Impact

Au revoir, M. Camara

Au revoir, M. Camara

Vincent Destouches

Publié 16 novembre 2017
Mis à jour 16 novembre 2017

Demandez à qui cela vous chante, vous ne trouverez personne ayant quelque chose de mal à dire sur Hassoun Camara. « Gentleman » est le mot qui revient le plus souvent pour le décrire.

Cette élégance, Camara l’a dans la vie autant que sur le terrain.  L’avait, devrais-je dire. Car, si cela n’a pas encore été annoncé officiellement, je peux tout de même vous l’assurer : Camara ne refoulera plus les terrains en tant que joueur professionnel. Il va prendre sa retraite.

Une retraite semble-t-il forcée. Sujet aux commotions cérébrales, ou du moins à ses symptômes, Camara devrait annoncer sous peu cette décision qui vise à préserver sa santé. Car si la vie de joueur s’arrête, celle de l’homme continue.

Mais parlons de sa carrière. Car Camara n’est pas n’importe qui. Il est ce qu’on peut appeler un « membre historique » de l’Impact, l’un des rares à être présent depuis le début de l’ère MLS. Et le seul, avec Evan Bush et Wandrille Lefèvre, à avoir joué avec le club en deuxième division.

Cette longévité au haut niveau se reflète positivement dans ses statistiques et les honneurs décernés. Il est le joueur montréalais à avoir disputé le plus de minutes avec l’Impact (10979), et celui ayant obtenu le plus de départs (124). Nommé joueur le plus utile de l’équipe en 2011, il a également été élu joueur défensif de l’année en 2016.

Ce que le grand public sait peut-être moins, c’est à quel point il était important pour le club et la vie du groupe. Tout en retenue, peut-être trop bien élevé à cet égard, il ne s’est jamais mis en avant. Pourtant, je peux vous assurer qu’à l’entraînement comme dans le vestiaire, il était une figure centrale, un leader. Malgré tout, il a eu une image de négligé qui lui a collé à la peau.

On a tous les défauts de nos qualités, mais il serait injuste que Camara paye sa discrétion par une sortie anonyme. En fait, il y a une certaine erreur de l’histoire à rectifier au moment de rendre hommage au néo-retraité. Alors je vous encourage à célébrer ce joueur et cet homme qui a marqué le Bleu-Blanc-Noir de son empreinte, et qui mérite d’être reconnu comme tel.

Ça bouge chez l’Impact, mais pas encore assez

La retraite de Camara tombe peut-être à point nommé. Avec les départs actés de Patrice Bernier, Jack Stern et Jason Di Tullio, une page significative se tourne chez l’Impact. Une autre ère commence.

L’arrivée de Joël Bats n’a fait que confirmer ce que tout le monde disait déjà depuis l’annonce de la venue de Rémi Garde : le club est en train de basculer dans une autre dimension. Comme je l’ai déjà évoqué, ces embauches sont particulièrement cohérentes avec la réalité sportive et économique du club, qui maximise ses chances d’exceller avec ces grands professionnels.

Seulement, il faut pour cela que des changements s’opèrent ailleurs que derrière le banc. La saison passée, le jeu de l’équipe se reposait trop sur le talent brut des joueurs d’un effectif... qui manquait justement de talent.

Pour se relancer, l’Impact doit donner les moyens à son nouvel entraîneur de mettre en place sa vision, et cela passe par de nouvelles forces vives – à défaut d’un renouvellement plus important. C’est d’autant plus vital que l’association Est s’annonce encore plus relevée en 2018...

La direction a fait un premier pas dans cette direction en se séparant de Shaun Francis, Eric Kronberg, Andres Romero et Hernan Bernardello. Les deux Argentins, notamment, apportaient peu et coûtaient beaucoup.

Je suis un peu plus sceptique concernant l’option exercée sur les contrats de joueurs comme Michael Salazar ou Nick DePuy, car il me semble que la direction doit tenter par tous les moyens de réduire l’écart (significatif) entre les joueurs les plus et les moins talentueux de l’effectif.

J’aurais pu inclure Daniel Lovitz dans ce constat, mais à la lumière des départs d’Ambroise Oyongo, d’Hassoun Camara, de Shaun Francis et celui possible de Chris Duvall, il y a probablement une limite au nombre de bons défenseurs latéraux que le club est capable de sortir de son chapeau...

Toujours est-il que l’exemple de Samuel Piette nous montre bien qu’il existe des joueurs très talentueux et peu onéreux à aller chercher. Encore faut-il être capable de les dénicher.

Ne tirons pas de conclusion trop rapide, cependant. Mon petit doigt me dit que sur les 23 joueurs annoncés ce matin comme étant engagés avec Montréal pour la saison 2018, certains ne resteront pas Montréalais très longtemps...