Andre Ward v Edwin Rodriguez

Crédit : Getty Images/AFP

Boxe

Un grand champion nous dit bye-bye

Un grand champion nous dit bye-bye

Bernard Barré

Publié 21 septembre
Mis à jour 21 septembre

L’un des trois meilleurs boxeurs livre pour livre au monde, Andre Ward (32-0-0,16 K.-O.), vient d’annoncer sa retraite à 33 ans.

Faible motivation et usure de son corps lui envoyant des messages; Ward n’a plus le goût de souffrir pour la gloire et l’argent puisqu’il en a amplement pour le restant de ses jours.

J’avais eu l’occasion d’analyser les combats de Ward aux Jeux olympiques d’été 2004. Si sa première victoire contre la pieuvre italienne Clemente Russo n’avait pas été une surprise, sa deuxième contre le grand favori et double champion du monde chez les lourds et les mi-lourds, le Russe Evgeny Makarenko, avait causé toute une commotion pour les connaisseurs et provoqué des remous près du ring.

Personne ne lui donnait une chance face à cette tour infernale, compte tenu d’une expérience internationale très limitée et de son petit gabarit. Inconnu des gros canons, il avait réussi à embouteiller le favori. Victoire serrée par la suite contre une autre grosse pointure, Utkirbek Haydarov de l’Ouzbékistan et une plus facile en finale contre le boxeur Magomed Aripgadjiev, du Bélarus.

Une étoile était née et, depuis, aucun Américain n’a gagné une médaille d’or olympique.

Son parcours professionnel sans tache fait de lui un des seuls champions à se retirer invaincu. Sa victoire lors du grand tournoi du Super Six en 2011 a prouvé hors de tout doute son grand talent. Le Danois Mikkel Kessler et le Britannique Carl Froch peuvent en témoigner. Ses performances lui ont valu le titre de boxeur de l’année de tous les organismes crédibles.

«Son of God» de son surnom n’a pas connu beaucoup de frayeurs durant sa carrière, exception faite de ses deux chutes au tapis (contre Boone et Kovalev lors de son difficile premier combat). La revanche contre ce dernier au mois de juin a confirmé sa capacité de s’adapter et de trouver les failles dans la muraille de l’adversaire. Il a cassé Kovalev en deux, nous laissant sur l’image d’un grand champion.

Sa retraite vient de libérer trois ceintures, celle du WBC appartenant à notre québécois Adonis Stevenson. Ça va grouiller mes amis dans les officines de la boxe. Des ceintures au vent dans cette division, ça excite beaucoup de monde, les amateurs en premiers.