Crédit : Sébastien St-Jean / Agence QMI

Boxe

Artur Beterbiev : prémonition

Artur Beterbiev : prémonition

Bernard Barré

Publié 09 novembre
Mis à jour 09 novembre

Assis en compagnie de l’entraineur Marc Ramsay, dans les gradins du Pavillon du Campus de l’Université de l’Illinois, où se déroulaient les championnats du monde de boxe amateur en 2007, ce dernier m’avait étonné en disant que ce serait une maudite bonne affaire de repartir à la maison avec le représentant russe Artur Beterbiev.

«Combien d’argent t’as dans tes poches?», lui avais-je demandé à la blague. Habituellement, les Russes tout comme les Cubains ne faisaient pas partie de nos plans pour des considérations politiques et administratives. On les regardait avec envie, mais sans espoir. J’avais dit à Marc que notre accent devait se porter plutôt sur un jeune Colombien prometteur, Eleider Alvarez qui avait performé aux Jeux panaméricains, l’année précédente, remportant la médaille d’or.

Dix ans plus tard, Marc se retrouve avec ces deux aspirants obligatoires à une ceinture de championnat de boxe professionnelle. Incroyable, mais vrai. Des circonstances abracadabrantes ont amené ces deux superbes athlètes à travailler avec lui et à se hisser dans les plus hauts sommets. Personne n’aurait pu prédire un tel scénario.

Je parle régulièrement de la grande compétence de nos entraineurs québécois. L’attraction qu’ils représentent pour les boxeurs étrangers. De l’extérieur, les gens n’ont aucune idée du travail de titan et de haut niveau qu’ils accomplissent auprès de leurs athlètes. Les critiques sont parfois dures à leur endroit par des personnes qui jugent sans savoir. Les meilleurs viennent toujours d’ailleurs selon eux. Ayoye...

À l’approche de la première ceinture de champion du monde qu’Artur (11-0-0, 11 K.-O.) devrait normalement mettre à sa taille contre l’Allemand Enrico Koelling (23-1-0, 6 K.-O.), samedi prochain en Californie, il me fait grand plaisir de lever mon chapeau à Marc Ramsay, un des meilleurs entraineurs au monde, qui n’a jamais eu peur de s’entourer des meilleurs. Je donnerai comme exemple, le passage de l’entraineur Cubain Pedro Diaz, venu s’installer quelques années au Québec. Ramsay savait qu’en le collant à lui, son expertise lui servirait éventuellement, et les preuves sont là.

Bravo à toi Marc et à toute ton équipe. Ta vision est devenue réalité et tous les amateurs de boxe du Québec en sont bien contents. Dix ans plus tard... quel coup de théâtre! Tellement fier de ta réussite!