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Boxe

Jean Pascal veut éviter les regrets

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Lorsqu’il parle de son combat du 8 décembre contre Ahmed Elbiali, Jean Pascal est réaliste. Une défaite pourrait très bien mettre fin à sa carrière de 12 ans chez les professionnels.

Et même s’il venait à bout de son jeune adversaire, l’ancien champion du monde WBC des mi-lourds pourrait accrocher ses gants pour de bon.

«L’important pour moi, c’est de terminer ma carrière sur une note positive, a affirmé Pascal lors d’une entrevue avec "Le Journal de Montréal". Si je gagne le 8 décembre, ça va peut-être me pousser davantage vers la retraite.»

«Ça fait 22 ans que je boxe et je crois qu’il faut ouvrir un nouveau chapitre de ma vie.»

Pour un boxeur qui tente de prolonger sa carrière, le risque est important. Il doit éviter ce qu’on appelle dans le jargon le combat de trop.

«Cet aspect ne m’inquiète pas, a admis Pascal. Je n’ai pas 52 ans comme Bernard Hopkins lorsqu’il a subi sa défaite contre Joe Smith fils. J’en ai seulement 35.»

«Ce qui m’inspire, c’est le combat de Georges St-Pierre qui est redevenu champion à 36 ans après quatre ans d’absence.»

Elbiali : un autre défi

À l’instar de «GSP», il y a plusieurs amateurs qui pensent que Pascal (31-5-1, 18 K.-O.) s’en va à l’abattoir contre Elbiali, considéré comme une étoile montante chez les mi-lourds.

«Ça m’importe peu. L’important, c’est que je croie en moi. Le jour où ce ne sera plus le cas, ce sera possiblement le jour où la cloche de ma retraite va sonner.»

Depuis juin dernier, Pascal avait reçu quelques propositions, mais rien de bien sérieux. Toutefois, lorsqu’on lui a offert de faire une finale à Miami contre Elbiali (16-0-0, 13 K.-O.), il n’a pas pu refuser.

«C’est un jeune loup qui frappe fort des deux mains et je voulais relever ce type de défi, a expliqué Pascal. C’est un boxeur qui est à ma portée et personne n’est imbattable. D’un autre côté, je sais qu’il sera prêt, car je suis sa clé du succès pour la suite de sa carrière.

«Il sait qu’il obtiendra une notoriété internationale automatique s’il me bat.»

Si son combat du 8 décembre sonne le glas de son parcours, Pascal le fera loin du Québec. Une situation qu’on a de la difficulté à s’imaginer.

«Le scénario idéal aurait été de le faire au Québec. C’est la vie. À Miami, avec la présence de plusieurs Québécois, il est possible que je me sente comme chez nous.»

Mauvaise soirée contre Alvarez

Après son combat contre Eleider Alvarez, Pascal n’avait pas rencontré les médias, car il jugeait avoir fait grandement sa part sur ce plan pendant sa carrière. Cette situation avait soulevé des interrogations au sujet de la suite de son parcours.

Par contre, il n’a jamais été question pour le pugiliste québécois de prendre sa retraite pendant la saison estivale.

«Ma santé va bien et la boxe ne m’a pas affecté physiquement ou psychologiquement, a-t-il indiqué. Lors de mon duel contre Alvarez, ce n’est pas lui qui m’a battu. C’est moi qui l’ai laissé gagner.»

«Il est loin d’être meilleur que moi. Par contre, c’est difficile de gagner un combat avec seulement 20 coups par round. Je n’ai pas été assez actif, comme ce fut le cas lors de mes derniers combats.»

Pour son prochain duel, il veut retrouver les racines qui lui ont permis de connaître du succès dans le passé.

«Je dois revenir à mes anciennes amours. Je suis un boxeur offensif et non défensif. J’ai commencé mes derniers combats en étant défensif et ce n’était pas la bonne approche.»

«Je souhaite revenir à la version 2008 ou 2009 de Jean Pascal, celui qui lançait 60 coups par round, dont 40 avec puissance. D’ailleurs, j’ai commencé ma préparation mentale dans cette direction en visionnant mes combats contre [Carl] Froch et [Chad] Dawson.»

Jean Pascal sera-t-il en mesure de livrer une dernière performance à la hauteur de son talent? La réponse lui appartient.