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Crédit : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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Maxime Crépeau veut se réinventer à Ottawa

Publié | Mis à jour

Maxime Crépeau est certainement sorti ébranlé de sa rencontre avec Rémi Garde, en novembre dernier. Il venait d’apprendre qu’il ne faisait pas vraiment partie des plans du nouvel entraîneur-chef de l’Impact.

«J’ai demandé de rencontrer Rémi Garde pour établir mon statut pour cette saison. Je vais avoir 24 ans et c’est ma sixième année alors il faut que je commence à jouer.»

«Il a mis cartes sur table et il m’a dit que j’allais encore attendre. Je l’ai remercié pour son honnêteté, je suis allé voir Adam [Braz] et je lui ai demandé qu’il m’échange.»

Rencontré cette semaine à Ottawa où il a été prêté au Fury, le gardien originaire de Greenfield Park raconte l’histoire et on sent que ça lui fait encore un pincement au cœur.

Pas un recul

Il serait facile de voir le prêt à Ottawa comme un pas en arrière puisque le club évolue en seconde division, mais Crépeau ne voit pas la chose du même œil.

«On dit que c’est un pas en arrière parce que je descends de division, mais je ne le vois pas comme ça.»

«Je vois plutôt ça comme une autre étape dans ma progression et je veux travailler pour rebondir et revenir dans la MLS.»

Il a rappelé que l’essentiel est d’obtenir du temps de jeu.

«Tôt ou tard, ce sont les minutes qui font en sorte que tu t’améliores, peu importe le nombre de temps que tu t’entraînes, il faut que tu joues.»

Ne pas s’apitoyer

Mais ça serait bien mal connaître Crépeau que de penser qu’il s’apitoie sur son sort.

«Mon objectif était de rester dans la MLS. Oui, il y a eu une déception, mais la pilule est avalée et ça fait partie de ma progression. Chaque personne a son parcours.»

Il entend donc profiter de son séjour dans la capitale nationale pour briller autant qu’il le pourra.

«Pourquoi je m’acharnerais à être négatif, c’est hors de mon contrôle et je ne ferais que me nuire à moi-même», dit-il avec son calme habituel.

«Je suis content d’être ici, de connaître un nouveau groupe de gars, commencer quelque chose de nouveau et jouer constamment.»

Pas de garantie

Crépeau s’amène à Ottawa en même temps qu’un tout nouveau personnel d’entraîneurs avec le Serbe Nikola Popovic, il ne sait donc pas encore quels sont les plans qui le concernent.

«Il n’y a pas de garantie ici, j’accepte mon rôle et j’ai quand même une certaine expérience.»

«Je sais que Callum [Irving] a joué 32 matchs la saison dernière. C’est un gars que je connais depuis quelques années et c’est un compétiteur.»

Crépeau entend cependant faire tout en son possible pour permettre à son nouveau club d’accéder aux grands honneurs.

«Je veux le championnat, amasser les minutes et des blanchissages.»

Incertitude

Pour en revenir à son lien avec l’Impact, si on lit entre les lignes, il n’est plus qu’administratif.

«Il y a eu des offres, mais ça ne fonctionnait pas pour l’Impact et ils m’ont proposé de venir à Ottawa.»

«C’est Montréal qui a mes droits et ils ont le gros bout du bâton.»

Maintenant, le gardien qui a signé son premier contrat professionnel avec l’Impact au début de la saison 2013 ne sait pas ce que l’avenir lui réserve.

«Ils n’ont pas voulu m’échanger, ils m’ont prêté, il doit y avoir une raison à tout ça.»

«Je ne m’attarde pas à ça, je m’attarde sur moi et sur ma saison au cours de laquelle je veux bien faire.»

Crépeau retrouve son mentor

En acceptant d’être prêté au Fury d’Ottawa il y a deux semaines, Maxime Crépeau a rejoint son mentor de toujours, l’entraîneur des gardiens de but Youssef Dahha, qui l’a vu grandir.

Entraîneur des gardiens de l’Impact jusqu’en 2016, Dahha s’est joint au Fury à la mi-janvier après une saison passée aux quatre coins de l’Europe.

«Depuis que j’ai 14 ans que je connais Youssef, c’est lui qui a formé ma force de caractère et qui a joué entre mes deux oreilles depuis que je suis tout petit», relate Crépeau.

«Il sait très bien comment me motiver et c’est un gros plus et il sait très bien comment me ramener sur terre si je prends un peu trop de confiance sur le terrain.»

Reconstruire

Dahha, qui connaît Crépeau comme s’il l’avait tricoté, estime avoir du pain sur la planche pour rebâtir la confiance du jeune homme et le débarrasser de certains mauvais plis.

«Je l’ai laissé dans un état [sur le plan technique] et je le retrouve dans un autre état que je ne reconnais plus. Les placements, les pieds, est-ce que c’est un manque de compétition? Je pense que c’est plutôt ça qu’autre chose.»

«Je pense qu’il a aussi reçu un coup à l’orgueil et je le comprends. Il se battait pour le poste de numéro un et du jour au lendemain, il n’est plus dans les plans du coach. Il faut que je le ramasse à la petite cuillère.»

Mais Dahha estime que Crépeau a tous les outils à sa disposition pour remonter la pente.

«Maxime peut se rebâtir tout seul en faisant des bons matchs, il a une bonne tête sur les épaules et il sait où il s’en va, je dois seulement m’assurer qu’il ne tombe pas dans une zone de confort.»

Incompréhension

À mots couverts, on sent que Dahha ne comprend pas la décision de l’Impact de placer son protégé sur la voie d’évitement.

«Il a toujours eu ce qu’il faut pour aller plus loin. Il y a des choix que, parfois, on ne comprend pas.»

On sent que l’incompréhension s’est mutée en motivation dans le cas de Crépeau.

«Tôt ou tard, je veux remonter [dans la MLS] alors que You, c’est sa première équipe depuis Montréal. On a tous les deux des ambitions élevées.»

Quoi qu’il en soit, cette espèce de relation père-fils va certainement profiter au jeune gardien. D’ailleurs, le côté père-fils ne se manifeste pas à tout moment, assure Crépeau.

«Ça dépend des moments. Sur le terrain, c’est la business, mais à l’extérieur, on partage des moments. On connaît nos vies privées.»