F1

Dans la cour des grands

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Une neuvième place et deux petits points au tableau auront suffi à Lewis Hamilton dimanche pour être couronné champion du monde pour la quatrième fois de sa carrière.

Le pilote britannique devient seulement le cinquième pilote de l’histoire à remporter au moins quatre titres en F1, à l’issue d’un Grand Prix du Mexique où tout s’est joué dès le premier tour.

Le Québécois Lance Stroll, lui, s’est classé au sixième rang à bord de sa Williams.

«C’est irréel, ce que je vis actuellement, s’est exclamé Hamilton à sa sortie de voiture. Ce n’était pas la course espérée, mais je n’ai jamais baissé les bras. À vrai dire, j’ai tout donné.»

Premier tour chaotique

Si Sebastian Vettel avait alimenté ses minces chances de renverser la vapeur en s’octroyant la position de tête la veille en qualifications, cette 18e étape de la saison a pris une tournure inattendue lorsque les deux grands rivaux ont été forcés à un arrêt prématuré au puits de ravitaillement en début de parcours.

Malgré un départ réussi, le pilote de l’écurie Ferrari s’est fait surprendre par le vainqueur de l’épreuve, Max Verstappen, au premier virage, et les deux monoplaces se sont touchées.

Le pauvre Vettel n’était pas au bout de ses peines. En voulant conserver sa seconde place à la courbe suivante, il a percuté l’arrière de la Mercedes de Hamilton. Tous deux ont été forcés de rentrer. L’un pour remplacer un aileron avant amoché, l’autre pour changer un pneu crevé.

Le trouble-fête

Dès lors, tout suspense était écarté, du moins pour la course au titre.

Verstappen, auteur d’une deuxième victoire à ses quatre derniers départs, a fait une autre démonstration de son immense talent à bord de sa Red Bull et a certes prouvé qu’il a l’étoffe d’un futur champion.

On retiendra de sa prestation impeccable qu’il n’a pas hésité à jouer les trouble-fête lors de ce premier tour particulièrement animé.

Valtteri Bottas (Mercedes) et Kimi Räikkönen (Ferrari) ont accompagné le jeune prodige néerlandais sur le podium.

Malgré une belle remontée, Vettel a dû se contenter du quatrième rang devant Esteban Ocon, encore brillant au volant de sa Force India.

L’égal de Vettel et de Prost

«Je ne sais vraiment pas ce qui s’est passé au premier tour, a poursuivi Hamilton. Je lui ai laissé beaucoup de place [à Vettel], mais nous nous sommes accrochés. Ce n’était pas le scénario idéal. Moi, je voulais gagner cette course.»

Bon perdant, Vettel est venu féliciter le champion en lui faisant l’accolade.

«C’est sa journée, a dit l’Allemand, et il mérite le titre. Le résultat est décevant pour nous, certes, mais on aura l’occasion de se reprendre l’an prochain.»

Vettel n’avait pas droit à l’erreur avant le Grand Prix du Mexique. En concédant 66 points au tableau, il devait remporter les trois dernières courses de la saison, tout en espérant que des malheurs affligeraient son grand rival qui n’avait besoin que d’une cinquième place pour s’offrir une autre couronne. C’était mission impossible.

Avec son quatrième championnat, Hamilton, âgé de 32 ans, rejoint Vettel et Alain Prost. Seuls Michael Schumacher (7) et Juan Manuel Fangio (5) ont fait mieux.

Au Brésil

Il ne reste que deux épreuves au calendrier avant de boucler la saison.

Le grand cirque de la F1 fera sa halte annuelle au circuit d’Interlagos, au Brésil, dans moins de deux semaines, là où Hamilton avait été sacré champion du monde pour la première fois en 2008.

«Ma soif de victoires est intacte, a-t-il conclu. Je m’y présenterai pour gagner.»