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Russie suspendue: «une décision excellente et inévitable»

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Christiane Ayotte se réjouit de la décision du Comité international olympique (CIO) de bannir la Russie des Jeux d’hiver de 2018 à Pyeongchang pour dopage institutionnalisé.

«La décision est excellente et je pense qu’elle était inévitable», affirme la directrice du laboratoire de contrôle du dopage sportif en entrevue à l’émission 100% Nouvelles de la chaîne LCN.

Établie à Montréal, la spécialiste des questions liées au dopage sportif souligne que la Russie devra rembourser les 15 millions $ que le CIO a dû débourser afin de mener ses enquêtes et ses tests supplémentaires.

Le CIO autorise cependant les athlètes russes à participer aux épreuves organisées à Pyeongchang, en Corée du Sud, en février prochain, sous le drapeau olympique (neutre) et en respectant des conditions très strictes. Ils devront démontrer sur une base individuelle «qu’ils n’étaient pas impliqués dans tout ce schème de dopage».

Pas de coïncidence

Le système de dopage mis en place par différents acteurs russes n’avait rien d’improvisé, rappelle Mme Ayotte.

«C’était à tous les niveaux et ça durait depuis très longtemps. Cela a culminé avec un système de remplacement d’urine impliquant même les services secrets russes et remontant jusqu’aux ministres et sous-ministres.»

De là à dire que les plus hautes instances du pays étaient impliquées activement dans une telle manipulation des contrôles antidopage de leurs propres athlètes, il n’y a qu’un pas que Mme Ayotte n’est pas prête à franchir.

«Peut-être que Vladimir Poutine n’était pas impliqué tous les jours. Mais c’était un système qui avait des ramifications partout, non seulement au laboratoire, ce qui est déjà éminemment grave, mais avec les agences de collecte et les athlètes.»

Mme Ayotte rappelle que lors de la Commission d’enquête McLaren – qui a remis un rapport accablant sur le dopage institutionnalisé en Russie entre 2011 et 2015 –, des preuves avaient été recueillies contre un millier d’athlètes, ce qui démontre, selon l’experte de renommée mondiale, «que nous avions un système de dopage important».

La décision majeure prise mardi par le CIO ne signifie pas pour autant que tout repart à zéro en Russie.

«Certainement qu’il leur reste des devoirs à faire et là, j’espère que la position ferme du CIO va leur permettre de mettre en place les mesures qui leur sont demandées et qu’il y ait une reconnaissance de ce système antidopage alors que les Russes continuent de nier», poursuit Mme Ayotte, qui souhaite que les responsables russes feront amende honorable.