LNH

Match des étoiles : des sélections méritées, d’autres douteuses

Match des étoiles : des sélections méritées, d’autres douteuses

Michel Godbout

Publié 10 janvier
Mis à jour 10 janvier

Les étoiles de la LNH sont nées. Ce match annuel souligne l’excellence de certains joueurs lors de la première moitié du calendrier.

Sans rien enlever à qui que ce soit, la nouvelle formule de sélection (outre les quatre capitaines choisis par le public) doit faire place à au moins un joueur de chaque formation. Forcément, il y a des plus méritants qui sont écartés et d’autres qui se faufilent car le processus joue en leur faveur.

Commençons avec les nominations qui me réjouissent avant de passer à celles qui me laissent perplexe.

Steven Stamkos

À ce temps-ci l’an dernier, nous étions privés des prouesses de Steven Stamkos. Victime d’une blessure qui lui avait fait manquer la majorité de la dernière campagne, il est revenu en force cette année comme «le Stammer» des beaux jours.

Fallait s’attendre à sa sélection, tout comme celle de son complice Nikita Kucherov et celle d’Andrei Vasilevskiy. Heureuse coïncidence que Tampa est la ville hôtesse du match et domicile de la meilleure équipe du circuit!

Nathan MacKinnon

Sommes-nous (enfin) en train d’assister à l’éclosion totale de cet autre talent néo-écossais? Il y avait tellement d’attentes envers cet «autre Crosby», alimentées par une première saison prometteuse, qu’on avait peut-être oublié justement que tous les joueurs ne sont pas des Crosby, même s’ils sont de grands talents.

Certains diront que le départ de Matt Duchene a permis à MacKinnon de prendre sa place, mais la réalité dicte qu’il gagnait en confiance depuis deux ans et le voilà maintenant en voie de connaître possiblement une saison de plus de 100 points!

Marc-André Fleury

Quel conte de fées, nonobstant de la commotion! C’est tellement mérité. Après que les Penguins aient choisi d’opter pour le jeune et talentueux (mais fragile) Matt Murray, Fleury a gardé le cap et a saisi une nouvelle occasion à Vegas et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ses patrons s’en réjouissent! Son début de saison a été fulgurant, son absence de 25 matchs due à une commotion cérébrale nous a fait craindre le pire, mais le souriant gardien est revenu plus fort que jamais.

C’est bien de voir que le comité de sélection a vu au-delà du nombre de matchs joués pour permettre à Fleury de prendre part à un troisième match des étoiles.

Je suis perplexe...

Carey Price

La sélection de Price illustre très bien les failles du processus de sélection de la LNH. En voulant avoir au moins un représentant par équipe, le choix de Price comme représentant du CH se justifie comment? Il est loin derrière plusieurs gardiens plus méritants de l’Atlantique, comme Frederik Andersen (Toronto) et Tuukka Rask (Boston).

Selon moi, c’est Brendan Gallagher qui devrait être le représentant du CH, mais puisqu’il y a meilleur que lui à l’aile droite au sein d’autres formations, le choix par défaut tombe sur Price. Certes le gardien joue comme une étoile dernièrement, mais certainement pas depuis le début de la saison.

Sidney Crosby

Un match des étoiles sans Sidney Crosby? Ce serait étrange mais... oui!

Crosby est encore le visage de la LNH, mais au mérite, je ne comprends pas pourquoi il a été choisi. Il ne connaît pas une mauvaise campagne, mais en première moitié de saison, c’est Phil Kessel qui a transporté Pittsburgh en animant une attaque parfois anémique.

Choisir Kessel aurait été justifiable au plan statistique et même au plan public puisque les partisans ont choisi Alex Ovechkin comme capitaine de l’équipe Métropolitaine.

Erik Karlsson

Entendons-nous, Karlsson est une vedette au même chapitre que Carey Price, c’est incontestable. Mais à l’instar de Price, le défenseur des Sénateurs ne connaît pas une saison digne d’une sélection au match des étoiles.

C’est vrai qu’il passe le plus de temps sur la patinoire que quiconque au sein de son équipe et qu’il est leur meilleur passeur. Mais il est le pire joueur des «Sens» dans les plus et moins (-16) et il est loin d’avoir été le Karlsson dominant en première moitié de saison qu’on a l’habitude de voir, sans doute en raison de sa convalescence prolongée. Mark Stone aurait été plus méritant, mais comme Gallagher, il est victime du système.

Malgré mes réticences envers certains candidats, je n’ai aucun doute que le spectacle sera au rendez-vous. Car au final, un match des étoiles, c’est justement ça, un spectacle. Dommage que certains devront le regarder au lieu d’y participer, mais ils auront la chance de se reprendre en deuxième moitié de campagne et en séries, là où l’on voit les véritables étoiles briller de tous leurs feux.

2017 SAP NHL Global Series - Ottawa Senators v Colorado Avalanche
Crédit photo : AFP