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Canadiens: Marc Bergevin a une cible dans le dos

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Le directeur général des Canadiens de Montréal, Marc Bergevin, est sous pression à l’heure actuelle, selon l'ancien entraîneur de la LNH et analyste-hockey de la chaîne TVA Sports, Michel Bergeron.

«En fait, de toute ma carrière, je ne crois pas avoir été témoin de critiques aussi virulentes à l’endroit d’un homme de hockey, a souligné Bergeron dans sa chronique du Journal de Montréal, samedi.

«Dieu sait que j’en ai vu des choses depuis que j’ai commencé ma carrière avec les Draveurs de Trois-Rivières en 1974. Quand Bergevin a mentionné lors de son bilan de mi-saison qu’il avait la "couenne dure", il faut le croire. En ce moment, le dg du Canadien doit se sentir bien seul. Il ne semble bénéficier de l’appui de personne.

«Probablement avec raison. Depuis une semaine, on ne parle que de Bergevin. Il pourrait presque se faire un scrapbook complet seulement avec les coupures de journaux à son sujet dans la dernière semaine!»

Du jamais-vu

«Je ne sais pas ce que Geoff Molson en pense, mais il est évident que le poste de Bergevin est en jeu, a continué Bergeron. Il faudra une bombe, un réel coup d’éclat de sa part s’il désire conserver son emploi.

«Et par coup d’éclat, je ne veux pas dire de se débarrasser de Tomas Plekanec...

«Quand je dis que je n’ai jamais vu un homme de hockey être aussi critiqué, je ne blague pas. En 1989-1990, j’étais à la barre des Nordiques de Québec, tristement célèbres pour notre saison de 31 points en 80 matchs (12-61-7).

«Même là, quand tout allait mal, jamais nous n’avons été critiqués, autant moi que Martin Madden puis Maurice Filion, qui s’étaient succédé au poste de directeur général de l’équipe.

«D’ailleurs, sans faire de comparaison, je peux tracer des similitudes entre ce qui nous était arrivé à Québec en 1989-1990 et ce que le CH traverse à l’heure actuelle.»

Transition déficiente

«Avec les Nordiques, la transition ne s’était pas faite de la bonne façon. Pour qu’une organisation soit en santé, il faut s’assurer d’avoir des jeunes joueurs qui peuvent prendre la place des vétérans qui partent, a indiqué Bergeron. À Québec, quand Peter Stastny et Michel Goulet avaient été échangés, on n’avait pas été en mesure de les remplacer dans l’immédiat, avec les résultats qu’on connaît.

«Chez le Canadien, c’est exactement ce qui s’est produit cette saison. On a perdu des vétérans importants en Andrei Markov et Alexander Radulov et personne à l’interne n’a été en mesure de combler le vide laissé par le départ des deux Russes.«

Aucune clarté

«Si les résultats sur la glace ne sont pas convaincants, le travail au deuxième étage l’est encore moins, a terminé Bergeron. L’organigramme n’est pas clair. Il est anormal de ne pas être en mesure de savoir avec exactitude qui est le dépisteur chef de l’équipe. Est-ce Trevor Timmins ou Shane Churla ? Personne ne le sait réellement.

«Quand on regarde à Tampa Bay, par exemple, où Steve Yzerman s’est implanté comme l’un des bons de sa profession, le nom de Julien Brisebois n’est jamais bien loin. Pourquoi ? Parce qu’il connaît tout du hockey mineur, du hockey junior. Les Leafs ont fait la même chose quand ils ont embauché Mark Hunter à titre de recruteur-chef.

«Il faut s’entourer de gens qui seront non seulement présents à tes côtés, mais qui en plus apporteront quelque chose à l’organisation.

«Quand on regarde tous les membres de la garde rapprochée de Marc Bergevin, parfois, on a du mal à comprendre leur rôle.«