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Et Québec dans tout ça?

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Maintenant que l’épineux dossier des Hurricanes de la Caroline semble, en pratique, classé pour plusieurs années, que reste-t-il comme espoir pour Québec?

La question a été posée directement au commissaire de la Ligue nationale (LNH), Gary Bettman, qui a hoché la tête et secoué les épaules par dépit avant d’offrir son interprétation des faits.

«Je n’ai pas vraiment de réponse à cette question. Les gouverneurs acceptent que Seattle remplisse une demande pour une équipe d’expansion et évidemment, il y a des différences entre Seattle et Québec, la première étant la question de l’alignement géographique.

Notre plan est d’y aller seulement avec Seattle [dans un éventuel processus d’expansion]», a-t-il répondu.

Pour sa part, l’adjoint au commissaire, Bill Daly, a refusé de tracer un lien entre les derniers événements et les chances de voir Québec obtenir son équipe éventuellement.

«Je ne crois pas que les annonces aient un quelconque impact sur Québec. Pour tourner cela de manière positive, l’accent a toujours été mis sur la nécessité d’ajouter une équipe dans l’Ouest avant de songer à une équipe dans l’Est», a-t-il répété.

Il y a longtemps que l’option d’un déménagement semble la plus plausible pour Québec. Mais encore là, Daly n’estime pas qu’il s’agit d’une possibilité. «Non!» a-t-il simplement tranché, sans autre explication à cet effet.

Faudra-t-il attendre que des déboires aient raison des Panthers en Floride ou des Islanders à New York ? Connaissant le dégoût de Bettman à déraciner des clubs des marchés américains, la patience sera de mise.

Les Coyotes et les autres

Quant aux éternels efforts de garder les Coyotes dans le désert, les deux gros bonnets du circuit ont de nouveau proclamé leur foi à l’égard de la viabilité du hockey en Arizona.

«Chaque fois qu’une équipe a déménagé, c’est que le propriétaire dans ce marché ne voulait plus de l’équipe. C’est pourquoi les Jets et les Nordiques sont partis dans les années 1990. Il n’y avait plus de propriétaire qui souhaitait garder ces équipes en place. Ce n’est pas le cas actuellement en Arizona.»

«Je ne vois pas cette équipe comme une candidate potentielle pour un déménagement en ce moment. Ils font du progrès là-bas, mais il y a encore du travail», a mentionné Bettman.

Son bras droit, à qui plusieurs questions sur Québec ont été posées, s’est même permis une boutade qui en dit long.

«Nous sommes heureux de nous faire questionner sur Québec. S’il n’y avait plus de questions, ce serait signe qu’il n’y a plus d’intérêt. Et nous souhaitons toujours de l’intérêt.»

Voie toute tracée pour Seattle

Bettman insiste pour dire qu’il n’y a encore rien d’officiel, mais inscrivez-le au calendrier. Une équipe d’expansion évoluera à Seattle pour la campagne 2020-2021.

Disons que la LNH attendait avec grande impatience l’idée d’intégrer Seattle dans ses rangs. À peine trois jours après l’annonce de la rénovation majeure du KeyArena pour la somme de 660 millions $, les gouverneurs se sont empressés d’emboîter le pas pour que la marche vers une 32e équipe soit rapidement entamée.

«M. [David] Bonderman, avec son partenaire Jerry Bruckheimer, nous a demandé s’ils pouvaient se soumettre à une procédure pour un éventuel processus d’expansion. Les gouverneurs ont décidé qu’ils pouvaient le faire. Cela ne signifie pas qu’une équipe d’expansion leur est octroyée. Comme ligue, nous avons ouvert la porte à cette possibilité et à lancer une campagne d’abonnements dans les mois à venir», a dit le commissaire, sans fournir d’échéancier.

L’octroi d’une concession à Seattle à la rencontre des gouverneurs en juin prochain ne serait pas étonnant.

Facture de 650 millions $

Le processus devrait être identique à celui auquel se sont soumis Québec et Las Vegas en 2015. L’énorme différence au tableau, c’est que le prix d’une équipe d’expansion a grimpé vertigineusement à 650 millions $, a confirmé Bettman.

«Nous sommes quelque peu familiers avec la ville de Seattle, mais la vérification plus poussée à faire dans le cadre du processus nous donnera les réponses finales. De ce que j’en sais, je crois que ce sera un bon marché» a glissé Bettman.

L’utilisation du futur, plutôt que du conditionnel, en dit long.

«La rivalité en puissance avec Vancouver a du potentiel et il y a de l’intérêt pour le hockey dans le Nord-Ouest américain, ce qui en fait une intrigante option. Mais il faut faire nos devoirs. On ne peut pas simplement décider d’accorder une équipe d’expansion à un marché. C’est une décision d’affaires très sérieuse», a-t-il enchaîné.

Remaniement des divisions

Pour faire une place à Seattle, la ligue devra inévitablement remanier ses divisions dans l’Ouest. Seattle prendrait assurément place dans la section Pacifique et cela impliquerait de déplacer une équipe dans la Centrale.

«Nous n’en avons pas encore parlé avec les gouverneurs, mais Gary et moi en avons discuté et nous avons une petite idée là-dessus», a dit Daly.

Pour ce qui est de Houston, qui a témoigné son intérêt à obtenir une éventuelle équipe, Bettman a fait savoir qu’il n’y avait rien de neuf à rapporter.