Jeisson Vargas

Photo : Jeisson Vargas

Impact

Jeisson Vargas, la carte cachée?

Jeisson Vargas, la carte cachée?

Nicolas Martineau

Publié 22 janvier
Mis à jour 22 janvier

L’acquisition de Diego Rossi par le LAFC a fait la Une du site web de la MLS à la mi-décembre. Celle d’Ezequiel Barco par Atlanta a fait sauter la banque. L’arrivée de Jeisson Vargas à Montréal passe un peu inaperçu, mais les partisans pourraient avoir toute une surprise.

À l’instar de Barco et Rossi, Vargas était considéré comme l’un des plus beaux espoirs sud-américains au cours des dernières années. Le jeune ailier chilien de 20 ans a un talent fou, mais son étoile a pâli en 2017 à la suite de problèmes avec la justice et de performances bien en-deçà des attentes.

Son ascension fulgurante

Avant de parler de sa baisse de régime, parlons de la montée en puissance de Jeisson Vargas.

Formé au CD Universidad Católica dans la capitale chilienne, Santiago de Chile, Vargas a effectué ses débuts professionnels en décembre 2014 à l’âge de 17 ans.

Après une saison dans l’équipe réserve, Vargas a prouvé qu’il pouvait jouer contre des adultes. En 2015-2016, il a récolté 8 buts et 8 passes décisives en 20 matchs de première division chilienne, aidant même son équipe à gagner le titre hivernal.

C’est au cours de cette saison que Joey Saputo aurait décidé de faire l’acquisition de la jeune pépite. Selon les médias chiliens, le propriétaire de l’Impact aurait payé plus de 4 millions de dollars canadiens en juillet 2016 pour acquérir 60% des droits du joueur, avant de le prêter immédiatement à une équipe de première division en Argentine.

Arrivé au club Estudiantes de la Plata en août, Vargas a eu de la difficulté à s’adapter au style de jeu argentin.

«Le style de jeu est beaucoup plus intense en Argentine, avait avoué Vargas. Les joueurs sont plus forts et j’ai beaucoup moins d’espace pour manoeuvrer au milieu de terrain.»

Au total, Vargas n’aura disputé que 9 rencontres (2 départs) dans l’uniforme d’Estudiantes, récoltant tout de même 3 passes décisives.

À ce moment, en octobre 2016, le FC Barcelone avait le jeune chilien dans son viseur. Mais visiblement, Vargas s’est mis lui-même des bâtons dans les roues. Après quelques bourdes, Estudiantes n’a pas renouvelé son prêt et l’Impact a retourné le joueur au Chili en juillet 2017.

Tempérament bouillant

Malgré son talent évident, Vargas s’est attiré les regards en raison de ses frasques à l’extérieur du terrain.

De passage chez lui au Chili en octobre 2016 (alors que le FC Barcelone le suivait de près), Vargas a été impliqué dans un cas de rage au volant. Selon le rapport de police, le jeune homme de 18 ans a suivi pendant près d’une demi-heure un autre véhicule, avant de menacer de mort le conducteur.

Quelques mois plus tard, en février 2017, Vargas a de nouveau eu à faire avec la police. Au cours d’une dispute avec sa copine, Vargas l’aurait menacé à la pointe d’un couteau.

Un «Sudamericano» U20 désastreux

C’est au début de l’année 2017 que les choses se sont gâtées au niveau sportif pour Vargas, alors qu’il a été invité au Championnat sud-américain des moins de 20 ans.

Lors de sa sélection, en décembre 2016, le sélectionneur Hector Robles avait été plus qu’élogieux à son égard. Vargas devait être la pierre angulaire des Chiliens. L’ailier, qui jouait alors pour Estudiantes de la Plata, en première division argentine, avait même été nommé capitaine de la jeune sélection chilienne.

«C’est un joueur qui est capable de faire la différence et qui rendra ses coéquipiers autour de lui meilleurs, avait déclaré Robles. Il sera très important pour nous.»

Mais le tournoi s’est avéré un désastre pour le Chili, qui a terminé dernier du groupe A, sans remporter un seul match. Vargas a été désigné le bouc-émissaire de l’échec chilien.

Le capitaine avait été expulsé lors de la première demie du premier match puis avait été écarté lors du dernier match contre la Colombie. Sa cote a descendu en flèche à la suite de cet échec. Malgré ces contre-performances, Vargas a tout de même été appelé en sélection nationale pour les qualifications de la Coupe du monde en octobre 2017, sans toutefois avoir l’occasion de jouer.
Dernière saison difficile

En parallèle, Vargas a perdu de sa superbe lors de son retour en première division chilienne. Certains affirment que sa tête n’était pas au soccer en vertu de ses problèmes personnels, mais le jeune prodige n’a marqué qu’un but en 12 matchs avec Universidad Católica.

Mais la descente vertigineuse de Vargas pourrait prendre fin avec son arrivée à Montréal. Loin de ses problèmes personnels, le Chilien de 20 ans a une chance en or de rappeler à tous son énorme potentiel.

Alors qu’on parle sans cesse des Miguel Almiron, Hector Villalba, Ezequiel Barco et Diego Rossi, Jeisson Vargas s’amène en MLS sans aucune pression. Il pourrait bien ramener les projecteurs sur lui... pour les bonnes raisons, on l’espère.