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Olympiques: Erik Guay n'ira pas à Pyeongchang

Agence QMI / Alain Bergeron

Publié | Mis à jour

Son dos mal en point force Erik Guay à renoncer aux Jeux olympiques et du même coup à faire une croix à tout jamais sur le dernier des trois objectifs de carrière qui lui manquait.

«C'est difficile. Je la voulais, cette médaille. Je l'avais en tête, mais le corps ne veut pas suivre. Je n'ai pas le choix. J'essaie de penser à autre chose et de penser à d'autres objectifs, comme passer du temps avec mes filles, de me changer les idées un peu parce que c'est encore frais», a exprimé mercredi le skieur de Mont-Tremblant, au cours d'une vidéoconférence confirmant qu'il ratera également le reste de la saison.

Aux côtés de son globe de cristal au cumulatif du super-G de la Coupe du monde en 2010 et ses trois podiums aux championnats du monde, il restera donc un espace vide dans la collection qu'il rêvait idéale. Il ne possédera jamais une breloque olympique puisqu'il a répété mercredi ce qu'on savait déjà.
«C'est sûr que je ne serai pas là en 2022», a-t-il promis.

Mardi, il a su

Après que Canada Alpin eut dévoilé lundi les 14 skieurs qui compétitionneront aux Jeux de Pyeongchang, il a fallu dès le lendemain abaisser cette liste à 13. Un essai ultime à «sa» montagne de Mont-Tremblant, mardi, a convaincu l'athlète de 36 ans que son dos l'empêchera de participer à ses quatrièmes Jeux.

«On voulait attendre jusqu'à la dernière minute. Hier (mardi) à Tremblant, c'était vraiment impossible. Aussitôt que je me mets en position de vitesse, en moins de quatre virages, j'ai des pincements au dos. On a pris la décision que c'était impossible de participer aux Jeux», a expliqué le skieur canadien le plus prolifique de l'histoire de la Coupe du monde avec 25 podiums.

Décision «plus facile»

Guay n'a participé qu'à deux épreuves cette saison. Évoquant un inconfort depuis une chute durant l'entraînement estival au Chili, il avait renoncé à la descente de Lake Louise, le 25 novembre, puis à Beaver Creek la semaine suivante. Après avoir pris le 12e rang du super-G à Val Gardena, le 15 décembre, il s'est blessé au dos lors de la descente du lendemain. Un test d'imagerie par résonance magnétique avait révélé plus tard une rupture de l'anneau fibreux de la quatrième vertèbre lombaire (L4).

Malgré des traitements appropriés et le mois de repos qu'il s'était accordé depuis cet épisode, les doutes qu'il entretenait encore la semaine dernière sur sa capacité à s'élancer aux Jeux ne l'avaient pas trahi.

«La décision a été plus facile à prendre si je compare aux conditions dans lesquelles j'étais à Val Gardena. Au moins à Val Gardena, j'avais mal au dos, mais j'étais quand même capable de m'entraîner. Là, on voit qu'il est impossible de m'entraîner de la bonne façon. Donc, c'est impossible que je puisse compétitionner. En ce sens, la décision est plus facile», a-t-il avoué.

Le cœur brisé

Champion du monde en titre du super-G et vice-champion en descente, ces souvenirs glorieux de 2017 ne pourront fructifier sur la montagne de Pyeongchang dans deux semaines. Dans un monde idéal, il croyait pourtant en ses chances d'un podium.

«Quand je m'étais entraîné en Suisse et en Autriche l'été dernier, j'étais constant et la confiance était au maximum, jour après jour, descente après descente. Je skiais comme jamais. Ça brise le cœur quand je regarde tout ça...»