Football universitaire RSEQ

Coupe Vanier 2017: le repos ou l’adversité

Coupe Vanier 2017: le repos ou l’adversité

Charles-Antoine Sinotte

Publié 24 novembre 2017
Mis à jour 24 novembre 2017

Comme lors de tout grand match, on se doit de mettre en opposition les personnalités des deux équipes. Cette semaine, on a parlé de la meilleure attaque face à la meilleure défense à outrance. D’un jeu au sol dévastateur face à un équilibre offensif.

Le contraste se défend également dans le parcours des deux équipes. Laval vient de disputer deux classiques. Western, trois grandes marches dans le parc.

60 minutes ou 20 minutes

Le Rouge et Or a dû, coup sur coup, contrer un retour dans le match improbable des Carabins à la Coupe Dunsmore, avant d’orchestrer lui-même une remontée spectaculaire en Alberta la semaine suivante. Pendant ce temps, Western reposait ses partants après une vingtaine de minutes tellement leurs avances étaient insurmontables.

Dans leurs trois matchs éliminatoires, les représentants de London en Ontario ont marqué en moyenne 74 points par match (l’équipe de basketball de l’Université Laval présente une moyenne de 79 depuis le début de leur saison). Cette tendance est loin d’être simplement éliminatoire pour les chevaux mauves. En saison, ils ont gagné leurs matchs par une marge de 35 en moyenne, et seulement une de leur victoire a été obtenue par moins de 16 points, alors que Guelph les avait poussés en prolongation... à la Fête du travail.

Je sais bien que la comparaison directe entre le parcours des deux finalistes ne peut se faire seulement quantitativement. Mais ça demeure quand même la réalité actuelle des deux organisations.

Mais détrompez-vous, ce scénario n’est pas nouveau. C’est le cas chaque saison ou presque. Dans les 10 dernières années, les deux organisations ont dominé leur conférence respective.

Durant cette période, Western est allé chercher un total de 88 victoires contre 106 pour le Rouge et Or. Mais c’est dans les «grands matchs» que les joueurs de Glen Constantin sont dans une classe à part.

Huit championnats de conférence pour Laval contre seulement trois pour Greg Marshall. C’est encore plus probant au niveau canadien alors que le Rouge et Or a 12 victoires contre une seule pour leurs adversaires de demain. À la Coupe Vanier, c’est cinq trophées contre aucun pour les champions de l’Ontario.

Ces nombreux désastres de fin de saison nous permettent de douter de la résilience des Mustangs et de leur capacité à gérer l’adversité. À l’inverse, le Rouge et Or a prouvé à maintes reprises que ces deux traits de personnalité leur collent à la peau.

L’autre duel

C’est aussi la trame «meilleure défense vs meilleure attaque» qui domine les conversations. Le Rouge et Or a la meilleure défense au pays. Elle anéantit les éléments offensifs adverses semaines après semaine les réduisant à moins de 10 points par rencontre en moyenne.

Les Mustangs ont, et de loin, l’attaque la plus productive au pays.

Donc lorsque les forces s’affrontent, c’est souvent l’inverse qui fait la différence. Le duel «attaque des rouges face à la défense des mauves» sera à surveiller. En analysant le tout, on se rend rapidement compte que ces deux unités sont également tout près du sommet canadien.

On peut débattre que l’attaque de Québec est dans le top 3 national, même chose pour la défense ontarienne. Par contre, on y retrouve là les deux seules faiblesses des équipes respectives. Et ces talons d’Achille s’affronteront.

La ligne à l’attaque du Rouge et Or est en quête identitaire depuis un mois. Les nombreux blessés ont handicapé le périmètre. Depuis le début des éliminatoires, Hugo Richard a été rabattu presque aussi souvent que pendant toute la saison régulière. 14 sacs du quart en trois matchs depuis la fin de la saison (quatre en demi-finale du RSEQ et cinq dans les duels face aux Carabins et aux Dinos). C’est un de moins que dans les huit matchs de saison. Presque chaque fois, les failles sont extérieures.

Défensivement, la force des Mustangs se retrouve au deuxième niveau. L’unité secondaire, menée par deux Québécois Jean-Gabriel Poulin et Philippe Dion, couvre énormément de terrain. Mais devant eux, la ligne défensive n’est pas très reluisante. C’est un front qui alterne entre une 3-4 et une 4-3, tout en légèreté, et qui ne s’est pas souvent rendu aux pivots adverses cette année.

En somme, lorsque Laval sera en attaque, la bataille des fronts risque d’être déterminante dans cette 53e Coupe Vanier.

Les 2 doigts de Constantin

C’est une 11e présence en grande finale pour le Rouge et Or. Une seule fois l’équipe est venue à court de soulever le trophée. Seule l’Université Western s’est rendue au match ultime plus souvent. Ce sera samedi une 13e tentative dans l’histoire de l’organisation. Le programme frappe toutefois seulement pour ,500 en grande finale et la dernière conquête remonte à 1994.

Greg Marshall ne s’est d’ailleurs jamais fait prendre la mesure de doigt pour une bague de champions en tant qu’entraîneur-chef. Son homologue n’a que deux espaces disponibles...