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«Je me sentais mal» - Zdeno Chara

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Zdeno Chara n’en est pas à sa première mésaventure avec un joueur du Canadien. Si, lors de l’incident Max Pacioretty, il était possible de penser que le défenseur des Bruins en avait intentionnellement mis plus que le client en demandait, dans le cas de Phillip Danault, on ne peut prétendre à autre chose qu’une malchance.

«Quand je l’ai vu s’écrouler sur la patinoire, la première chose qui m’a traversé l’esprit fut d’espérer qu’il n’était pas blessé», a raconté Chara, à son retour dans le vestiaire des visiteurs du Centre Bell.

«Ça m’est déjà arrivé d’atteindre un adversaire, mais pas de cette façon. C’est un coup de malchance, la rondelle était sautillante. Personne ne veut voir un joueur être atteint dans la région du cou ou de la tête», a poursuivi le Slovaque.

Visiblement mal à l’aise sur la patinoire, Chara est demeuré près de Danault tout le temps des procédures. Alors que ce dernier s’apprêtait à quitter la patinoire sur la civière, Chara a tenu à s’approcher et à lui adresser quelques mots.

«Je me sentais mal. Je voulais lui parler et m’assurer qu’il allait bien. Il a réagi, il m’a répondu. Ça m’a aidé à me sentir un peu mieux. J’espère qu’il s’en remettra complètement.»

Un ami mal en point

Patrice Bergeron est un autre joueur des Bruins qui s’est penché au-dessus de Danault pour s’enquérir de son état de santé. Les deux attaquants se connaissent bien puisqu’ils s’entraînent ensemble au cours de la saison morte.

«Ce n’est jamais plaisant de voir quelqu’un demeurer sur la glace, mais quand c’est un ami, c’est encore plus difficile, a déclaré l’attaquant des Bruins. Je lui ai dit de prendre soin de lui et que j’allais penser à lui. Je voyais qu’il était secoué, mais il avait l’air alerte et présent.»

Avec un peu plus de 90 secondes à jouer au deuxième engagement, les arbitres ont renvoyé tout le monde au vestiaire. Une bonne décision selon Bergeron puisque celle-ci a permis à son coéquipier de se remettre de ses émotions et aux Bruins de remettre l’accent sur le match.

«On voyait que Zdeno se sentait mal sur la glace, mais le fait de pouvoir parler à Phillip nous a réconfortés lui et moi, a expliqué l’athlète de 32 ans. C’est plate à dire, mais on avait encore un travail à faire, alors on pouvait voir que tous les gars essayaient de retrouver leur concentration.»

Des coéquipiers inquiets

Du côté du Canadien, Claude Julien a admis que l’incident avait eu un effet négatif sur la concentration de ses joueurs.

«Le match en entier a été très bon, mais ça n’enlève pas le fait que ça a dérangé notre équipe, a déclaré l’entraîneur-chef. On n’aime jamais voir ça. Des blessures comme ça, c’est inquiétant. Plusieurs joueurs s’inquiètent, mais les rapports sont bons. Le plan est de le garder à l’hôpital et de le réévaluer demain (aujourd’hui).»

Voyant que ses troupiers étaient perturbés, Julien a tenté de transformer ce triste événement en source de motivation.

«J’ai dit aux joueurs que ça serait bien qu’on gagne le match. Les gars ont bien réagi malgré ce qui s’est passé. En troisième, on a beaucoup donné pour essayer de gagner en l’honneur de Phillip.»

Et il s’en est fallu de peu...