Gala SAUNDERS VS LEMIEUX

Crédit : Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal

Boxe

David Lemieux face à un casse-tête 3 dimensions

David Lemieux face à un casse-tête 3 dimensions

Bernard Barré

Publié 17 décembre 2017
Mis à jour 17 décembre 2017

Billy Joe Saunders (26-0-0,12 K.-O.) a facilement conservé son titre de champion du monde WBO des poids moyens face à notre québécois David Lemieux (38-5-0,33 K.-O.), dans le premier combat présenté à la Place Bell de Laval, samedi soir. Son sacre a été confirmé par l’annonceur maison du prestigieux réseau HBO, Michael Buffer.

Saunders, qui a représenté l’Angleterre à l’âge de dix-huit ans aux Jeux olympiques de Pékin, effectuait sa troisième défense de titre. Le boxeur gaucher expérimenté, avantagé au niveau de la grandeur et surtout de la portée, possédant un jeu de pieds remarquable, une faculté d’esquiver au quart de pouce, une contre-attaque incisive, une précision chirurgicale et une confiance en ses moyens qui le rend un peu baveux, a été impressionnant.

Notre David national tentait de devenir le second québécois champion du monde pour une deuxième fois, le premier étant le membre du panthéon de la renommée de la boxe internationale Arturo « Thunder » Gatti. Cependant, il s’est retrouvé dans une position inconfortable face à ce petit génie qui avait bien pris soin d’exiger la cour d’école comme ring, le plus grand réglementaire, celui de vingt pieds par vingt pieds.

Par ailleurs, l’équipe responsable du ring a dû recommencer l’installation des câbles, tard en après-midi, parce qu’il était en déficit de trois pouces partout. Ces mêmes trois pouces ont été souvent ce qu’il manquait à Lemieux pour planter sa puissance légendaire sur la cible.

Toutes les tentatives pour casser la distance ont avorté ou presque. Comme une couleuvre qui glisse entre les doigts, Saunders s’en est admirablement bien sorti. Le plus puissant était assurément Lemieux, mais le plus habile était sans l’ombre d’un doute Saunders.

La décision des juges était tranchante, le juge neutre Portoricain a donné trois rounds sur douze à l’aspirant, le juge Anglais deux et notre juge local zéro.

Stephan Larouche qui était analyste en ma compagnie sur le réseau Indigo m’a regardé dans les yeux avec un regard découragé, que j’ai partagé. Une chance que nos micros étaient ouverts, parce que je suis convaincu qu’on aurait dit des gros mots.

J’arrête ici mon texte, je m’en vais prendre une marche pour décompresser. Quelqu’un peut-il m’expliquer? Junior Ulysse a subi sa première défaite en carrière il y a un mois, dans des circonstances déchirantes. Un juge américain l’a vu gagné, pas notre juge local. Wow! De quoi insécuriser tous les participants et intervenants et faire rigoler les étrangers.