FSKATING-OLY-2018-PYEONGCHANG

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Olympiques

Performance magistrale de Séguin et Bilodeau à leurs premiers Jeux

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Charlie Bilodeau a embrassé sa partenaire Julianne Séguin et levé les bras vers le ciel avant d'envoyer une bise à son père décédé il y a quatre ans. C'est dans des moments riches en émotion que les deux patineurs québécois ont livré leur meilleure performance de la saison mercredi soir au Palais des glaces de Gangneung.

Douzième après le programme court de la veille, le duo a enregistré un pointage de 136,50 au programme libre pour un cumulatif de 204,02 points, éclipsant leurs meilleurs scores de la saison. Surtout, leur performance les assurait de repartir de Pyeongchang avec, au pire, une neuvième place à leurs premiers Jeux olympiques.

«C'est tellement d'efforts, de sacrifices, d'années de travail et de plein de choses, en fait. C'est apprendre avec les embûches que la vie nous a apportées et passer par-dessus, puis se retrouver plus fort par la suite pour atteindre nos buts. C'était le point culminant de toute notre carrière ici. C'était un moment vraiment émotif», a commenté avec aplomb le patineur originaire de Trois-Pistoles.

À deux doigts de tout lâcher

L'histoire de son père décédé était déjà connue, mais elle a retrouvé tout son sens dans l'une des prestations les plus fébriles depuis le début de l'association entre Bilodeau et sa complice originaire de Longueuil, il y a six ans.

Robert Bilodeau avait 54 ans lorsqu'il a succombé à des complications diabétiques en 2014. Le ressac de son départ a été si fort que la passion de son fils pour le patin en a été secouée. Sa décision de quitter le Bas St-Laurent pour Montréal afin d'y faire prospérer ses espoirs de patineur, quelques années plus tôt, venait d'être remise en question.

«Ça fait partie des embûches qu'on a vécues. J'ai passé à deux doigts d'arrêter le patin et de tout lâcher. Ç’a brassé plein de trucs évidemment, mais au final, je me suis rendu compte qu'en continuant le patin, je savais que j'accomplissais le rêve de ma mère qui est entraîneure et qui est une femme de patin, mais aussi celui de mon père qui, plus jeune, était un grand sportif, mais qui n'avait pas eu les mêmes opportunités que j'ai eues d'avoir des parents qui m'ont laissé partir à un jeune âge pour aller dans la grande ville et atteindre mes ambitions», a raconté l'athlète de 24 ans, aux côtés de sa partenaire.

Plus soudés

Couple d'avenir du patinage artistique canadien et surtout identifié pour les Jeux de 2022, ce qu'ils ont livré jeudi (mercredi soir au Québec) sur la glace attestait que leur décision de continuer a été la bonne.

«C'est à partir de ça que notre équipe s'est soudée encore plus entre moi, Julianne et nos entraîneurs. En travaillant, ça laissait le reste à la maison et, pendant ce temps-là, on se concentrait sur nos trucs, puis on bûchait. Quand on est à ça d'arrêter, mais que tu décides de continuer, tout arrive.»

On l'a bien vu!