Crédit : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

LNH

Quel «showman», ce P.K.!

Quel «showman», ce P.K.!

José Théodore

Publié 13 février
Mis à jour 13 février

Ça va être tranquille à Montréal dans les prochains jours. Les Canadiens sont dans l’Ouest américain et le cirque P.K. Subban a plié bagage après une tournée canadienne très remarquée à Toronto, Ottawa et Montréal.

Je vous avoue que pendant ma carrière, j’ai joué sensiblement la même carte que Subban. Je voulais qu’on parle de moi, en bien ou en mal. Je n’ai toutefois jamais vu un joueur de hockey porter ce principe à un niveau aussi élevé que Subban.

Quel «showman» celui-là ! Il possède un charisme fou. Il peut mystifier ses coéquipiers à l’occasion, comme lorsqu’il a contrôlé la rondelle pendant 38 secondes en tournant autour de son filet en troisième période. Il peut gaffer, mais les gens l’adorent quand même. Il n’a pas connu un grand match samedi, mais les gens parlent encore de lui. Il aura une après-carrière formidable à la télé.

J’ai passé la semaine à Montréal et on me parlait du duel attendu entre les Canadiens et Subban. Encore une fois, P.K. a monopolisé l’attention avant, pendant et après le match électrisant de samedi au Centre Bell.

C’était personnel

C’est ce que Subban voulait et c’est ce qu’il a eu, comme l’a bien exprimé Brendan Gallagher, qui a tenté d’esquiver les questions concernant le numéro 76, tout comme Claude Julien d’ailleurs.

On a vu que Subban dérangeait certains joueurs lorsqu’il était avec le Tricolore. On a senti une attitude revancharde à son égard. C’était différent de lors de son premier passage à Montréal dans l’uniforme des Predators la saison dernière. Il s’agissait de retrouvailles sympathiques et Subban avait versé quelques larmes. Les Canadiens avaient même gagné.

Cette fois, il y avait de la hargne du côté des joueurs du Bleu-Blanc-Rouge, qui ont joué probablement leur meilleur match de la saison. Il y avait de l’émotion et c’est P.K. qui a provoqué tout ça, d’abord parce qu’il est P.K., mais aussi par sa belle action de vendredi lorsqu’il est allé visiter les enfants malades à l’Hôpital de Montréal en compagnie de six coéquipiers.

Voler la vedette

On s’attendait bien à cette visite, mais c’est extraordinaire que six joueurs des Predators l’aient accompagné. Les joueurs de hockey ont leur routine à l’étranger et c’est très difficile de les en faire sortir, déjà qu’ils sont passablement sollicités à la maison.

Je félicite Subban pour ce geste fort louable et qui a été très médiatisé. On a toutefois vu que les joueurs des Canadiens et Gallagher, en particulier, n’avaient pas l’intention de se faire voler la vedette par P.K. et ses potes samedi soir. Subban s’y est d’ailleurs présenté avec un beau veston de sa propre marque. Encore P.K. !

La réaction de Gallagher sur son but, son 20e de la saison, en disait long. Son premier regard s’est porté vers Subban et il est même allé le narguer au banc des Predators. Ces deux-là ne se sont pas lâchés de la soirée, ce qui a pimenté le spectacle.

Fort de la victoire, Subban a conclu en disant qu’il ramènera la coupe à Montréal. Sacré P.K. !

Bergevin absent

Comme par hasard, Marc Bergevin était au Minnesota. La transaction de Subban contre Shea Weber est ce qui a le plus marqué son règne et on reparlera encore de cet échange dans 10 ou 15 ans. Le referait-il aujourd’hui?

L’histoire n’est pas terminée, mais à mon avis, la réponse est non et on y reviendra. L’émotion de Subban, temporairement remplacée par celle d’Alexander Radulov, manque aux Canadiens. Au moins, la visite de Subban a soulevé les joueurs du Tricolore le temps d’un match. On n’a pas vu ça souvent cette saison.

Situation idéale

À mon avis, P.K. Subban est dans la situation idéale à Nashville. Il est bien entouré et il n’est pas obligé de jouer 30 minutes par match. Il s’est bien adapté à la situation et en général, il gère bien la situation. Il a toutefois tenté d’en faire un peu plus que le client en demande à Toronto, Ottawa et Montréal, ce qui a mené à quelques bourdes. Subban connaît une excellente saison et je suis heureux pour lui. Est-il dans l’élite des défenseurs de la LNH ? Oui. Est-il parmi les cinq meilleurs défenseurs de la ligue ? Non.

L’arrêt incroyable de Vasilevskiy

L’arrêt d’Andrei Vasilevskiy (Lightning) avec la mitaine dans le dos aux dépens d’Anze Kopitar (Kings) est l’un de meilleurs que j’ai vus dans ma vie et ça semble confirmer que c’est bien son année. J’ai déjà capté une rondelle dans le dos alors qu’elle retombait derrière moi, mais l’attraper en se retournant contre un tir puissant d’une vingtaine de pieds, ça me laisse bouche bée. En plus, le bas du filet était couvert avec sa jambière. C’était génial. Les meilleurs gardiens ne sont jamais battus tant que la rondelle n’a pas traversé la ligne rouge et Vasilevskiy vient d’affirmer qu’il est possiblement de cette race.

La leçon de Rinne

Pekka Rinne a donné une leçon à Carey Price samedi soir. Il a démontré ce qu’un gardien de but numéro un doit faire, soit voler des matchs lorsque son équipe n’est pas à son mieux. Price l’a déjà fait, mais il n’est pas au niveau du gardien des Predators cette saison. Je ne l’ai jamais vu accorder autant de buts où il se sort complètement du jeu. Trop souvent, il ne se donne aucune chance de faire l’arrêt sur un rebond ou sur un jeu latéral.

Un hommage mérité

Je suis vraiment heureux pour mon ami Vincent Lecavalier, qui a été honoré par le Lightning de Tampa Bay samedi. Je lui ai envoyé un message texte pour le féliciter et il m’a répondu en me disant que ce fut une soirée extraordinaire. Vincent a été l’image de cette franchise et il mérite amplement que son chandail soit retiré.