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LNH

Québec n’a plus rien à prouver à la Ligue nationale

Publié | Mis à jour

Québec n’a plus de preuve à faire auprès de la LNH, qui est convaincue de la passion et de la viabilité du marché de la capitale, croit le nouveau patron de l’amphithéâtre, Martin Tremblay.

«On n’a plus à penser, comme par le passé, que le marché de Québec a besoin de passer de test. Tous les tests, on les a passés. La passion du hockey est là.»

Fraîchement arrivé en poste, le nouveau chef de l’exploitation du Groupe Sports et divertissement de Québecor, Martin Tremblay, est revenu en entrevue au «Journal de Québec» sur le match présaison Canadien-Bruins, qui n’a pas fait salle comble cette semaine au Centre Vidéotron.

Répondant aux observateurs qui estiment que cela envoie un mauvais message à la Ligue nationale de hockey (LNH), il a soutenu que cela est une mauvaise analyse.

«On ne peut pas le considérer comme un test. On n’a échoué à rien. Parce que la passion du hockey est déjà démontrée.»

La Ligue de Gary Bettman connaît et respecte le «propriétaire potentiel Québecor», assure Martin Tremblay. «Ils sont convaincus de la passion du marché pour le hockey. Ils savent que c’est une économie qui est en pleine expansion. La grande région de Québec, aujourd’hui, n’est pas celle de 1995», ajoute-t-il, soulignant au passage l’apport du secteur des assurances, des biotechnologies et du jeu vidéo, ainsi que le bas taux de chômage.

Volonté réelle

Martin Tremblay dit entendre les doutes exprimés sur la place publique sur la volonté réelle de Québecor de ramener une équipe professionnelle de hockey dans la capitale.

«On les veut, les Nordiques, répond-il. Et on n’a jamais cessé d’y travailler et d’y croire. Notre plan d’affaires va faire en sorte qu’on va faire de l’argent avec les Nordiques dans le Centre Vidéotron.»

Et avec une capitalisation boursière de 5 milliards $ et 1 milliard $ de liquidités, l’entreprise a aussi la capacité financière d’atteindre cet objectif, jure-t-il. La valeur du dollar canadien qui augmente est aussi un aspect positif.

«Soyez patients»

«On sait que le silence, c’est plate. On dit: soyez patients. Mais on sait que la patience, c’est super plate. Et ceux qui connaissent Québecor savent que ce n’est pas une culture d’entreprise d’être patient et d’être silencieux. On est reconnus pour être des fonceurs, pour être efficaces, pour bouger vite. Mais dans le cas de la Ligue nationale, l’attitude qui va payer, c’est de ne pas faire de commentaires», a soutenu Martin Tremblay, reprenant le discours de ses prédécesseurs et l’exemple de Winnipeg, qui a suivi ces règles et qui a retrouvé ses Jets.

Martin Tremblay

• Travaille depuis sept ans au sein de Québecor

• Originaire du Saguenay

• Était auparavant vice - président, Affaires publiques

• Est nommé chef de l’exploitation du Groupe Sports et divertissement le 11 août

Finances

«Difficile» de rentabiliser sans les Nordiques

«Les seuls qui perdent de l’argent dans l’amphithéâtre, c’est Québecor», martèle Martin Tremblay. Si bien que l’entreprise travaille activement à ramener les Nordiques, qui lui permettront plus aisément de rentabiliser le Centre Vidéotron, qui accumule les déficits depuis son ouverture. «Est-ce que ce serait un succès avec les Nordiques ? À coup sûr. Est-ce que c’est impossible de le rentabiliser sans équipe ? Ce n’est pas ce que je dis. Je dis que c’est bien plus difficile.» Sans les Nordiques, «ça peut prendre quelques années», admet-il, comme l’avait mentionné l’an dernier Pierre Dion. Le maire de Québec, Régis Labeaume, pourrait donc patienter encore avant de voir le Centre Vidéotron faire ses frais. Ce dernier a lancé un message sans équivoque récemment. «Moi, je vous dirais que je commence à être impatient. J’ai hâte que Québecor se mette à faire de l’argent avec l’amphithéâtre», avait-il lâché en mars.

Promotion

Élargir le public

Québecor veut aller chercher son public encore plus loin. Si le premier geste de Martin Tremblay à son arrivée à la tête du Groupe Sports et divertissement a été de réorganiser la haute direction, par souci d’efficacité et d’économie, dit-il, l’entreprise compte aussi réinvestir. «Ça prend plus de shows, plus de monde, et une bonne réputation dans l’industrie. Il y a plein d’acquis là-dedans, mais on n’est pas encore à rentabiliser», affirme-t-il. On mettra notamment plus d’efforts dans la promotion auprès des amateurs de spectacles des régions limitrophes, comme la Beauce, le Saguenay, la Mauricie et le Centre-du-Québec, mais aussi plus loin encore, comme dans les Maritimes et dans l’État du Maine. On sera aussi plus présent dans les conventions aux États-Unis et auprès des gestionnaires de tournée, afin de se faire connaître davantage.

Ventes

«On a besoin de la population»

On a tendance à mettre l’accent sur les spectacles annulés ou les ratés du début dans les concessions alimentaires, mais on oublie les succès du Centre Vidéotron, estime Martin Tremblay. «Dans l’industrie, les critiques du Centre Vidéotron sont géniales. Tout est facile et c’est apprécié.» Québecor promet de se rapprocher davantage de son public, de tenter de bien comprendre ses goûts. «On peut être fier de ce qu’on a. Nous autres, on a un rôle à jouer dans le Centre Vidéotron. On essaie de faire la meilleure gestion possible, que les gens aient la meilleure expérience et la meilleure programmation possible. Mais ce n’est pas nous qui allons acheter les billets. Il faut faire équipe avec la population.» Les succès ne sont pas mesurables uniquement par une salle comble non plus, avise-t-il. «Il y a des 5000 [billets vendus] qui sont de grands succès.»