Dave Morissette en Direct | L'Émission de Hockey de Fin de Soirée

Louis Domingue n'a nulle part où aller

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Soumis au ballottage par les Coyotes de l’Arizona au tournant des mois d'octobre et de novembre, Louis Domingue n’a été réclamé par aucune équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH).

Depuis, le gardien n’a joué aucun match. Non, le Québécois ne s’est pas rapporté aux Roadrunners de Tucson, filiale des Coyotes dans la Ligue américaine (LAH); pas par manque de volonté, mais bien parce que les Coyotes lui ont signifié de ne pas se présenter.

«Quand ils m’ont soumis au ballottage, c’est comme si j’avais su que je n’allais plus jamais jouer pour les Coyotes, a révélé Domingue en entrevue à Dave Morissette en direct sur TVA Sports, lundi. Ils ont trois gardiens dans la Ligue américaine, donc je ne peux pas jouer là. Ils m’ont clairement dit que ce ne serait pas une option de jouer en bas, de prendre des matchs à des jeunes en développement.

«Pas le droit d’aller en bas, pas le droit de pratiquer avec les Coyotes... J’ai demandé à l’équipe : "OK, qu’est-ce que je fais?" J’ai une carrière, j’ai 25 ans, je dois m’entraîner... On m’a dit de louer mes propres glaces, à mes frais.»

Après une semaine et demie dans l’incertitude et un entraînement «privé» avec un ancien coéquipier, l’éminent Shane Doan, un Louis Domingue confus a carrément demandé aux Coyotes s’il pouvait retourner à la maison, au Québec, là où il peut s’entraîner plus convenablement. L’ancien des Remparts de Québec dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) a reçu l’autorisation pour procéder ainsi.

Dans la LNH... ou ailleurs

Ici, Domingue est en mode solution. Aucune option n’est à écarter tandis qu’il espère que les Coyotes trouvent une équipe à qui l’échanger. D’ailleurs, le choix de cinquième tour des Coyotes au repêchage de la LNH en 2010 ne détesterait pas que les Canadiens de Montréal lâchent un coup de fil à Glendale...

Le portier ira là où le vent le mènera, jusqu’en Europe s’il le faut, tant qu’il puisse jouer et démontrer que sa fiche de six revers, sa moyenne de buts alloués de 4,33 et son taux d’efficacité de ,856  sont des erreurs de parcours, le résultat de sa propension à connaître de lents débuts de saison.

«Mes performances n’étaient pas au niveau où je les voulais, ni où l’équipe les voulait. On n’avait pas de succès en tant qu’équipe non plus, ce n’est pas seulement de ma faute», a-t-il cependant rappelé, évoquant les deux victoires des Coyotes en 19 matchs depuis le début de la campagne.

«Dans ma carrière, soit depuis quatre saisons, j’ai déjà eu une séquence de 10 matchs avec un taux d’efficacité de ,950, une série de six victoires... Je suis capable de jouer dans la Ligue nationale. Je pensais avoir prouvé que je m’étais établi : jouer 100 matchs dans la LNH, pour un gardien, c’est énorme.»

Domingue termine, au bout de 2017-2018, un contrat de deux ans d’une valeur totale de 2,1 millions $. D’ici l’échéance, recevra-t-il cet argent des Coyotes ou d’une autre formation de la LNH? Cela reste à voir.

«Quand tu perds tes six premiers matchs, tu t’attends à ce qu’il se passe quelque chose, mais je ne pensais pas que ça arriverait là, en pensant que j’avais eu un lent départ l’année passée. Ça fait quatre ans que je me bats carrément pour l’organisation, je pensais qu’ils allaient se rendre compte que j’avais du meilleur hockey à jouer pour eux.»

Un aréna à moitié vide

Voilà qui fait le tour de la situation personnelle déplorable de Domingue, mais le cas collectif des Coyotes en général est d’autant plus inquiétant. Hormis sa misérable fiche, le club du désert américain n’enregistre pas non plus de belles statistiques aux guichets. Sa moyenne de 13 761 spectateurs par rencontre disputée au Gila River Arena en fait la quatrième pire équipe du circuit à ce chapitre.

«C’est trippant de jouer en Arizona, il y a un marché là-bas, mais tu ne peux pas blâmer les fans de ne pas se présenter aux matchs. On ne gagne pas. Ça sert à quoi de venir nous voir jouer?» a demandé Domingue, refusant toutefois d’affirmer que les Coyotes vivent un problème systémique à l’interne.