Impact

Pourquoi l’Impact a chuté...

Pourquoi l’Impact a chuté...

Vincent Destouches

Publié 02 octobre
Mis à jour 02 octobre

Le dernier droit a livré son verdict. Malgré un fond de jeu insatisfaisant, l’Impact a eu plusieurs fois l’opportunité d’accrocher le wagon des séries, s’en montrant toutefois incapable. L’équipe s’est sabordée dans plusieurs domaines clés, précipitant sa chute. Explications en chiffres.

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Ambroise Oyongo, Laurent Ciman, Victor Cabrera et Hassoun Camara. À l’orée de la saison, ces joueurs formaient le quatuor défensif sur lequel l’Impact avait décidé de s’appuyer. Le même quatuor qui avait permis à l’Impact de se frayer un chemin jusqu’en finale de l’association Est. Et, même si cette défense avait pris l’eau à Toronto, notamment dans le domaine aérien, la direction montréalaise avait décidé de lui renouveler sa confiance. « C’est sûr, des personnes vont s’étonner que l’on garde les mêmes défenseurs, avait expliqué le directeur technique Adam Braz en début d’année. Mais il y a une chose qui est primordiale lorsque l’on parle d’un quatuor défensif : la stabilité. »

Problème : de stabilité, il n’y a pas eu. Au cours de ses 31 matchs cette saison, l’Impact a utilisé 19 combinaisons différentes en défense. Aligné à cinq reprises, le quatuor Oyongo-Ciman-Fisher-Duvall est celui qui aura eu la plus longue durée de vie. Certes, Mauro Biello a dû composer avec les blessures, voire les rotations imposées. Mais cela n’explique pas tout. Enfin... cela explique en partie le manque de cohésion défensive qui a sans arrêt coûté des points au Bleu-Blanc-Noir, y compris samedi dernier à Denver.

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Alors qu’il lui reste encore deux matchs à disputer, l’Impact a d’ores et déjà encaissé plus de buts cette saison (54) qu’en 2016 (53). Le triste record de la campagne 2014, où la troupe de Frank Klopas avait cédé à 58 reprises, n’est plus si loin... Difficile de prétendre à quoi que ce soit avec une défense si poreuse.

Dommage, car, dans le même temps, l’Impact est en passe de connaître sa saison la plus faste dans le secteur offensif, puisqu’il a déjà égalé son record datant de 2013, saison au cours de laquelle le club avait inscrit 50 buts. À l’échelle de la ligue, Montréal est tout bonnement la septième meilleure attaque !

Avoir une telle puissance offensive n’est pas donné à tout le monde. L’histoire de la saison 2017 est donc avant tout l’histoire d’une équipe qui défend mal.

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Nous venons de le voir, l’Impact n’a pas à rougir de ses chiffres offensifs – même si, dans la construction, il y a place à l’amélioration. À y regarder de plus près, il y a tout de même une colonne où les résultats ne sont pas probants, et c’est peu de le dire.

En 2017, Montréal n’a marqué que trois buts sur coups de pied arrêtés. Seuls les Rapids du Colorado ont fait pire, avec deux petits buts. De l’autre côté du spectre, le Dynamo de Houston en a inscrit 15, alors que les Whitecaps de Vancouver en comptent 14.

Ainsi, là où le Bleu-Blanc-Noir a marqué seulement 6% de ses buts sur phase arrêtée, Houston et Vancouver ont fait grimper leur ratio jusqu’à 29%. Imaginez un peu si une armada offensive comme l’Impact pouvait en plus compter sur les coups francs et les corners pour ajouter une dizaine de buts de plus par saison... Peut-être qu’à l’heure actuelle, le club serait en séries.

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Sept défaites en huit matchs. C’est la terrible série en cours des Montréalais. Dans le dernier droit, là où ça compte le plus, l’Impact a complètement craqué.

Pourtant, malgré sa séquence catastrophique, Montréal reste septième, à quatre points des séries. Vu l’état de forme des Red Bulls de New York, qui n’ont plus gagné un match depuis le 12 août dernier, il était quasiment plus difficile de rater les séries que de se qualifier. Et pourtant...

Il n’aurait pas fallu se forcer beaucoup pour participer une troisième fois en autant de saisons à la grande fête automnale du circuit Garber. Des victoires lors des trois derniers matchs à domicile – contre Chicago, Minnesota et New York City – et le champagne serait actuellement au frais.

À tout le moins, des succès contre Minnesota et Colorado, deux des trois pires équipes de la ligue, et l’Impact serait actuellement en ballottage favorable.

Mais non. À la place, le Bleu-Blanc-Noir a réalisé la deuxième pire série de résultats de son histoire MLS – après les sept défaites consécutives de l’été 2014.

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Sept, c’est également le nombre de matchs à domicile perdus par les Montréalais cette saison. Là encore, c’est un record de médiocrité battu, puisque la précédente marque datait de 2014, avec six revers en terres québécoises.

Au moment de faire les compte, à l’issue de la saison régulière, il ne faudra pas aller chercher plus loin pour savoir où l’Impact a perdu les précieux points qui l’auraient emmené en séries...

Un seul club a fait pire à domicile, cette saison : le Galaxy de Los Angeles, qui a mené une opération portes ouvertes permanente, comme en attestent leurs neuf défaites en 16 matchs au StubHub Center.