LHJMQ

Marc-André Bourdon, symbole par excellence des Huskies

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Depuis quelques mois, Marc-André Bourdon occupe les fonctions d’entraîneur et d’adjoint au directeur général des Huskies de Rouyn-Noranda dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Bourdon est de retour là où tout a commencé pour lui. Entretemps, le parcours a été parsemé d'embûches.

Il y a neuf ans, après avoir connu la meilleure saison de leur histoire, les Huskies entamaient une reconstruction. André Tourigny, entraîneur-chef et directeur général à l’époque, échangeait Bourdon à l’Océanic de Rimouski, hôte du tournoi de la Coupe Memorial 2009.

«Je ne veux pas me remettre dans ces émotions, a-t-il avoué en entrevue avec TVA Sports dans un reportage publié samedi. J’étais assez bouleversé, disons. J’étais capitaine et juste de me souvenir de tous les sacrifices pour le club...

«J’avais juste les Huskies à cœur, je ne voulais jamais jouer pour une autre équipe.»

Les pleurs de Bourdon

Tourigny lui-même ne garde pas de très bons souvenirs de ce moment déchirant.

«Ça nous avait tous arraché le cœur, s’est souvenu celui qui dirige aujourd’hui les 67’s d’Ottawa dans la Ligue de hockey junior de l’Ontario (OHL). Marc-André était venu nous voir, la transaction était faite, c’était avant un match contre (les Cataractes de (Shawinigan). Il m’avait dit : "Échange-moi pas, fais pas la transaction, on va gagner, je vais amener le club au bout."

«Les émotions étaient fortes, il pleurait dans les estrades avant le match, à l’échauffement et quand il avait été nommé la première étoile. C’était vraiment spécial.» - André Tourigny

Après l’échange, Bourdon avait promis de revenir un jour à Rouyn-Noranda : «Ce n’est pas la dernière fois que vous me voyez ici.» L’ancien défenseur des Flyers de Philadelphie dans la Ligue nationale de hockey (LNH) ne se doutait alors pas pouvoir respecter sa promesse moins de 10 ans plus tard.

Avec du recul, Bourdon comprend la décision des Huskies de l’échanger.

«C’est sûr que c’était crève-cœur, mais je comprenais. (Tourigny) m’avait dit qu’il avait eu des meilleures offres ailleurs, mais voulait vraiment m’envoyer à la Coupe Memorial. J’ai été reconnaissant, ça m’a aidé à signer un contrat, m’a donné une chance de gagner le tournoi et a aidé les Huskies à gagner les années d’après.»

Sept ans après le fameux échange, la transaction a rapporté. Les Huskies ont remporté leur première coupe du Président en 2016, au printemps de leurs 20 ans.

Lié au hockey pour toujours - et aux Huskies

Des dires de Tourigny, Bourdon était un exemple à l’entraînement, pendant les matchs et dans la vie; «toujours à 100 %», selon le coach – une valeur qui lui aura certainement permis de se frayer un chemin jusqu’à réaliser son rêve de la LNH, bien que sa carrière professionnelle en Amérique du Nord n’ait duré que de 2009 à 2014, ponctuée de 45 matchs chez les Flyers en 2011-2012.

Mais quels souvenirs retient-il de cette carrière! Affronter l’équipe de son enfance, les Canadiens de Montréal; disputer un Classique hivernale devant plus de 40 000 spectateurs...

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Crédit photo : Ernest Doroszuk/Toronto Sun / QMI Agency

 

Les commotions cérébrales auront toutefois mis fin à son rêve prématurément, à 25 ans.

«J’ai eu des commotions au niveau junior, mais ce n’était pas sévère. Rien d’alarmant. Mes vraies grosses commotions, je les ai eues chez les professionnels. Ce n’était pas plaisant mais, pour moi, c’est une étape qui m’a mené où je suis aujourd’hui.

«C’est sûr que c’est décevant de laisser quelque chose pour quoi j’ai travaillé pendant 20 ans, mais j’ai grandi en tant que personne et peut-être que mon cheminement personnel aurait été différent si j’avais continué à jouer.»

Retraité depuis quatre ans, Bourdon ressent toujours des symptômes des commotions cérébrales subies pendant sa carrière.

«Des jours, la lumière c’est plus difficile, d’autres jours, j’ai plus de misère à me concentrer, mais globalement je connais mon corps, j’ai vu des médecins vraiment compétents qui m’ont aidé à comprendre ce qui se passe avec ma tête et comment réagir aux symptômes. J’ai de solutions efficaces et simples.

«J’approche ça avec une attitude positive.»

Ces épreuves n’ont pas réussi à séparer le natif de Saint-Hyacinthe pour autant, le destin le liant à Rouyn-Noranda étant plus fort que tout.

«J’aimerais mieux faire partie des Huskies en tant que concierge qu’être ailleurs. Ce n’est pas un manque de respect envers les autres organisations, c’est juste que mon parcours avec eux est tellement spécial.»

L’adjoint de Gilles Bouchard se fait aujourd’hui un devoir de participer au développement personnel des jeunes; la majorité d’entre eux n’accédera pas à la LNH, mais il est important pour Bourdon de leur partager sa détermination face à l’adversité.