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Beterbiev champion du monde

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Grâce à une performance sans faille, Artur Beterbiev a été sacré champion du monde IBF des mi-lourds, samedi soir, à Fresno, en Californie.

Toutefois, le Montréalais d’origine tchétchène (12-0, 12 K.-O) n’a pas obtenu la victoire facile que tout le monde prévoyait au cours des dernières semaines. Il a trimé dur avant de l’emporter par knock-out au 12e round face à l'Allemand Enrico Koelling, dans un combat présenté par le promoteur américain Top Rank au Save Mart Center.

Beterbiev est ainsi devenu le deuxième champion québécois chez les mi-lourds. Comme on le sait, Adonis Stevenson détient la ceinture WBC de cette catégorie. De plus, le cogneur est le troisième pugiliste dirigé par Marc Ramsay à obtenir un titre mondial après Jean Pascal et David Lemieux.

1000 coups!

Pour mettre la main sur son premier titre chez les professionnels, Beterbiev a utilisé la même recette qui lui a toujours procuré du succès dans le passé. Il a dominé tous les rounds grâce à un jab incisif et quelques coups de puissance.

Cependant, malgré cette clinique de boxe en règle, le spectacle a été terne et sans saveur. Les deux boxeurs ont d’ailleurs eu droit à des huées de la part de la foule pendant plusieurs rounds.

Il faut dire que Koelling a été en mode survie à compter de la première cloche avant de visiter le tapis à deux reprises lors de l’ultime assaut. L’Allemand a presque tout encaissé grâce à un menton d’acier, une défensive potable et une grosse dose de courage. Par contre, il a oublié que la boxe se gagnait avec des attaques soutenues.

Pas mal pour un gars qui a empoché une somme dérisoire (80 000 $ US) pour son combat le plus important en carrière.

Pour donner une idée de la domination de Beterbiev, il a mitraillé Koelling de 1111 coups, soit plus de 90 par round. Il a atteint la cible à 322 reprises pour un taux d’efficacité de 29 %. Un rythme effarant pour un boxeur de 175 lb.

Pendant ce temps, Koelling a n’a dirigé que 252 coups, dont 54 ont atteint Beterbiev. Toutefois, il n’a jamais ébranlé le Québécois.

Michel : une position particulière

On a assisté à une scène particulière alors que c’est Yvon Michel, qui est au coeur d’un conflit juridique avec Beterbiev, qui avait la tâche d’analyser le combat sur les ondes de RDS.

Malgré ses démêlés avec le nouveau champion, le promoteur québécois a été professionnel dans ses commentaires comme toujours. Il a évité de parler de sa situation avec Beterbiev, mais on peut parier qu’il aurait préféré être sur le ring en Californie plutôt qu’en studio à Montréal.

Plus tôt dans la soirée, Vislan Dalkhaev s’est incliné par décision unanime contre Fernando Fuentes. S’il voulait impressionner les dirigeants de Top Rank, on peut dire que c’est raté.