décision unanime contre Pinklon Thomas, avant de se faire passer le knockout au deuxième round quelques mois plus tard, contre nul autre que le jeune Mike Tyson.

Presque la moitié de ses combats ont eu lieu au Canada et deux de ceux-là ont eu lieu à Montréal vers la fin de sa carrière. J’avais accompagné Berbick à un test médical dans une clinique à Laval sans rendez-vous. Vêtu d’un complet tout blanc et d’un chapeau de cowboy de la même couleur, il n’avait eu qu’à prononcer quelques mots de sa grosse voix venue directement d’un film d’horreur pour grimper en haut de la liste d’attente. Sa présence inspirait la crainte et dérangeait. Ça faisait bien mon affaire. Celui qui avait pour date de fête et l’année de naissance la même que la mienne, ce qui a toujours été mis en doute par la communauté boxe. Probablement quelques années de plus pour le gros bonhomme.

Adam Braidwood (11-1-0,10 K.-O.), qui sera de retour au Québec dans quelques semaines pour livrer son dernier combat avant le choc avec le Mauricien Simon Kean (13-0-0,12 K.-O.) plus tard cette année, est lui aussi très spécial. Footballeur des Eskimos d’Edmonton, guerrier des arts martiaux, il a impressionné lors de sa dernière visite sur le ring en terrassant Eric Martel-Bahoeli alors qu’il n’était pas le favori. Son attitude sur le ring ou à l’extérieur ne laisse personne indifférent. Son parcours de vie et ses antécédents avec la justice l’éliminent automatiquement d’un poste d’enfant de cœur.

Divertissant que je vous disais. Sa présence à la conférence de presse la semaine passée a attiré l’attention. En retirant son chandail lors da sa présence au lutrin, il s’est assuré de ne pas être oublier. «The Boogeyman» a 250 lb placées à la bonne place et sa force de frappe inspire le respect. Tim Hague, un de ses adversaires de l’an passé n’est plus là pour en témoigner, il est décédé suite à son combat. Ouf... que dire de plus. C’est un autre qui bousculerait assurément la liste d’attente d’une clinique médicale. En tout cas, moi, je le laisserais passer. La paix, ça n'a pas de prix.