Football universitaire RSEQ

Coupe Vanier 2017 : le choc des générations

Coupe Vanier 2017 : le choc des générations

Charles-Antoine Sinotte

Publié 27 novembre 2017
Mis à jour 27 novembre 2017

Je n’avais jamais vu le Rouge et Or dominé de la sorte. Sans mot, sans réponse, les Mustangs étaient tout simplement meilleurs.

Je ne pense pas qu’on puisse parler d’une mauvaise journée, d’une mauvaise sortie. Je ne pense pas non plus qu’on peut parler d’un mauvais plan de match ou d’une préparation inadéquate.

Les Mustangs étaient tout ce que le Rouge et Or ne pouvait ralentir.

On a eu droit à un choc des générations samedi à Hamilton.

Le mot le plus tendance au football depuis quelques années est «hybride». Un football évolué, un cycle de style de jeu axé sur la mobilité, la polyvalence et la légèreté.

Au Québec, comme presque partout ailleurs, le jeu aérien s’est élargi, le jeu au sol également, souvent remplacé par des «courses camouflées en passes» sur le périmètre. Les corridors de blocs se sont diversifiés. La rapidité est devenue gage principal de succès des deux côtés du ballon.

La spécialisation des joueurs s’est modifiée, et par le fait même leur gabarit. Les fronts sont devenus plus agiles. On s’est adapté.

Tout se réinvente

Mais au football comme dans la vie, les cycles partent et reviennent. Rien ne s’invente, tout se réinvente. Toute évolution stratégique est ancrée dans le passé, et par définition les changements qui en découlent. Mais lorsque tous empruntent un nouveau chemin, l’ancien existe toujours.

Les Mustangs ont compris que la meilleure façon de contrer une époque et de se trouver une identité forte est de ne pas prendre la même voie que les autres.

Au Québec, outre l’attaque du Rouge et Or (222), seulement celle de Concordia avait couru plus de 200 fois pendant la saison. En Ontario, 9 des 11 équipes avaient franchi ce plateau, avec Western en haut de liste avec 328 courses en 8 matchs.

Pendant la saison, le Rouge et Or a eu à affronter plus de 30 courses dans un match seulement à deux reprises, face à Concordia.

Les Mustangs ont couru 53 fois en grande finale. Sur 1er et long, 2e et court, 2e et long, peu importe, on courait. On a couru toute l’année sans complexe, sans tenir aux apparences ou aux tendances. En toute simplicité, mais surtout en toute puissance, les adversaires ont été achevés physiquement, mais surtout psychologiquement.

C’est tellement lourd d’être témoin d’un rouleau compresseur en action. Les séries offensives sont longues, le football est brutal, le rythme est d’un seul côté. C’est tellement démoralisant de jouer contre une équipe qui court tout le temps, avec 3-4 porteurs différents et une ligne à l’attaque en symbiose parfaite... Parlez-en justement aux adversaires du Rouge et Or depuis 15 ans!

Le Rouge et Or a eu l’air déprimé et incrédule pour une bonne partie de la 2e demie. Ça aussi je n’avais pas vu ça depuis longtemps. Conscients que les joueurs ne pouvaient simplement ajouter 30 livres chacun à leur charpente, les hommes de Constantin ont continué de se battre mais avec des munitions inégales.

C’est une autre époque qui a triomphé à Hamilton samedi et ça risque de faire des petits. Rien ne se perd, rien ne se crée qui disait.