Crédit : Mario Morissette

LHJMQ

Simon Gamache, un immortel des Foreurs

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Lorsqu’il s’est dirigé vers Val-d’Or au mois d’août 1998, quelques semaines après avoir été un choix de cinquième tour des Foreurs, Simon Gamache avait quitté Thetford Mines par autocar.

Avec quelques bâtons entre les mains et l’idée bien ancrée de revenir dans son patelin seulement quelques mois plus tard.

Aujourd’hui, c’est par la voie des airs que Gamache retourne en Abitibi pour le retrait de son chandail numéro 22, cérémonie qui se déroulera samedi avant le match face aux Wildcats de Moncton. Quelques événements mondains pimenteront le week-end de Gamache et de ses sept invités.

«Parce que l’auto de ma mère n’aurait jamais survécu à un voyage aller-retour en Abitibi, j’étais parti du terminus de Thetford Mines avec ma poche de hockey et un sac de linge.»

«Le voyage avait duré une douzaine d’heures, sinon plus, avec les nombreux arrêts et transferts. Avant mon départ, j’avais assuré ma mère que j’allais faire l’équipe. À la suite d’un bon camp d’entraînement, l’entraîneur-chef des Foreurs, Gaston Therrien, m’avait accordé la chance de faire mes preuves», a raconté Gamache, lors d’une entrevue réalisée dans son petit coin de paradis du lac du Huit. Ce plan d’eau est situé à un jet de pierre du mont Adstock.

«L’organisation des Foreurs souhaitait retirer mon chandail depuis quelques années déjà. Puisque j’évoluais en Europe, c’était très difficile, voire impossible, de trouver une date qui n’entrait pas en conflit avec mes obligations professionnelles. [...] J’ai hâte de renouer avec les partisans des Foreurs et les membres actuels de l’organisation et quelques vieilles connaissances», a mentionné le retraité sportif de 36 ans, maintenant employé du groupe financier Industrielle Alliance.

Des statistiques impressionnantes

À la suite d’une récolte de 63 points à sa première saison (à 17 ans), Gamache a enchaîné avec des campagnes de 143 et 184 points.

Depuis le début du siècle, personne ne s’est approché de ce sommet atteint dans un calendrier de 72 parties.

«Certes, mais si Sidney Crosby [168 points en 62 parties en 2004-2005] n’avait pas participé aux Championnats mondiaux de hockey junior, il m’aurait probablement dépassé», estime Gamache.

À sa dernière saison (2000-2001), il avait guidé les Foreurs vers la Coupe du Président et il fut élu le joueur par excellence de la LHJMQ et de la Ligue canadienne.

«En 1999-2000, j’avais terminé au troisième rang des pointeurs de la ligue [derrière Brad Richards et Ramzi Abid], mais nous avions terminé derniers au classement général de la ligue. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs agréables de cette saison. L’année suivante, avec un entraîneur en chef recrue, Claude Bouchard [et un directeur général créatif en Stéphane Pilotte], nous avions renversé la vapeur et remporté le championnat des séries éliminatoires.»

Devant Mario Lemieux

Dans la foulée de ses 184 points en saison régulière, Gamache en avait ensuite accumulé 57 durant les séries, éclipsant les 52 points de Mario Lemieux au printemps de 1984. Un record de ligue qui n’a pas été battu depuis, même si Alexander Radulov (56), des Remparts de Québec, avait flirté avec le record en 2006.

«En additionnant les buts en saison régulière [74], ceux des éliminatoires [22] et les quatre comptés durant le tournoi de la coupe Memorial, j’avais atteint le plateau des 100 buts. Un exploit dont je suis fier parce que notre équipe avait gagné le championnat des séries et nous étions venus très près de gagner la coupe Memorial [défaite en finale de 6-5 devant Red Deer].

«Quand tu gagnes et que tu soulèves une coupe, tu te souviens de l’histoire de ces victoires et des gars avec lesquels tu as vécu cette conquête.»

La coupe du Président 2001 fut le premier de plusieurs trophées remportés par Gamache à différents niveaux de compétition.

«En carrière, que ce soit dans la East Coast, la Ligue américaine ou en Europe, nous avons participé à sept séries finales et avons remporté quatre championnats. Je me considère chanceux d’avoir évolué avec autant de formations gagnantes», assure le père de trois enfants qui ont entre 4 et 9 ans.